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Poker Party (Six of a kind) – de Leo McCarey – 1934

Classé dans : 1930-1939,McCAREY Leo — 17 avril, 2015 @ 19:07

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McCarey vient de signer le meilleur film des Marx Brothers (Soupe au canard) lorsqu’il réalise cette comédie qui a tout du film de commande. Un format court (une heure) idéal pour les double-programmes, et un film conçu pour mettre en scène trois « couples de cinéma » très en vogue à l’époque.

Au cœur de l’histoire, un couple de petits bourgeois (Charles Ruggles et Mary Boland, grandes vedettes d’alors) décidés à prendre leurs premières vacances ensemble depuis vingt ans, mais qui, en faisant le choix du covoiturage, se trimbale une écervelée et son compagnon grognon (Gracie Allen et George Burns, stars de la radio).

La première moitié du film joue sur le contraste entre ces deux couples et leur cohabitation improbable. Le scénario, brillant, est un modèle de construction et fourmille de dialogues hilarants basés sur le double-sens et l’absurde (« Où puis-je envoyer un télégramme ? – Où vous voulez, il suffit de payer. »)

McCarey est un cinéaste discret, qui a fait sa réputation en servant celle de ses stars. Il prend visiblement un plaisir fou à souligner le jeu de ses comédiens, donnant un rythme fou à leurs échanges verbaux. Gracie Allen est génialement insupportable, mais c’est surtout le couple Boland-Ruggles qui fait mouche, soulignant la nature de McCarey, le bel équilibre qu’il trouve entre le grotesque et le tendre.

L’apparition de W.C. Fields (et de Alison Skipworth, avec laquelle il a tourné à plusieurs reprises, notamment dans le fameux Si j’avais un million) marque une rupture de ton inattendue au mitan du film. Avec ce qui est sans doute la scène la plus célèbre de Six of a kind : une curieuse et longue partie de billard au cours de laquelle Fields ne touche jamais la balle ! Plus que jamais, l’humour de Fields (même s’il se contente d’être comédien sur ce film) est basé… sur le rien, le vide.

Une partie de billard où il ne se passe rien. Une anecdote interminable qui débouche sur rien. Et on est là, les yeux et les oreilles (et la bouche) grands ouverts, scotchés aux gestes et aux paroles de cet être absurde et génial. La confrontation de Fields avec les autres personnages crée une folie supplémentaire, un chaos improbable qui n’a pas la finesse de la première moitié du film, mais qui est assez irrésistible.

Six of a kind est une comédie d’une liberté de ton rare, totalement réjouissante.

* Le film a été édité il y a quelques années chez Bac Video dans la collection « Hollywood Comédie ». En bonus : une présentation par Bernard Eisenshitz.

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