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Archive pour mai, 2015

X-Files, aux frontières du réel (The X-Files) – saison 1 – créée par Chris Carter – 1993/1994

Posté : 25 mai, 2015 @ 5:02 dans 1990-1999, BOWMAN Rob, CARTER Chris, FANTASTIQUE/SF, FREEDMAN Jerrold, GERBER Fred, GOODWIN R.W., GRAHAM William, KATLEMAN Michael, LANGE Michael, LONGSTREET Harry, MANDEL Robert, NAPOLITANO Joe, NUTTER David, SACKHEIM Daniel, SHAW Larry, TÉLÉVISION, X-Files | Pas de commentaires »

X Files saison 1

Elle a bien pris un petit coup de vieux, cette première saison. Mais quand, adolescent, on est resté rivé chaque semaine devant M6 pour découvrir l’univers fascinant et révolutionnaire d’Aux frontières du réel (quelqu’un se souvient que X-Files avait un titre français ?), on ne peut que garder un rapport affectif indéfectible avec ce show qui a dirigé les séries télé vers leur âge d’or.

Il y a bien eu quelques précurseurs avant X-Files, notamment le Twin Peaks de David Lynch (David Duchovny y tenait déjà un petit rôle). Mais c’est bien Chris Carter qui a définitivement prouvé qu’une série au long cours pouvait avoir, esthétiquement, autant d’ambition qu’un film de cinéma. Dès sa première saison, X-Files ringardisait pour de bon la plupart des séries des années 80 (il y a des exceptions, oui), et donnait des idées aux créateurs et aux diffuseurs.

Depuis, de Urgences à Games of Throne, des Soprano à House of Cards (pour ne parler que des productions américaines), la série télé a atteint un âge d’or, confirmant bel et bien que le petit écran pouvait être aussi ambitieux que le grand. Au point même de renverser le rapport de force entre les deux, et de renvoyer ces débuts de X-Files au rang de patriarche surpassé par sa descendance.

C’est surtout visuellement que cette saison 1 a vieilli. On a tellement vu mieux depuis qu’on est frappé, dans les premiers épisodes surtout, par la froideur des images et le rythme parfois un peu lent. Par les dialogues impossibles de Scully aussi, qui faisaient déjà sourire à l’époque, mais n’enlevaient rien à la parfaite alchimie entre les deux personnages principaux.

Et de ce côté-là, la série tient remarquablement la distance. Dès leur première rencontre, Mulder le « croyant » cool et franc-tireur, et Scully la sceptique cartésienne et rigoriste, sont parfaitement identifiés, et s’imposent comme l’un des meilleurs duos jamais vus dans une série télé.

Chris Carter, créateur inspiré, n’a pourtant pas inventé grand-chose : X-Files se base en grande partie sur des éléments déjà existant. Fox Mulder, enquêteur du paranormal, est ouvertement inspiré d’une série oubliée, Kolchak – Dossiers brûlants (dont l’acteur principal, Darren McGavin, fera une apparition clin d’œil dans la saison 5 de X-Files). Dana Scully (et le FBI) a beaucoup de points communs, jusque dans l’apparence physique, avec la Clarice Starling du Silence des Agneaux. Gorge Profonde et la paranoïa ambiante semblent quant à eux tout droit sortis du JFK d’Oliver Stone…

Mais tous ces éléments font naître une atmosphère unique et formidablement addictive. Et ce dès cette première saison qui ne fait pourtant que poser des bases qui seront creusées et enrichies dans les saisons suivantes : la disparition de la sœur de Mulder, l’existence d’un gouvernement de l’ombre, et ce « complot » qui n’est que vaguement évoqué. Le mythique « Homme à la cigarette » ne fait ainsi que de brèves apparitions, mais sa seule présence (même muette comme dans le premier épisode) sous-entend déjà tout ce qui fera la richesse de la série.

La présence extraterrestre est au cœur de quelques épisodes particulièrement réussis. Mais pour l’essentiel, cette première saison est constituée de « loners » qui explorent, comme ce sera le cas dans les huit autres saisons, les nombreux thèmes du fantastique : le loup-garou (Métamorphoses, épisode 19), l’immortalité (Vengeance d’outre-tombe, épisode 16), la télékinésie (L’Incendiaire, épisode 12) ou la possession (Roland, épisode 23).

Et puis il y a les freaks, eux aussi incontournables de la série, et qui donnent quelques-uns des meilleures épisodes : le troublant Tooms de Compressions (épisode 3), tellement convaincant qu’il reviendra pour un second épisode à la fin de la saison (Le Retour de Tooms, épisode 21) ; ou encore Le Diable du New Jersey, dans un épisode à l’atmosphère particulièrement envoûtante (épisode 5).

C’est ce sens de l’atmosphère qui fait de cette saison, déjà, un modèle du genre. Les quelques rares épisodes vraiment faiblards (Un fantôme dans l’ordinateur, épisode 7 ; Espace, épisode 9) sont justement ceux qui échouent dans ce domaine. Au contraire des deux chefs d’œuvre de cette première saison : Projet Arctique (épisode 8), bel hommage à The Thing de Carpenter, et Quand vient la nuit (épisode 20), fascinante et inquiétante virée dans les grandes forêts, omniprésentes dans la série.

* Voir aussi la saison 2, la saison 3, la saison 4, la saison 5, le premier film, la saison 6, la saison 7, la saison 8, la saison 9, le second film, la saison 10 et la saison 11.

Surrender (id.) – de Allan Dwan – 1950

Posté : 25 mai, 2015 @ 4:02 dans 1950-1959, DWAN Allan, WESTERNS | Pas de commentaires »

Surrender

Le film s’ouvre sur une séquence visuellement magnifique : une poursuite nocturne dans une sorte d’entrepôt, aux jeux d’ombre impressionnants. En quelques secondes seulement, Dwan plante son décor : un dangereux jeu de dupe où le danger et la suspicion sont de rigueur.

La suite est plus conventionnelle. Esthétiquement, en tout cas, parce que Dwan, cinéaste inégal mais génialement gourmand et généreux, s’autorise tout. Jusqu’à transformer son acteur vedette John Carroll en chanteur de charme déclamant des vers romantiques avec une voix de baryton totalement inattendue, alors que le ton du film est ouvertement sombre.

C’est tout ce qui fait le charme de cette production aux moyens limités : afficher une belle liberté, ouvrir le champs à toutes les dérives possibles. Dwan est réputé pour son amour des tournages, qu’il a enchaîné inlassablement durant cinquante ans. Son plaisir est communicatif, cette fois encore, même s’il a dû diriger des comédiens dont il ne voulait pas : Vera Ralston (imposée par le producteur qui voulait en faire une grande star), et John Carroll (à qui le producteur devait de l’argent, et qui se remboursait en s’imposant en tête d’affiche).

Un peu agaçante avec son regard de biche endormie, Vera Ralston est finalement plutôt convaincante dans le rôle de cette femme qui sait se faire aimer pour arriver où elle veut : au plus haut, quitte à laisser des cadavres autour d’elle. Quant à John Carroll, avec ses faux airs d’Orson Welles au rabais, il est irréprochable, même s’il manque un peu de charisme.

Mais le film tient remarquablement sa route sinueuse, oscillant constamment entre le film noir et le western, entre légèreté et noirceur. Jusqu’à un final qui évoque à la fois celui de Duel au soleil et celui de Pour toi j’ai tué. Un western et un film noir, donc.

Psychose 2 (Psycho II) – de Richard Franklin – 1983

Posté : 25 mai, 2015 @ 3:55 dans * Thrillers US (1980-…), 1980-1989, FRANKLIN Richard, MILES Vera | Pas de commentaires »

Psychose 2

Ouais, je vois déjà les fines bouches : on ne touche pas à un monument du 7ème Art, Anthony Perkins devrait avoir honte d’avoir cédé aux sirènes d’un cachet facile, lui qui n’a jamais réussi à se débarrasser de ce Norman Bates qui a fait de lui une figure du cinéma vingt-deux ans plus tôt. Et c’est vrai qu’on peut dire que ce qu’il y a de mieux dans ce Psychose 2, ce sont les premières minutes : la fameuse scène de la douche tirée du film d’Hitchcock

Mais ce serait nier au film de Richard Franklin ses nombreuses qualités. L’intelligence du scénario pour commencer : malgré quelques effets faciles et une surenchère de violence contre-productive dans la dernière partie, la complexité du personnage de Bates est brillamment mise à profit.

Le film commence donc alors que Bates est jugé « guéri », et libéré de l’hôpital-prison où il était enfermé depuis les meurtres de 1960. Un homme hanté par son passé, mais décidé à se débarrasser pour de bon de ses fantômes. Pourquoi revient-il alors dans cette maison si lourde de souvenirs ? Parce qu’il n’a que là où aller, et surtout parce qu’aucun producteur n’aurait envisagé une suite sans l’image écrasante de cette maison !

La première partie est un peu maladroite, et assez platement réalisée. Mais Franklin excelle à illustrer le trouble grandissant de Norman Bates, ses propres doutes sur sa santé mentale, qui donnent lieu à de brillantes séquences, avec plans désaxés, ombres inquiétantes et alternances de plans larges et de gros plans particulièrement saisissants.

Anthony Perkins est littéralement habité par son personnage, qui fascine aussi bien le scénariste que le réalisateur. Les autres personnages, hélas, n’ont pas cette chance. A commencer par la pauvre Vera Miles, qui retrouve son personnage de Lila Crane, bien décidée à faire de nouveau enfermer celui qui a tué sa sœur Marion. Jamais crédible, son personnage vocifère sans profondeur, mais aurait pu être rattrapé par une séquence d’horrible mimétisme avec sa sœur, gâché par un effet gore assez ridicule.

Ce Psychose 2 est parfois maladroit. Parfois grand-guignolesque même, et inutilement sanglant. Mais les enjeux psychologiques sont plutôt bien tenus, et Franklin signe un film riche et intense, qui multiplie les hommages au classique d’Hitchcock sans se laisser étouffer par la comparaison. Ce n’est pas le moindre de ses mérites.

Un Tramway nommé Désir (A Streetcar named Desire) – de Elia Kazan – 1951

Posté : 25 mai, 2015 @ 3:50 dans 1950-1959, KAZAN Elia | Pas de commentaires »

Un Tramway nommé Désir

Le film étendard de la méthode Actor’s Studio : celui qui a inspiré des dizaines de réalisateurs et d’acteurs, et qui a fait de Marlon Brando une immense star. Il faut dire que ses apparitions dans Un tramway nommé Désir imposent d’emblée la bestialité et la puissance impressionnante de ce comédien excessif et génial.

Le « désir » qui conduit directement à la station cimetière, comme le dit trop explicitement une tirade au début du film, c’est lui, Brando. Sa présence animale, ses postures hyper sexuées, son corps constamment en sueur, sont autant d’anomalies dans l’univers mental de Blanche Dubois, cette femme abîmée qui se fantasme en jeune fille pure et bien comme il faut, mais dont le passé n’est qu’une série d’épreuves qui n’ont laissé que des ruines dans son esprit…

Le rôle de Blanche a valu à Vivien Leigh son deuxième Oscar. Elle en fait pourtant des tonnes, elle qui fut si sobre et bouleversante dans Waterloo Bridge. Mais l’excès de son jeu colle parfaitement au ton que Kazan donne à son film : rien n’est raisonnable dans cette Nouvelle Orléans de studio. Son but n’est pas de signer une oeuvre réaliste, mais d’illustrer le cheminement inexorable de Blanche vers la folie.

Esthétiquement, le film est ainsi une splendeur. Sans prendre la peine d’effacer la construction théâtrale du texte de Tennessee Williams (que Brando avait joué sur scène sous la direction de Kazan, déjà), le cinéaste stylise la misère, la violence, la crudité. Le superbe noir et blanc illustre merveilleusement le contraste entre la réalité et ce que Blanche en perçoit.

Comme l’amour raisonné de Karl Malden contraste avec l’abandon désespéré de Vivien Leigh, et la douceur apparente de Kim Hunter contraste avec la fureur de Brando. Entre ces deux-là, la passion est physique et sexuelle. Brutale et absolue. Et on n’est pas prêts d’oublier ce hurlement à peine humain de Brando : « Steeeeelllaaaaaa !!!! » Et l’étreinte incroyable qui suit.

Témoin génant (Not safe for work) – de Joe Johnston – 2014

Posté : 25 mai, 2015 @ 3:47 dans * Thrillers US (1980-…), 2010-2019, JOHNSTON Joe | Pas de commentaires »

Témoin génant

Rien, absolument rien à se mettre sous la dent dans ce thriller con et fauché, sorte de variation sur le mode suspense du premier Die Hard. On nous fait croire un temps à une charge contre la toute puissance de l’industrie pharmaceutiques, mais le film se limite à un jeu du chat et de la souris entre un petit employé sans envergure (Max Minghella, sans charisme non plus) et un tueur implacable et froid (JJ Feild, en costume donc dangereux).

Pourquoi pas d’ailleurs, d’autant plus que le huis clos de ces gigantesques bureaux tout en vitres et en open space représentent un décor assez original. Mais Joe Johnston, qu’on avait connu plus efficace avec Jurassic Park 3, signe ici le degré zéro de la mise en scène. Aucune ambition esthétique, aucun sens du rythme ou du suspense, Johnston semble avoir posé sa caméra où il y avait de la place, sans se soucier de ce qu’il se passait devant lui. On oublie…

* Blue ray chez Universal, sans supplément.

Shaun le Mouton, le film (Shaun the Sheep movie) – de Mark Burton et Richard Starzak (d’après la série créée par Nick Park) – 2014

Posté : 25 mai, 2015 @ 3:43 dans 2010-2019, BURTON Mark, DESSINS ANIMÉS, PARK Nick, STARZAK Richard | Pas de commentaires »

Shaun le mouton le film

Dans A close shave, le meilleur moyen métrage de Wallace et Gromit, un mouton faisait sa première apparition. Douze ans plus tard, le créateur du plus british des duos, Nick Park, faisait de ce mouton, baptisé Shaun, le héros d’une série télé de 120 épisodes utilisant la méthode phare du studio Aardman, l’animation image par image de personnages en pâte à modeler, et à l’humour aussi ravageur.

Pour son premier long métrage, Shaun le mouton (et ses amis) quittent leur ferme pour une virée dans la grande ville, à la recherche de leur maître devenu amnésique à la suite de l’une de ces improbables séries de rebondissements dont les créateurs de chez Aardman ont le secret.

Il y a des tas de trouvailles très drôles, un « cheval de Troie » foutraque et réjouissant, une évasion irrésistible, une scène de restaurant à pleurer de rire… Mais en passant du court au long, Shaun le mouton perd un peu de sa magie : le personnage principal, malin et réfléchi, n’a pas la douce et poétique folie de ses aînés, Wallace et Gromit, que l’on ne retrouve par bribes que dans quelques personnages secondaires.

Playitagain participe au Steadyzine

Posté : 21 mai, 2015 @ 4:11 dans 1970-1979, NEWS | 1 commentaire »

Steadyzine

J’ai eu le plaisir de collaborer au cinquième numéro de cet excellent webzine dont l’iconographie est assez impressionnante (je n’y suis pour rien). Le thème de cette nouvelle mouture : les années 70, versant cinéma de genre. Du polar, du gore, du culte, du classique, du bis… Bref, de saines lectures en perspective !

Suffit de cliquer ici.

La Femme qui faillit être lynchée (Woman thez almost lynched) – d’Allan Dwan – 1953

Posté : 21 mai, 2015 @ 4:04 dans 1950-1959, DWAN Allan, WESTERNS | Pas de commentaires »

La Femme qui faillit être lynchée

En plein dans sa période « westerns de femmes », Allan Dwan signe une nouvelle perle noire, totalement en marge dans la production westernienne de l’époque, alors foisonnante. Un an avant le célèbre Johnny Guitare de Nicholas Ray, ce sont les femmes qui tiennent la baraque (et les flingues) devant la caméra de Dwan.

Il n’est pas tout à fait le premier : l’année précédente déjà, Fritz Lang avait fait de Marlene Dietrich un personnage dominateur dans son Ange des maudits. Mais rarement les femmes auront tenu des rôles aussi moteurs que dans La Femme qui faillit être lynchée, où elles ne sont plus soumises au diktat des hommes. Jusqu’à assurer elles-mêmes le traditionnel duel aux revolvers dans une rue médusée.

Il y a une explication « historique » à cela : les hommes sont occupés à faire la guerre. L’histoire se déroule dans une ville située sur la frontière entre le Nord et le Sud, et dirigée d’une main de fer par une matrone bien décidée à faire respecter la neutralité des lieux. Les hommes que l’on croise sont ainsi des joueurs professionnels sans envergure, des espions… ou des hors-la-loi parmi lesquels un tout jeunôt Jesse James, et le fameux Quantrill, que Brian Donlevy interprète une nouvelle fois après Kansas en feu.

Mais le coeur du film, c’est bien l’affrontement entre deux jeunes femmes : la brune Joan Leslie et la blonde Audrey Totter. La première arrive de l’Est le coeur pur et plein d’espoir, mais ne tarde pas à se heurter à la cruauté de la vie à l’Ouest. La seconde a été la fiancée du frère de la première, avant d’être enlevée par Quantrill, qu’elle a finit par épouser, en même temps que cruauté.

L’histoire est hautement improbable, mais il y a dans ce petit western sans grand moyen une formidable générosité, qui pousse Dwan à nous gratifier de beaux morceaux de bravoure (une attaque de diligence, la mort du frère…), mais aussi à offrir d’inattendus intermèdes musicaux. Absolument réjouissant.

Horizons lointains (Far and away) – de Ron Howard – 1992

Posté : 21 mai, 2015 @ 3:57 dans 1990-1999, CRUISE Tom, HOWARD Ron, WESTERNS | Pas de commentaires »

Horizons lointains

OK, Ron Howard est un réalisateur qui manque singulièrement de personnalité. OK, son film échoue lamentablement à restituer l’ampleur lyrique des grandes fresques hollywoodiennes d’autrefois. Alors même que c’est son ambition première. Mais j’ai toujours eu pour ce film une tendresse que, après l’avoir revu, je ne m’explique pas encore tout à fait.

Peut-être cette tendresse repose-t-elle sur ce petit grain de folie que Howard inculque par moments à sa fresque par ailleurs beaucoup trop sage : ce coup de fourche aux fesses de Tom Cruise, ce soudain coup de poing donné à un cheval récalcitrant… Peut-être est-ce dû à la réussite du couple formé par Tom Cruise et Nicole Kidman, qu’on aurait bien vu interprété par Gary Cooper et Katherine Hepburn dans les années 30-40.

Ou peut-être est-ce simplement une forme de reconnaissance face à la générosité du récit, qui nous entraîne de l’Irlande de 1892 frappée par la misère (le vieux continent étant une terre de bouseux pour le très hollywoodien Ron Howard), à la « course aux terres » d’Oklahoma (les Etats-Unis étant bien sûr la terre de toutes les possibilités).

Et c’est vrai que, si la mise en scène manque constamment de ce souffle qui aurait fait toute la différence, le scénario est lui d’une ambition rare. Durant deux heures vingt, Ron Howard tente de renouer avec la grande tradition de la fresque d’aventures, suivant le parcours de ces deux Irlandais que tout oppose, et qui tentent ensemble l’aventure du nouveau continent, comme tant d’autres pionniers.

Horizons lointains est un bel hommage au grand cinéma romanesque hollywoodien, à défaut d’y trouver directement sa place…

* Blue ray à petit prix chez Universal, sans bonus.

Fury (id.) – de David Ayer – 2014

Posté : 21 mai, 2015 @ 3:53 dans 2010-2019, AYER David | Pas de commentaires »

Fury

En quelques films (du scénario de Training Day à la réalisation de End of Watch), David Ayer s’est imposé comme le nouveau maître du polar urbain sombre, moite et réaliste. Changement de genre, mais pas vraiment d’atmosphère avec ce film de guerre qui oscille constamment entre le réalisme esthétique de Il faut sauver le soldat Ryan, et la violence extrême d’Inglorious Basterds.

Un mélange étonnant et finalement assez séduisant, mais qui a ses limites. Visuellement, Ayer a une ambition remarquable : nous plonger littéralement au coeur des horreurs de la seconde guerre mondiale, en nous faisant cohabiter avec une poignée de soldats dans l’espace exigü d’un tank américain, perdu derrière les lignes ennemis quelques semaines après le débarquement. Et c’est vrai qu’au-delà de l’histoire assez conventionnelle, le film nous offre quelques visions saisissantes et inédites de ces tanks finalement rarement utilisés au cinéma (on se souvient du semi-parodique De l’or pour les braves).

Dans le cinéma d’Ayer, comme dans les romans d’Ellroy (pas étonnant que les deux hommes aient collaboré pour Au bout de la nuit), c’est dans les situations les plus violentes et inhumaines que les hommes se révèlent totalement, dans ce qu’ils ont de pires et de meilleurs. Loin de ses repères urbains habituels, le cinéaste (et scénariste) semble ne plus se fier qu’à la violence pour donner du corps à ses personnages. D’où un sentiment de trop-plein qui colle mal avec l’ambition réaliste du film.

Fury se résume ainsi trop rapidement à une succession d’éclats de violence de plus en plus démesurés. A quelques exceptions près (un poignant repas silencieux dans une maison allemande), l’avancée de Brad Pitt et de ses hommes prend ainsi des allures de jeux vidéos, chaque étape étant ponctuée par l’irruption d’un méchant de plus en plus impressionnant (des Allemands de plus en plus nombreux). Jusqu’à une séquence finale pas loin de relever du grand n’importe quoi.

* DVD chez Sony, avec le classique making-of promotionnel.

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