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Archive pour le 26 octobre, 2014

Les Mains qui tuent (Phantom Lady) – de Robert Siodmak – 1944

Posté : 26 octobre, 2014 @ 8:03 dans * Films noirs (1935-1959), 1940-1949, SIODMAK Robert | Pas de commentaires »

Les Mains qui tuent

Deux ans avant Les Tueurs, Robert Siodmak fait ses débuts dans le film noir avec cette merveille adaptée d’un roman de William Irish (pseudo de Cornell Woolrich, dont les romans seront souvent brillamment adaptés au cinéma, de Fenêtre sur cour à La Sirène de Mississipi), tournée avec un petit budget et sans grande vedette.

Il y a bien quelques seconds rôles marquants : Elisha Cook Jr. en batteur extatique, et le formidable Thomas Gomez en flic déterminé et fatigué. Mais les rôles principaux : celui de l’homme condamné pour un meurtre qu’il n’a pas connu, et celui de la jeune femme qui l’aime en secret et mène une contre-enquête pour l’innocenter, sont tenus par des comédiens nettement moins connus : Ella Raines et Alan Curtis, tous deux parfaits.

Mais c’est Franchot Tone la tête d’affiche, de loin celui des acteurs qui a le background le plus marquant, qui interprète ici le meilleur ami du condamné, dont le spectateur sait dès sa première apparition (tardive : dans la seconde moitié du film) qu’il est le mystérieux assassin. Cette manière de mettre le spectateur dans la confidence, et de lui donner ainsi une longueur d’avance sur les spectateurs, c’est une méthode qu’Hitchcock utilise très souvent, et qui est la base même du formidable suspense de la dernière partie du film, quasi huis-clos qui joue habilement sur le contraste entre l’euphorie de l’héroïne et le danger que l’on sait qu’elle court.

Ce premier film noir de Siodmak, qui signera une poignée de classiques du genre, impressionne dès la première séquence, étonnante et passionnante, rencontre improbable entre deux solitudes dans un bar quasi-désert. Une longue scène qui servira de colonne vertébrale à l’ensemble du film…

Il y a aussi une séquence de tribunal que Hitchcock, toujours lui, n’aurait pas reniée. Du procès, on ne verra rien d’autre que des gros plans sur les notes de la dactylo, égrenant les jours qui passent. Et sur les visages de la jeune femme et du flic dont le trouble et la détermination grandissent visiblement au fur et à mesure que le procès avance.

Et puis il y a cette admirable séquence de filature en pleine nuit, entre Ella Raines et le vieux barman joué par Andrew Tombes, où la tension ne naît que des ombres et des sons, jusque sur le quai d’un métro dont on ne verra rien d’autre que les lumières des fenêtres se reflétant sur les murs, procédé emprunté au Chaplin de L’Opinion publique.

Annonciateur de ses grandes œuvres à venir, ce film sous influence est déjà un petit chef d’œuvre au noir.

• Le film figure dans le magnifique coffret DVD que Carlotta a consacré à Siodmak il y a quelques années, et sur lequel figure Les Tueurs (accompagné de nombreux bonus), le film d’aventures Cobra Woman (une curiosité), et ce Phantom Lady avec, en bonus, une longue présentation du film par Bruno Dumont, le directeur de la cinémathèque suisse, et une conversation avec Robert Siodmak filmée en 1971, ainsi que la bande annonce originale.

Dreamscape (id.) – de Joseph Ruben – 1984

Posté : 26 octobre, 2014 @ 7:56 dans 1980-1989, FANTASTIQUE/SF, RUBEN Joseph | Pas de commentaires »

Dreamscape

Ainsi donc, vingt-cinq ans avant Inception, le grand-œuvre virtuose et un peu vain de Christopher Nolan, un autre auteur-réalisateur avait imaginé que l’on pouvait pénétrer dans les rêves d’autrui et y prendre une part active… Totalement tombé dans l’oubli, Dreamscape n’a même pas eu droit à un regain de notoriété lorsque est sorti le blockbuster de Nolan. C’eut pourtant été un juste retour des choses, tant la parenté entre ces deux films est flagrante. Avec Matrix aussi d’ailleurs, les Wachowski s’en étant visiblement très inspiré pour évoquer leur univers mental où toutes les prouesses sont possibles.

Bien sûr, il y a le poids des ans, flagrant dès la toute première scène, une séquence de cauchemar apocalyptique dont les effets spéciaux rudimentaires nous renvoient immédiatement à la préhistoire des trucages : la période pré-Terminator 2 pour faire court, à une époque où le top des jeux vidéos consistaient à faire bouger deux traits blancs pour se renvoyer une sorte de balle carrée.

On n’est pas très loin de cette caricature avec les trucages de Dreamscape, mais Joseph Ruben, réalisateur lui aussi tombé dans l’oubli mais qui eut beaucoup d’ambitions à ses débuts, parvient dans la plupart des séquences de rêves à créer une étrangeté sensorielle plutôt réussie, avec une économie de moyens assumée : une image légèrement distordue, quelques taches sur l’objectif, quelques décors oniriques… Les trucs les plus simples se révèlent nettement plus efficaces que les effets spéciaux plus recherchés.

Le scénario, lui, est un peu bancal et maladroit, avec des personnages assez mal dessinés que parviennent à sauver la plupart du temps d’excellents acteurs. C’est notamment le cas de Christopher Plummer, flippant en patron des services secrets hyper-puissants que le film montre simplement comme un mec super bien habillé et très raide entouré de trois gorilles un peu bas du front. Kate Capshaw est charmante mais n’a pas grand-chose d’autre à faire que d’être l’atout charme (et sexy dans une scène de rêve plutôt chaude). Max Von Sydow est impeccable dans un rôle de scientifique sans surprise. Et Dennis Quaid sourit déjà beaucoup en jeune médium qui voyage dans les rêves des autres… une sorte de répétition avant son voyage dans le corps humain (L’Aventure intérieure).

Tantôt réjouissant, tantôt frustrant, Dreamscape souffre de maladresses et d’un manque de rythme flagrant dans certaines scènes (était-ce bien utile de garder in extenso de longs trajets dans des couloirs, soulignés lourdement par une musique électro de Maurice Jarre qui a pris un sale coup de vieux). Il passe surtout à côté du grand film paranoïaque qu’il aurait pu être, dans la lignée d’Un crime dans la tête par exemple.

Au final, Ruben signe un film hybride ni très sombre, ni vraiment fun, que les distributeurs ne sauront pas comment et à qui vendre, tentant de le faire passer pour un film d’aventures à la Indiana Jones à travers une affiche originale aberrante, qui joue sans doute sur la présence de Kate Capshaw, à l’affiche cette même année d’Indiana Jones et le Temple maudit

• Le film est une rareté et une curiosité. C’est sans doute ce qui a incité le très exigeant éditeur Carlotta à le sortir dans un DVD au contenu éditorial assez limité. Uniques bonus : la bande annonce originale et une interview d’époque de Dennis Quaid, visiblement fatigué de répondre à d’insipides questions.

 

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