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Archive pour le 2 janvier, 2015

Sous le ciel de Paris – de Julien Duvivier – 1952

Posté : 2 janvier, 2015 @ 6:12 dans 1950-1959, DUVIVIER Julien | Pas de commentaires »

Sous le ciel de Paris

« Sous le ciel de Paris, coule un fleuve joyeux » chante d’une voix guillerette Jean Bretonnière. De son côté, la jeune Denise pose ses premiers regards sur la capitale et découvre des gens souriants, quelque chose qui ressemble à de l’insouciance et au début d’une nouvelle vie. Mais les apparences sont trompeuses, comme l’est la voix guillerette de François Périer qui dit un texte brillant de Henri Jeanson.

Cette voix off, omnisciente, semble jouer sur les personnages comme un montreur de marionettes. A ceci prêt qu’elle se place comme un simple observateur du destin en marche : celui qui va frapper une dizaine de personnages aux quatre coins de Paris, à l’issue d’une journée. D’une manière heureuse ou tragique, mais dans un seul mouvement qui les dirige vers un même point.

C’est ce qui frappe le plus dans ce beau film méconnu du sombre et pessimiste Duvivier : le mouvement qu’il donne à son film chorale. A contrario des films à sketchs qu’il réalisera à plusieurs reprises dans sa longue carrière, Duvivier entrecroise les destins, grâce à une construction assez époustouflante, d’une richesse narrative rare, et d’une efficacité qui l’est encore plus : loin de la comédie humaniste avec laquelle il flirte par moments (pour mieux asséner la cruauté du destin et les dangers de la société), Duvivier adopte un style coup de poing, avec des dialogues percutants, et un montage particulièrement audacieux.

Son Paris semble bien léger au premier abord. Mais il y filme une vieille incapable de trouver l’argent pour nourrir ses chats qui sont sa seule raison de vivre, une jeune femme à peine adulte qui perd ses illusions et bien plus en l’espace d’une journée, un tueur qui recherche l’impossible rédemption, une gamine qui se perd par manque de tendresse, un ouvrier bon père de famille forcé de faire la grève, un apprenti chirurgien dont la vie bascule parce que le seul mérite ne suffit pas toujours, un amour absolu condamné par un accident qui a eu lieu à des centaines de kilomètres de là…

Même si l’avenir n’est pas sombre pour tout le monde, le destin a un arrière-goût bien amer, devant la caméra de Duvivier. Immense cinéaste et grand humaniste, le réalisateur est d’une lucidité exceptionnelle dans ce film très beau et très cruel. « Sous le ciel de Paris », c’est un fragment de l’humanité qu’il met en scène. Avec des injustices flagrantes, et un bonheur inégalement réparti. Mais sans que cela ne remette en cause l’ordre du monde.

Capitaine King (King of the Khyber Rifles) – de Henry King – 1953

Posté : 2 janvier, 2015 @ 6:09 dans 1950-1959, KING Henry | Pas de commentaires »

Capitaine King

Un rien colonialiste, ce film d’aventure tourné dans un technicolor flamboyant par un Henry King dans sa veine « yes man des studios ». Bref, par le plus inspiré de ses films, ni le plus palpitant, et la peinture de ces Indes de l’empire britannique dont la civilisation semble sauvegardée par la présence anglaise a un aspect forcément exaspérant et révoltant.

Mais il y a tout de même, sous-jacente, une belle réflexion sur le racisme : les belles pensées humanistes sont-elles si faciles à mettre en place ? La réponse n’est pas vraiment là, mais le film a au moins le mérite de poser la question, avec ce beau personnage d’un officier anglais né aux Indes d’une mère hindoue, qui ne trouve sa place nulle part : ni auprès des autres officiers qui le tiennent à l’écart de leur quotidien, ni auprès de celui avec qui il a été élevé, devenu le chef sanguinaire de la révolte.

Tyrone Power est très à l’aise dans ce rôle qui lui sied parfaitement. Mais son héroïsme et sa pureté sont trop parfaits pour que l’acteur puisse donner une vraie profondeur à ce personnage. Le plus intéressant serait plutôt celui de son supérieur, joué par Michael Rennie. Un homme de bien fier de son ouverture d’esprit et ouvertement hostile aux discriminations, qui se heurte pourtant aux réalités de la différence lorsque sa fille (la belle de l’histoire, jouée par Terry Moore), s’éprend du métis Tyrone Power.

Remake de The Black Watch, le premier film parlant de John Ford, Capitaine King a tous les aspects du grand spectacle hollywoodien le plus traditionnel. Mais il impressionne par moments par sa crudité et sa violence. La terrible séquence d’exécution surtout, paraît furieusement d’actualité, 60 ans après…

• DVD dans la collection Hollywood Legends tirée des archives de la Fox.

Paddington (id.) – de Paul King – 2014

Posté : 2 janvier, 2015 @ 6:05 dans 2010-2019, DESSINS ANIMÉS, FANTASTIQUE/SF, KING Paul | Pas de commentaires »

Paddington

Il est très mignon, cet ours Paddington qu’on ne connaissait en France à peu près que pour les pots de marmelade sur lesquels il figure. Un ours péruvien au chapeau informe qui débarque à Londres, espérant être adopé par un explorateur qui, bien des années plus tôt, avait fait la connaissance de sa famille dans sa jungle. Ah oui, un détail : Paddington parle, et cela n’étonne pas grand-monde…

On est dans la grande lignée du cinéma pour la jeunesse tel que l’a imaginé tonton Walt, avec tous les clichés que le genre véhicule sans lassitude : l’univers grand bourgeois des beaux quartiers, une famille idéale mais un peu étriquée, l’apparition d’un être différent qui apporte du désordre et de la vie, et révèle les sentiments les plus généreux…

Tous les grands sentiments de rigueur sont là, dans cette ode à la différence. Sauf que, bien sûr, pour être sûr d’attirer le public, il faut que cette différence soit photogénique, et donc « l’intrus » mignon. Un peu limite et agaçant, mais passons…

Reste un vrai plaisir, grâce à une poignée de gags irrésistibles (la séquence-catastrophe de la salle de bain, dans la droite lignée de The Party) et de très belles trouvailles visuelles : cet orchestre qui revient régulièrement comme un choeur antique, soulignant les sentiments de l’ourson. Et puis ces effets magiques : l’intrusion de l’imaginaire et des émotions dans le quotidien. Assez magique.

Il y a quand même un aspect insupportable, dans la version française : Guillaume Galienne, qui prête sa voix à l’ours, et qui surjoue la moindre des émotions dans une sorte d’exercice d’autosatisfaction qui tourne au grotesque. Du genre : « voyez comment on interprète un ours à la Comédie Française ». Aux antipodes des comédiens qui doublent les autres personnages, humbles et parfaitement dans le ton.

 

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