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Crise (Krisis) – de Ingmar Bergman – 1946

Classé dans : 1940-1949,BERGMAN Ingmar — 12 décembre, 2014 @ 14:55

Crise

Premier film de Bergman réalisateur et déjà, on remarque l’importance extrême des visages, et quelques gros plans évocateurs qui en disent plus que de longs dialogues. On trouve aussi des thèmes qui reviendront dans tout le cinéma bergmanien : le film, poignant, parle de la difficulté de communiquer, de la nostalgie de ce qui n’est plus, et de la peur abyssale de la solitude. La peur, aussi, de n’aimer les autres que pour soi-même, et pas par pur altruisme.

Bergman installe son histoire dans un petit village comme hors du temps. Une voix off dit bien que rien ne vient jamais altérer cette vie tranquille et sans aspérité : ni commerce, ni train, ni rien… Tout juste un bus qui, ce jour-là, amène le tumulte de la grande ville : une femme entre deux âges qui vient reprendre la fille qu’elle n’a pas élevée, préférant la confier à une vieille fille.

Ce sont trois femmes à la croisée des chemins, et trois femmes terrorisées par l’avenir. La jeune fille anxieuse de devenir une femme, la mère adoptive malade (même physiquement) à l’idée de vieillir seule, et la mère biologique qui ne récupère sa fille que parce qu’elle a fait le même constat, consciente que sa vie de séduction et d’aventures est derrière elle.

Entre ces trois-là, malgré les longues discussions, il y a toujours quelque chose de non-dit, une incapacité à se livrer totalement. Quelques effusions presque arrachées quand même, suffisamment pour qu’on devine ce que cachent ces visages un peu fermés.

Bergman avait déjà fait ses preuves en tant que scénariste. Il révèle déjà une vraie vision de cinéaste, utilisant des figures qui reviendront tout au long de sa carrière : ses fameux dialogues cadrés avec un visage de face et l’autre de profil, les deux semblant fixer le vide. Et déjà, même si on est loin du dépouillement de ses grands films à venir, c’est quand il se concentre sur ces visages que l’émotion est la plus forte.

Cette belle oeuvre de jeunesse est déjà hantée par tout ce qui fera la grandeur du cinéma bergmanien, et par tous ses grands thèmes, de la hantise du temps qui passe à l’incommunicabilité entre les êtres, même les plus proches.

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