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Le Crime de monsieur Lange – de Jean Renoir – 1936

Classé dans : 1930-1939,RENOIR Jean — 17 avril, 2015 @ 19:01

Le Crime de monsieur Lange.jpg

C’est la grande période du Renoir anarchiste de gauche. C’est aussi celle du Front Populaire, des grandes idéologies progressistes, et d’une certaine innocence dont on sait qu’elle ne durera pas. C’est toute cette époque que l’on retrouve dans ce bijou scénarisé par Jacques Prévert.

Le film raconte la naissance d’une coopérative ouvrière, sur les ruines d’une entreprise abandonnée par un patron manipulateur et malhonnête. Une sorte de modèle parfait d’harmonie et de réussite, sans rapports de force, sans engueulade : débarrassé du patron omnipotent et supérieur, les travailleurs libèrent toute leur force, dans l’union.

Une oeuvre naïve ? Pas vraiment, non. Renoir dresse certes le portrait d’une entreprise idéale, dans une folie ambiante qui annonce celle de La Règle du Jeu. Mais comme dans son chef d’oeuvre à venir, l’insouciance affichée dissimule mal des maux profondément ancré. Le choix du titre n’est pas anodin, comme ne l’est pas la construction en flash-back : d’emblée, Renoir reconnaît qu’entre ce rêve et la réalité, il y a des obstacles inévitables.

Ce n’est pas un film sur la lutte des classes, ou sur l’opposition entre les puissants et les misérables. Bien sûr, il y a le personnage, odieux, de Batala, à qui Jules Berry apporte une outrance glaçante. Mais les salauds sont partout, à l’image de ce fils de bistrotier tout prêt à dénoncer les fuyards, sinistre présage d’une période sombre à venir. Et puis parmi les membres les plus volontaires de cette nouvelle coopérative, il y a un jeune homme de bonne famille, fortuné et étranger au labeur, qui sera le soutien le plus fidèle.

Non, Renoir n’oppose pas ses personnages. Ce qui l’intéresse, c’est de filmer la solidarité, l’entraide, l’amour plus fort que tous les obstacles… L’amour et la bienveillance semblent être omniprésents dans cet immeuble d’un quartier populaire de Paris. Entre Lange l’écrivain de seconde zone (René Lefèvre) et la blanchisseuse Valentine (Florelle), mais pas uniquement (Estelle, la pauvre fille engrossée par un monstre, trouvera elle aussi l’amour).

Edith (Sylvia Bataille), la secrétaire de Batala-Berry, n’aura pas sa chance. Manipulée par son patron et amant, son destin sera d’être ballottée d’un homme à un autre. Son personnage, certes secondaire, est tragique et sublime. Le gros plan sur son visage soumis mais conscient, sur le quai de la gare, est l’un des plus beaux de toute l’oeuvre de Renoir.

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