Play it again, Sam

tout le cinéma que j’aime

Archive pour le 21 mai, 2015

Playitagain participe au Steadyzine

Posté : 21 mai, 2015 @ 4:11 dans 1970-1979, NEWS | 1 commentaire »

Steadyzine

J’ai eu le plaisir de collaborer au cinquième numéro de cet excellent webzine dont l’iconographie est assez impressionnante (je n’y suis pour rien). Le thème de cette nouvelle mouture : les années 70, versant cinéma de genre. Du polar, du gore, du culte, du classique, du bis… Bref, de saines lectures en perspective !

Suffit de cliquer ici.

La Femme qui faillit être lynchée (Woman thez almost lynched) – d’Allan Dwan – 1953

Posté : 21 mai, 2015 @ 4:04 dans 1950-1959, DWAN Allan, WESTERNS | Pas de commentaires »

La Femme qui faillit être lynchée

En plein dans sa période « westerns de femmes », Allan Dwan signe une nouvelle perle noire, totalement en marge dans la production westernienne de l’époque, alors foisonnante. Un an avant le célèbre Johnny Guitare de Nicholas Ray, ce sont les femmes qui tiennent la baraque (et les flingues) devant la caméra de Dwan.

Il n’est pas tout à fait le premier : l’année précédente déjà, Fritz Lang avait fait de Marlene Dietrich un personnage dominateur dans son Ange des maudits. Mais rarement les femmes auront tenu des rôles aussi moteurs que dans La Femme qui faillit être lynchée, où elles ne sont plus soumises au diktat des hommes. Jusqu’à assurer elles-mêmes le traditionnel duel aux revolvers dans une rue médusée.

Il y a une explication « historique » à cela : les hommes sont occupés à faire la guerre. L’histoire se déroule dans une ville située sur la frontière entre le Nord et le Sud, et dirigée d’une main de fer par une matrone bien décidée à faire respecter la neutralité des lieux. Les hommes que l’on croise sont ainsi des joueurs professionnels sans envergure, des espions… ou des hors-la-loi parmi lesquels un tout jeunôt Jesse James, et le fameux Quantrill, que Brian Donlevy interprète une nouvelle fois après Kansas en feu.

Mais le coeur du film, c’est bien l’affrontement entre deux jeunes femmes : la brune Joan Leslie et la blonde Audrey Totter. La première arrive de l’Est le coeur pur et plein d’espoir, mais ne tarde pas à se heurter à la cruauté de la vie à l’Ouest. La seconde a été la fiancée du frère de la première, avant d’être enlevée par Quantrill, qu’elle a finit par épouser, en même temps que cruauté.

L’histoire est hautement improbable, mais il y a dans ce petit western sans grand moyen une formidable générosité, qui pousse Dwan à nous gratifier de beaux morceaux de bravoure (une attaque de diligence, la mort du frère…), mais aussi à offrir d’inattendus intermèdes musicaux. Absolument réjouissant.

Horizons lointains (Far and away) – de Ron Howard – 1992

Posté : 21 mai, 2015 @ 3:57 dans 1990-1999, CRUISE Tom, HOWARD Ron, WESTERNS | Pas de commentaires »

Horizons lointains

OK, Ron Howard est un réalisateur qui manque singulièrement de personnalité. OK, son film échoue lamentablement à restituer l’ampleur lyrique des grandes fresques hollywoodiennes d’autrefois. Alors même que c’est son ambition première. Mais j’ai toujours eu pour ce film une tendresse que, après l’avoir revu, je ne m’explique pas encore tout à fait.

Peut-être cette tendresse repose-t-elle sur ce petit grain de folie que Howard inculque par moments à sa fresque par ailleurs beaucoup trop sage : ce coup de fourche aux fesses de Tom Cruise, ce soudain coup de poing donné à un cheval récalcitrant… Peut-être est-ce dû à la réussite du couple formé par Tom Cruise et Nicole Kidman, qu’on aurait bien vu interprété par Gary Cooper et Katherine Hepburn dans les années 30-40.

Ou peut-être est-ce simplement une forme de reconnaissance face à la générosité du récit, qui nous entraîne de l’Irlande de 1892 frappée par la misère (le vieux continent étant une terre de bouseux pour le très hollywoodien Ron Howard), à la « course aux terres » d’Oklahoma (les Etats-Unis étant bien sûr la terre de toutes les possibilités).

Et c’est vrai que, si la mise en scène manque constamment de ce souffle qui aurait fait toute la différence, le scénario est lui d’une ambition rare. Durant deux heures vingt, Ron Howard tente de renouer avec la grande tradition de la fresque d’aventures, suivant le parcours de ces deux Irlandais que tout oppose, et qui tentent ensemble l’aventure du nouveau continent, comme tant d’autres pionniers.

Horizons lointains est un bel hommage au grand cinéma romanesque hollywoodien, à défaut d’y trouver directement sa place…

* Blue ray à petit prix chez Universal, sans bonus.

Fury (id.) – de David Ayer – 2014

Posté : 21 mai, 2015 @ 3:53 dans 2010-2019, AYER David | Pas de commentaires »

Fury

En quelques films (du scénario de Training Day à la réalisation de End of Watch), David Ayer s’est imposé comme le nouveau maître du polar urbain sombre, moite et réaliste. Changement de genre, mais pas vraiment d’atmosphère avec ce film de guerre qui oscille constamment entre le réalisme esthétique de Il faut sauver le soldat Ryan, et la violence extrême d’Inglorious Basterds.

Un mélange étonnant et finalement assez séduisant, mais qui a ses limites. Visuellement, Ayer a une ambition remarquable : nous plonger littéralement au coeur des horreurs de la seconde guerre mondiale, en nous faisant cohabiter avec une poignée de soldats dans l’espace exigü d’un tank américain, perdu derrière les lignes ennemis quelques semaines après le débarquement. Et c’est vrai qu’au-delà de l’histoire assez conventionnelle, le film nous offre quelques visions saisissantes et inédites de ces tanks finalement rarement utilisés au cinéma (on se souvient du semi-parodique De l’or pour les braves).

Dans le cinéma d’Ayer, comme dans les romans d’Ellroy (pas étonnant que les deux hommes aient collaboré pour Au bout de la nuit), c’est dans les situations les plus violentes et inhumaines que les hommes se révèlent totalement, dans ce qu’ils ont de pires et de meilleurs. Loin de ses repères urbains habituels, le cinéaste (et scénariste) semble ne plus se fier qu’à la violence pour donner du corps à ses personnages. D’où un sentiment de trop-plein qui colle mal avec l’ambition réaliste du film.

Fury se résume ainsi trop rapidement à une succession d’éclats de violence de plus en plus démesurés. A quelques exceptions près (un poignant repas silencieux dans une maison allemande), l’avancée de Brad Pitt et de ses hommes prend ainsi des allures de jeux vidéos, chaque étape étant ponctuée par l’irruption d’un méchant de plus en plus impressionnant (des Allemands de plus en plus nombreux). Jusqu’à une séquence finale pas loin de relever du grand n’importe quoi.

* DVD chez Sony, avec le classique making-of promotionnel.

Classe tous risques – de Claude Sautet – 1960

Posté : 21 mai, 2015 @ 3:47 dans * Polars/noirs France, 1960-1969, SAUTET Claude | Pas de commentaires »

Classe tous risques

C’est le presque premier film de Sautet, et l’un des plus grands polars français de la décennie. Un film qui aurait bien pu ne jamais exister, en tout cas comme ça : après l’échec de L’Arme à gauche, le « vrai » premier film de Sautet, le réalisateur échaudé par l’expérience n’a accepté de reprendre du service que devant l’insistance de Lino Ventura, la star des deux films.

La présence du jeune Belmondo, dans son premier grand rôle après le phénomène A Bout de souffle, rattacherait naturellement Classe tous risques à la Nouvelle Vague, qui révolutionnait alors le cinéma français. Mais Sautet s’inscrit bien d’avantage dans l’héritage de Jean-Pierre Meville, celui du Deuxième Souffle, auquel on pense forcément.

Moins pour la présence de Lino Ventura que pour la perfection imparable et implacable de la construction : lente mais inexorable chute d’un gangster à l’ancienne encore habité par les valeurs « romantiques » d’autrefois : honneur, amitiés viriles, sens du devoir…

Mais Sautet est déjà là. Pas seulement pour sa maîtrise impressionnante de la mise en scène et de l’action. Mais aussi parce que le personnage de Ventura est, déjà, un quadragénaire las qui cherche une échappatoire… Un personnage très proche sur le papier du Gu du film de Melville, avec le même destin tragique que l’on pressent dès les premières images. Mais le ton est différent : plus tendre, plus humain peut-être, et d’autant plus bouleversant.

Drôle de drame – de Marcel Carné – 1937

Posté : 21 mai, 2015 @ 3:43 dans 1930-1939, CARNÉ Marcel | Pas de commentaires »

Drôle de drame

Du grand n’importe quoi : c’est ce qu’ont dû se dire les spectateurs décontenancés (et pas bien nombreux) qui ont découvert le film à sa sortie. Et c’est bien un délire total auquel se livrent Marcel Carné et Jacques Prévert, tandem sur le point de signer une série impressionnante de classiques absolus, nettement moins drôles que ce chef d’œuvre à la folie débridée, pleine de personnages improbables interprétés par des comédiens en état de grâce.

Mais derrière cette folie, c’est une critique acerbe de toutes les tares de la société française contemporaine qui se cache à peine dans ce film pourtant adapté d’une histoire anglaise qui se déroule en 1900 en Angleterre, dans un Londres de carte postale. A peu près tout le monde se retrouve à un moment ou à un autre sous les feux du tandem Carné-Prévert : la bourgeoisie, avec une Françoise Rosay immense qui préfère endosser l’habit d’une meurtrière présumée plutôt que d’avouer que ses domestiques sont partis ; l’église, avec les sermons dénonciateurs d’un Louis Jouvet au passé coquin…

Si le film a aussi bien passé l’épreuve du temps, c’est parce qu’il ne répond à aucun effet de mode, aucune figure imposée, aucun compromis. Un film d’une liberté absolue, et d’une folie sans limite, qui en dit autant sur son époque qu’un autre chef d’œuvre incompris à sa sortie, La Règle du Jeu de Renoir.

Impossible de dresser un état des lieux complets des images mythiques du film. Mais chacun des personnages fait partie du panthéon du cinéma : Louis Jouvet en kilt lui remontant jusqu’aux genous, Michel Simon en amoureux des mimosas, Jean-Pierre Aumont en livreur de lait qui raconte des histoires sordides, Jean-Louis Barrault en tueur de bouchers fleur bleue…

Et puis il y a ce face-à-face génialissime entre Michel Simon et Louis Jouvet, avec ce dialogue fabuleux dont on ne se lasse pas, et qui n’a rien perdu de sa force.

  • « Qu’est-ce qu’il a ?
  • Qui ?
  • Votre couteau.
  • Comment ?
  • Vous regardez votre couteau et vous dites bizarre, bizarre, alors je croyais que…
  • Moi j’ai dit bizarre, bizarre ? Comme c’est étrange. Pourquoi aurais-je dit bizarre, bizarre ?
  • Je vous assure cher cousin que vous avez dit bizarre, bizarre.
  • Moi j’ai dit bizarre ? Comme c’est bizarre ! »

Génial, génial. J’ai dit génial !

 

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