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Melinda et Melinda (Melinda and Melinda) – de Woody Allen – 2005

Classé dans : 2000-2009,ALLEN Woody — 17 avril, 2015 @ 19:19

Melinda et Melinda

- So are they tears of sorrow or tears of joy ?
– Well, aren’t those the same tears ?

Il y a souvent du tragique dans les comédies de Woody Allen (à moins que ce ne soit l’inverse), et le cinéaste a décidé de faire de ce décalage l’argument de son film. Premières images… On est en terrain connu : un dîner entre amis dans un restaurant plutôt chic, une discussion animée autour de la création artistique, du rapport à la mort et du sens de la vie…

Autour de la table, deux hommes d’âge mur (celui de Woody, qui se contente de rester derrière la caméra, comme s’il était incapable de choisir l’un ou l’autre des personnages) : l’un est un auteur de comédies pour qui l’essence même de la vie est sinistre, et qui y trouve un sens en dénichant le comique de chaque situation ; l’autre est un auteur de tragédies pour qui son art est le contrepoint parfait de la beauté de la vie.

Au cours de la discussion, un embrion de fiction apparaît, dont chacun tire une histoire au ton radicalement différent, que l’on découvre alternativement… L’idée est pour le moins excitante, et le film est en partie plutôt réussi. Seul personnage commun aux deux histoires : Melinda, jeune femme au passé lourd qui trouve refuge chez un couple de New Yorkais. Dans le rôle, Rhada Mitchell est parfaite, aussi à l’aise dans le sombre que dans le léger, pure héroïne allenienne.

Autour d’elle(s), que des acteurs au meilleur de leur forme : Amanda Peet et Will Ferrell versant comédie, Chloé Sevigny et Chiwetel Ejiofor versant drame… Allen est décidément un grand directeur d’acteurs, même si par moment il tire un peu sur la corde des stéréotypes ici, ne parvenant jamais à nous surprendre vraiment.

Woody Allen est-il plus à l’aise dans la comédie ou dans le drame ? La grande limite de ce film est justement de pousser à se poser cette question, en dissociant ouvertement les deux faces de son oeuvre. Une vraie fausse bonne idée, donc. D’autant plus qu’il ne va pas jusqu’au bout de sa logique : le contraste aurait sans doute été plus intéressant si les deux histoires de Melinda avaient suivi le même cheminement. Passé le point de départ, quelques passages se font bien échos, mais rien de plus.

Un peu vain, donc, ce film-concept, qui laisse un petit goût d’inachevé. Pas désagréable pour autant : Woody Allen sait créer une atmosphère familière et faussement confortable dont on ne se lasse pas, même dans ses semi-réussites (ou semi-échecs ?).

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