Play it again, Sam

tout le cinéma que j’aime

Archive pour août, 2014

Traquenard (Party Girl) – de Nicholas Ray – 1958

Posté : 15 août, 2014 @ 3:07 dans * Films noirs (1935-1959), 1950-1959, RAY Nicholas | Pas de commentaires »

Traquenard Ray

Nicholas Ray fait partie de ces cinéastes, comme Elia Kazan, qui ont donné un nouveau souffle à Hollywood, dans les années 50, alors que l’âge d’or des studios arrivait à son fin. Son cinéma marque certainement une évolution, mais pas une rupture, tant il est marqué par celui de ses aînés, ce qui est surtout perceptible dans ses grands films noirs et dans ses westerns. Avec Le Brigand bien-aimé, qu’il tourne l’année précédente, il se démarque ainsi du Jesse James d’Henry King, dont il est le remake, avec une approche très différente, mais aussi en lui rendant un hommage sincère et appuyé.

Avec Traquenard, il va plus loin encore. Film noir, film de gangster, comédie musicale, comédie romantique… Son film est un chant d’amour au grand cinéma hollywoodien. Et le résultat est peut-être son plus grand chef d’œuvre¸ une merveille qui navigue d’un genre à l’autre avec une habileté et une fluidité sidérante. Et avec un couple inédit d’acteurs absolument formidables : Cyd Charisse et ses jambes interminables, dans un rôle moins dansant que ceux auxquels elle est habituée ; et Robert Taylor, immense acteur aux antipodes des postures très Actor’s Studios de James Dean, dont Ray fut le grand metteur en scène.

Taylor est fabuleux dans son rôle d’avocat de la mafia, handicapé par une jambe folle et tiraillé entre son engagement au côté du « parrain » local (génial Lee J. Cobb, absolument réjouissant) et le dégoût que ses méthodes lui inspirent. Un avocat peu regardant pourtant sur le mode de vie de ses clients, mais qui réalise trop tard, lorsqu’il décide de mener une vie rangée avec la belle danseuse dont il est tombé amoureux, qu’il s’est enfoncé bien trop profondément dans le monde du crime…

Party Girl (le titre original est bien plus beau) est un cocktail presque unique dans le cinéma américain, une sorte de trait d’union entre tous ses genres-phare (à l’exception du western), qui réussit sur absolument tous les plans. Le suspense est réellement angoissant (avec une séquence finale à l’atmosphère à couper au couteau), les personnages sont magnifiquement écrits. Même les numéros de music-hall, dont je ne suis pas un grand client habituellement, sont beaux et envoûtants. Un pur plaisir de cinéma, quoi, d’une intelligence et d’une efficacité rares.

Le Cavalier au masque (The Purple Mask) – de Bruce Humberstone – 1955

Posté : 15 août, 2014 @ 3:03 dans 1950-1959, CURTIS Tony, HUMBERSTONE Bruce | Pas de commentaires »

Le Cavalier au masque

Une question me taraude : les spectateurs américains de 1955 trouvaient-ils normal que l’on entende des cris de singe dans une forêt française ? S’étonnaient-ils de voir Bonaparte traverser lui-même le pays, aller et retour, pour aller confier une mission à quelqu’un ? Bon… Le moins que l’on puisse dire, c’est que le film de Bruce Humberstone prend des libertés avec la vraisemblance, et que sa vision du folklore français paraît bien curieux.

Bruce Humberstone, c’est l’un des co-réalisateurs de Si j’avais un million (avec notamment Lubitsch), mais on lui doit aussi, et surtout plusieurs Charlie Chan dans les années 30 (avec Warner Oland), et des Tarzan dans les années 50 (avec Gordon Scott). Autant dire, pas vraiment un auteur, ni un grand formaliste. Il ne fallait donc pas s’attendre à un grand film d’aventures à la hauteur des grands classiques du genre, dont Tyrone Power ou Errol Flynn furent les plus grands interprètes.

Mais dans la longue lignée des ersatz de Zorro, celui-ci est plutôt très sympathique. Kitsch, mais sympathique. A condition quand même de se laisser amuser par la vision d’un Tony Curtis jouant les grandes précieuses dans le civil, et revêtant un costume et un masque pourpre (c’est dans le titre original) du plus bel effet… particulièrement discret pour une embuscade en pleine nature.

Le film respecte parfaitement le cahier des charges du genre : des duels, des chevauchées, une romance, et un arrière plan historique dont il vaut mieux ne pas connaître grand-chose, tant on est dans la caricature. Dans le rôle titre, Tony Curtis, la grande vedette Universal de l’époque, est charismatique, bondissant. Sans surprise, mais très à l’aise dans la comédie, comme dans les scènes d’action.

• Universal vient d’éditer le DVD du film dans sa collection « Universal Classics » à petit prix, sans bonus, et dans un format 4/3 bien loin du Cinemascope d’origine.

Griffes jaunes (Across the Pacific) – de John Huston – 1942

Posté : 12 août, 2014 @ 4:28 dans * Films noirs (1935-1959), 1940-1949, BOGART Humphrey, HUSTON John | Pas de commentaires »

Griffes jaunes

L’année précédente, John Huston était passé pour la première fois derrière la caméra en signant un immense chef d’œuvre, Le Faucon maltais, qui faisait passer Humphrey Bogart définitivement du côté des mythes immortels du cinéma. Pour leurs retrouvailles, les deux comparses ne réitèrent pas le miracle de leur première collaboration. Mais Griffes Jaunes, film de propagande tourné alors qu’Hollywood contribuait à sa manière à l’effort de guerre (l’attaque de Pearl Harbor a eu lieu pendant la préparation du film, incitant les auteurs à « déménager » l’intrigue de Hawai à Panama), est loin d’être une œuvre mineure.

Griffes jaunes a tout du film de commande : film de propagande, donc, il semble aussi avoir été produit en grande partie pour renouer avec le triomphe du Faucon… puisque Bogart y côtoie une nouvelle fois Mary Astor et Sydney Greenstreet. Dans le beau livre qu’il a consacré à John Huston, Patrick Brion affirme aussi que Peter Lorre fait une brève apparition dans un rôle de serveur. Mais il faudra que je le revoie pour le confirmer…

Ce qui sera d’ailleurs avec plaisir : Griffes jaunes, est un pur plaisir, et un curieux objet particulièrement riche. On est d’abord surpris par cet étrange mélange de légèreté et de profonde noirceur : les jeux romantiques et presque enfantins de Bogart et Mary Astor, qui semblent prendre un plaisir fou (et communicatif) à se moquer l’un de l’autre, s’inscrivent dans un contexte très sombre et violent : l’action du film se déroule dans les quelques jours qui précèdent le 7 décembre 1941.

On sent bien que les comédiens et le cinéaste se sont amusés sur le tournage. Pour autant, on est loin de la nonchalance qui a pesé sur quelques films tardifs de Huston. Le cinéaste apporte une grande attention à la composition de chaque plan, y compris le plus anodin. Il suffit souvent d’un rien : une fumée de cigarette qui coupe l’image, la brume qui estompe les silhouettes, un reflet dans un miroir, une ombre portée sur un mur, la lune qui fait briller l’eau d’un port… Le film, magnifiquement photographié (par Arthur Edeson, déjà présent sur Le Faucon maltais), bénéficie aussi d’un montage très efficace de Don Siegel, et de décors exceptionnels (signés Casey Roberts).

Des décors que Huston utilise avec une belle intelligence, et son sens du cadrage, lors de quelques séquences d’action assez formidables, notamment celle, tendue et impressionnante, dans la salle de cinéma. Across the Pacific est sans doute un film mineur dans la filmo commune de Bogie et Huston, marqué aussi par racisme anti-nippon à remettre évidemment dans le contexte historique de l’époque (sur le monde « ils se ressemblent tous »). Mais le plaisir de spectateur est absolument jubilatoire.

• Un DVD a été édité il y a quelques années par Warner, avec un documentaire consacré aux films de propagandes hollywoodiens, et le bêtiser de l’année, court métrage produit par Warner en 1942.

Local Hero (id.) – de Bill Forsyth – 1983

Posté : 12 août, 2014 @ 4:24 dans 1980-1989, FORSYTH Bill, LANCASTER Burt | Pas de commentaires »

Local Hero

Il y a des endroits, comme ça, dont on aimerait faire partie. Des lieux que l’on découvre et vers lesquels on retourne régulièrement tout au long de sa vie, qu’on quitte à chaque fois en ayant l’impression d’y laisser une part de soi, mais où on sait bien qu’on sera toujours un étranger. Pour moi, ce sont les Highlands, dans le nord de l’Ecosse. Et c’est très exactement ce sentiment qu’y découvre le personnage principal de Local Hero.

Le film de Bill Forsyth est forcément séduisant. Parce qu’il y a les paysages si majestueux et dramatiques des Highlands, et surtout parce qu’on y retrouve l’esprit écossais : ce mélange de rugosité et de chaleur, cette manière de porter avec fierté la difficulté de la vie dans cette région vaste et quasi-déserte, à la beauté revêche.

Le film suit le rythme de MacIntyre, ce faux Ecossais, Américain sans racine chargé par une grande compagnie pétrolière texane de négocier avec les villageois écossais le rachat de leurs terrains, afin d’y implanter un gigantesque centre pétrolier. Et c’est lorsque ce rythme se coule enfin dans celui de cette petite communauté écossaise que le film devient vraiment beau et envoûtant. On se sent alors l’âme de ce marin russe qui débarque comme il le fait visiblement régulièrement pour profiter d’une tranche de vie dans ce village en dehors du monde…

Mais la première partie, essentiellement texane, déstabilise un peu. Des images grises au grain peu séduisant, une musique très datée eighties, et un scénar qui ne fait rien pour éviter les grosses ficelles : la grande ville contre le petit village, la toute puissante compagnie contre des villageois sans ressource, des hommes riches mais seuls contre une communauté pauvre mais soudée… Et puis Forsyth glisse un étrange humour décalé qui ne fait jamais vraiment mouche, donnant trop d’importance au grand patron de la compagnie (joué il est vrai par Burt Lancaster), homme vieillissant suivant une curieuse thérapie basée sur l’humiliation.

Un film en demi-teinte, donc, mais qui donne furieusement envie de se perdre dans le brouillard et sur les petites routes d’Ecosse… et de s’installer au comptoir de ce pub, pour goûter ce whisky de 42 ans d’âge en écoutant les conversations des villageois…

• Le DVD du film fait partie de la collection Les Films de ma vie.

Le Héros de Iwo-Jima (The Outsider) – de Delbert Mann – 1961

Posté : 12 août, 2014 @ 4:20 dans 1960-1969, CURTIS Tony, MANN Delbert | Pas de commentaires »

Le Héros de Iwo-Jima (The Outsider) – de Delbert Mann – 1961 dans 1960-1969 LeHeacuterosdeIwoJima_zps0f1c59a8

Ira Hayes est l’un des personnages centraux du très beau Mémoires de nos pères de Clint Eastwood. Ce GI issu d’une tribu indienne encore très traditionnelle a connu un destin tragique : engagé volontaire, il a connu l’horreur des combats sur l’île d’Iwo Jima, avant d’être immortalisé par l’une des plus célèbres photos de guerre, le montrant avec quelques camarades dressant un drapeau américain sur le plus haut sommet de l’île. La photo ayant fait le tour du monde, sa hiérarchie a décidé d’en faire un ambassadeur, une espèce de star chargée de faire une tournée pour appeler les Américains à aider financièrement l’effort militaire…

Plusieurs livres ont été consacrés à ce jeune Amérindien qui ne parviendra jamais à effacer ses fantômes, ce sentiment de culpabilité d’avoir joué un rôle de héros de pacotille pendant que ses camarades continuaient à mourir au front. Eastwood placera au cœur de son film cette « tournée » improbable, parenthèse hallucinante au cœur de l’horreur des combats, dont Ira Hayes n’est que l’un des maillons. Le film de Delbert Mann est entièrement consacré au destin du personnage.

En essayant d’aborder tous les enjeux de son parcours (son appartenance à une minorité en marge, sa jeunesse brisée, sa belle histoire d’amitié, et ce costume de héros qu’il refuse d’endosser), Delbert Mann tape un peu à côté : son film n’a pas la force de celui d’Eastwood. Mais il y a dans ce film une sincérité bouleversante. Et Tony Curtis, avec un maquillage qui ne suffit pas à le rendre totalement crédible en Indien, est assez formidable dans ce rôle pas facile, l’une des très belles prestations de sa carrière.

• Le DVD a été édité récemment dans la collection Universal Classics, sans bonus mais à petit prix.

Les Tambours de la guerre (War Drums) – de Reginald LeBorg – 1957

Posté : 11 août, 2014 @ 2:32 dans 1950-1959, LeBORG Reginald, WESTERNS | Pas de commentaires »

Les Tambours de la guerre

Un petit western qui s’inscrit dans la lignée des films qui, suivant l’exemple de La Flèche brisée et de quelques autres grandes réussites du genre, réhabilitent les Indiens. L’histoire est assez classique, dans cette mouvance : l’amitié entre un aventurier blanc (Ben Johnson) et un chef apache (Lex Barker) est le dernier lien qui maintien la paix entre les deux peuples, prêts l’un comme l’autre à prendre les armes… L’amitié qui unit ces deux hommes est ce qu’il y a de plus beau dans le film, souligné encore par l’amour qu’ils portent à la même femme, la belle et sauvage Joan Taylor.

Côté rythme, rien à dire : LeBorg signe un beau western parfaitement tendu, et qui ne manque pas d’ambition. On sent ainsi le réalisateur particulièrement attentif aux coutumes et au mode de vie des Indiens, qu’il place au cœur de tous les rapports entre les personnages : l’amour naissant entre le chef et la belle Mexicaine, l’amitié plus forte que tout entre les deux hommes, les relations tendues entre la jeune épouse et ses rivales apaches…

Plus vrai que nature, ces Indiens ? On a en fait surtout l’impression d’être dans un livre pour enfants ou dans un parc d’attraction, avec un folklore taillé sur mesure pour des touristes avides de peintures guerrières très voyantes et de vêtements à frange trop propres et trop bien taillés. Passons sur le fait que les Indiens parlent tous un anglais parfaitement correct (c’était le cas dans à peu près tous les westerns à l’époque), mais leur représentation est vraiment très caricaturale.

On a donc bien, par moments, un petit sourire un rien moqueur. Mais LeBorg fait le travail efficacement, les personnages sont particulièrement attachants, et on a bien conscience de ne pas être dans un cours d’histoire. Juste dans un bon petit western bien sympathique.

• Le DVD a été édité chez Sidonis, dans l’incontournable collection Westens de Légende, avec une présentation (du réalisateur et des acteurs, plus que du film) par Patrick Brion.

Espion(s) – de Nicolas Saada – 2008

Posté : 11 août, 2014 @ 2:28 dans * Polars/noirs France, 2000-2009, SAADA Nicolas | Pas de commentaires »

Espion(s)

Espion(s) évoque Möbius, que tournera Eric Rochant quelques années plus tard : un espion (malgré lui, ici) utilise une femme dont il finit par tomber amoureux, sur le modèle du chef d’œuvre d’Hitchcock Les Enchaînés. Mais les choix de Nicolas Saada sont radicalement différents de ceux de Rochant : à l’hyper complexité et aux intrigues à tiroirs infinis qui soulignent la paranoïa du monde de l’espionnage, le film de Saada préfère une approche plus frontale et simple.

L’intrigue et les rebondissements, d’ailleurs, peuvent paraître simplistes. Petit bagagiste vaguement malhonnête, le personnage de Guillaume Canet est recruté par la DST en cinq minutes montre en main, et sa plongée dans l’univers du terrorisme se fait sans le moindre faux pas. Tout en se basant sur des événements bien réels (les attentats de Londres, dont Saada donne une version épurée absolument glaçante), Espion(s) est un pur film de genre. Un vrai film d’espionnage où le contexte géopolitique compte moins que le suspense et l’émotion.

On ne s’en plaindra pas : sans être aveugle au monde, le film est avant tout basé sur ses personnages, plongé dans un monde qu’ils ne maîtrisent pas et qui les dévore. Canet, en jeune frondeur sans attache et sans guère de morale, est parfait, au côté notamment des « maîtres espions Hippolyte Girardot et Stephen Rea. Mais c’est surtout Géraldine Pailhas qui marque le film de sa présence.

Belle et gracile, l’actrice est ici d’une fragilité bouleversante, femme brisée que l’on sent à deux doigts de se perdre définitivement. La manière dont elle s’abandonne dans les bras de ce jeune homme qui lui redonne goût à la vie est d’une émotion incroyable. Celle avec laquelle, pressentant le cataclysme que Canet est sur le point de lui révéler, elle lui murmure « ménage moi » le regard implorant, est absolument déchirant.

La Planète des Tempêtes (Planeta Bur) – de Pavel Klushantsev – 1962

Posté : 11 août, 2014 @ 2:24 dans 1960-1969, FANTASTIQUE/SF, KLUSHANTSEV Pavel | Pas de commentaires »

La Planète des tempêtes

Entre le cinéma soviétique et la science-fiction, c’est une curieuse histoire d’amour qui dure depuis le culte Aelita. Pas toujours pour le meilleur, reconnaissons-le. En pleine conquête de l’Espace, alors que le grand adversaire américain multiplie les productions (souvent modestes) dans le genre, l’URSS ne pouvait pas ne pas s’y coller de nouveau. Cette Planète des Tempêtes porte bien l’empreinte de cette époque héroïque, où les victoires dans l’espace permettent de glorifier les peuples.

Dès le carton d’ouverture, le film s’inscrit dans cette glorification des pionniers soviétiques. « Nous faisons confiance à nos cosmonautes pour nous apporter la connaissance », dit-on en substance. Cela dit, il faut aussi souligner que l’URSS a visiblement mis beaucoup plus de moyens dans la conquête de l’espace (c’est la période de Gagarine) que dans cette petite production fauchée et croquignole, dont la première demi-heure se déroule exclusivement à l’intérieur de fusées arrivant en orbite autour de Vénus.

Une poignée de comédiens filmés en gros plans dans des décors dépouillés, avec une image granuleuse et plutôt austère : voilà à quoi se résume la première partie du film. Pas déplaisant, d’ailleurs : Klushantsev soigne ses cadres et privilégie des contre-plongées dramatiques assez efficaces.

Lorsque l’action se déplace sur la planète Vénus, le film alterne le plutôt efficace et le franchement ridicule. Îl y a une certaine beauté dans cette traversée d’un fleuve de lave avec un robot, copie conforme de celui de Planète interdite. Mais on se marre franchement lorsque nos héros affrontent des plantes agressives en baudruche, ou des figurants en costumes de dinosaures. Dinosaures qui ne sont là que pour le plaisir, ou pour permettre aux responsables marketing de créer de belles affiches spectaculaires.

Une curiosité, donc.

• Le film de Klushantsev fait partie de la collection SF Vintage d’Artus, collection bien sympathique qui, pour une fois, réunit des productions américaines, italiennes ou soviétiques, (avec, ici, un documentaire dans lequel Alain Petit évoque la science fiction russe).

Cliffhanger (id.) – de Renny Harlin – 1993

Posté : 11 août, 2014 @ 2:19 dans 1990-1999, HARLIN Renny, STALLONE Sylvester | Pas de commentaires »

Cliffhanger

J’ai déjà eu l’occasion de l’écrire à propos de la saga Rocky : la carrière de Stallone n’est jamais aussi intéressante que quand la star traverse des périodes creuses. Lorsqu’il est au sommet et qu’il enchaîne les succès, Stallone a souvent tendance à se vautrer dans sa propre caricature. Mais quand le public suit moins, les doutes ramènent à ses débuts celui qui imposa contre tous son personnage culte. En cela, Cliffhanger est peut-être le plus « rockyesque » de ses films.

Après avoir rompu avec les excès grotesques du milieu des années 80 (Rambo 3, Cobra…), Stallone avait déjà tenté un retour aux sources, incompris, avec Rocky 5. Mais la concurrence qui l’opposait alors à un Schwarzenegger au sommet alors que lui-même était en perte de vitesse l’a poussé à se tourner vers la comédie, genre où il n’a jamais été très à l’aise. Les deux nanars qui en sont sortis (Arrête ou ma mère va tirer et L’Embrouille est dans le sac, rien que les titres…) auraient pu mettre un terme à sa carrière. Mais leurs semi (au mieux) échecs ont été des déclencheurs.

Ainsi donc, Stallone la star reprend le contrôle de sa propre carrière, et écrit lui-même le script de ce qui allait devenir Cliffhanger. Comme il l’a fait et le fera pour à peu près toutes les étapes importantes de sa carrière. Et comme toujours, le parallèle avec sa propre expérience est évidente, avec ce personnage évidemment taillé sur mesure pour lui : un as du sauvetage en montagne en pleins doutes après la mort d’une amie qu’il n’a pu sauver, et qui ne redeviendra lui-même que face aux épreuves.

En l’occurrence, l’arrivée inattendue en pleine montagne d’un groupe de gangsters particulièrement dangereux à la recherche de valises pleines d’argents perdues lors d’un braquage foireux à bord d’un avion. Autant le dire, le ressors dramatique du film est totalement absurde, et le scénario n’évite pas les facilités improbables et les rebondissements ridicules. Pas plus qu’il n’évite la caricature des personnages, en particulier des méchants (John Lithgow en tête) pas vraiment dans la mesure.

Mais Stallone s’offre un beau rôle et l’occasion de relever un défi physique inédit pour lui, réalisant des cascades et des séquences d’escalade extrême réellement très spectaculaires. Sorti de l’efficace Die Hard 2, Renny Harlin remplit parfaitement son contrat, enchaînant les scènes impressionnantes (un peu trop mécaniquement) et filant des sueurs froides grâce à ses décors magnifiques et vertigineux.

Cliffhanger est un film par et pour Stallone, et pour ses fans avant tout. C’est aussi un vrai bon film d’action typique de son époque, mais qui reste très efficace vingt ans plus tard.

Chinese Zodiac (Shi Er Sheng Xiao CZ12) – de Jacky Chan – 2012

Posté : 11 août, 2014 @ 2:15 dans 2010-2019, CHAN Jacky | Pas de commentaires »

Chinese Zodiac

Le temps n’a pas de prise sur Jacky Chan. C’est en partie un constat réjouissant : à 60 ans, le bondissant Chinois semble n’avoir rien perdu de son extraordinaire souplesse ni de son élasticité, même s’il s’entoure aujourd’hui d’une bande de jeunes comédiens-artistes martiaux avec qui il partage les séquences d’action.

Mais d’un autre côté, son cinéma n’a pas bougé d’un pouce depuis les années 80. Même s’il a recours aux technologies modernes, qu’il intègre bel et bien dans son histoire, Chinese Zodiac repose strictement sur les mêmes recettes que celles qu’il appliquait à l’époque du Marin des mers de Chine ou de Police Story : un humour qu’il est à peu près le seul à appliquer depuis Les Charlots en France, des cascades (réalisées sans effets spéciaux) qui mettent en valeur les talents physiques de ses interprètes, et se jouent des règles de la pesanteur, et une violence « pour de rire » dont personne ne sort vraiment blessé.

Ce n’est d’ailleurs pas si étonnant : Chinese Zodiac, qui marque le grand retour de Chan à la tête d’une superproduction chinoise, après avoir consacré l’essentiel de son temps à Hollywood depuis une quinzaine d’années, est la suite de deux gros succès des années 80 et 90 : Mister Dynamite et Opération Condor. Une suite tardive, donc, mais qui retrouve bel et bien l’esprit des précédents.

Les films de Jacky Chan ne valent que pour ses prouesses hors normes. Et d’une manière générale, moins il y a d’élément pour nous en détourner, plus réjouissant est le résultat. C’est d’ailleurs le principal problème du film : dans sa première heure au moins, Chan semble vouloir inonder l’écran des très gros moyens dont il dispose. Cela donne un cinéma d’action où les décors prennent le pas sur les cascades, plutôt rares dans la première moitié. Pas loin d’être ennuyeux, même…

Finalement, c’est quand il revient à plus de simplicité qu’il frappe fort. Les meilleures scènes du film : des poursuites sur des passerelles et des échafaudages, et surtout une bagarre de Chan avec l’un de ses rivaux, qui doivent s’affrontent sans quitter un canapé. Une espèce de jeu d’enfants totalement grotesques mais absolument irrésistibles, qui résume parfaitement l’esprit de ce gosse de 60 ans qui ne se prend décidément pas au sérieux.

• Le film, inédit en salles chez nous, vient d’être édité dans un beau blue ray chez Universal. En bonus : un long making of d’une heure

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