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Archive pour le 12 août, 2014

Griffes jaunes (Across the Pacific) – de John Huston – 1942

Posté : 12 août, 2014 @ 4:28 dans * Films noirs (1935-1959), 1940-1949, BOGART Humphrey, HUSTON John | Pas de commentaires »

Griffes jaunes

L’année précédente, John Huston était passé pour la première fois derrière la caméra en signant un immense chef d’œuvre, Le Faucon maltais, qui faisait passer Humphrey Bogart définitivement du côté des mythes immortels du cinéma. Pour leurs retrouvailles, les deux comparses ne réitèrent pas le miracle de leur première collaboration. Mais Griffes Jaunes, film de propagande tourné alors qu’Hollywood contribuait à sa manière à l’effort de guerre (l’attaque de Pearl Harbor a eu lieu pendant la préparation du film, incitant les auteurs à « déménager » l’intrigue de Hawai à Panama), est loin d’être une œuvre mineure.

Griffes jaunes a tout du film de commande : film de propagande, donc, il semble aussi avoir été produit en grande partie pour renouer avec le triomphe du Faucon… puisque Bogart y côtoie une nouvelle fois Mary Astor et Sydney Greenstreet. Dans le beau livre qu’il a consacré à John Huston, Patrick Brion affirme aussi que Peter Lorre fait une brève apparition dans un rôle de serveur. Mais il faudra que je le revoie pour le confirmer…

Ce qui sera d’ailleurs avec plaisir : Griffes jaunes, est un pur plaisir, et un curieux objet particulièrement riche. On est d’abord surpris par cet étrange mélange de légèreté et de profonde noirceur : les jeux romantiques et presque enfantins de Bogart et Mary Astor, qui semblent prendre un plaisir fou (et communicatif) à se moquer l’un de l’autre, s’inscrivent dans un contexte très sombre et violent : l’action du film se déroule dans les quelques jours qui précèdent le 7 décembre 1941.

On sent bien que les comédiens et le cinéaste se sont amusés sur le tournage. Pour autant, on est loin de la nonchalance qui a pesé sur quelques films tardifs de Huston. Le cinéaste apporte une grande attention à la composition de chaque plan, y compris le plus anodin. Il suffit souvent d’un rien : une fumée de cigarette qui coupe l’image, la brume qui estompe les silhouettes, un reflet dans un miroir, une ombre portée sur un mur, la lune qui fait briller l’eau d’un port… Le film, magnifiquement photographié (par Arthur Edeson, déjà présent sur Le Faucon maltais), bénéficie aussi d’un montage très efficace de Don Siegel, et de décors exceptionnels (signés Casey Roberts).

Des décors que Huston utilise avec une belle intelligence, et son sens du cadrage, lors de quelques séquences d’action assez formidables, notamment celle, tendue et impressionnante, dans la salle de cinéma. Across the Pacific est sans doute un film mineur dans la filmo commune de Bogie et Huston, marqué aussi par racisme anti-nippon à remettre évidemment dans le contexte historique de l’époque (sur le monde « ils se ressemblent tous »). Mais le plaisir de spectateur est absolument jubilatoire.

• Un DVD a été édité il y a quelques années par Warner, avec un documentaire consacré aux films de propagandes hollywoodiens, et le bêtiser de l’année, court métrage produit par Warner en 1942.

Local Hero (id.) – de Bill Forsyth – 1983

Posté : 12 août, 2014 @ 4:24 dans 1980-1989, FORSYTH Bill, LANCASTER Burt | Pas de commentaires »

Local Hero

Il y a des endroits, comme ça, dont on aimerait faire partie. Des lieux que l’on découvre et vers lesquels on retourne régulièrement tout au long de sa vie, qu’on quitte à chaque fois en ayant l’impression d’y laisser une part de soi, mais où on sait bien qu’on sera toujours un étranger. Pour moi, ce sont les Highlands, dans le nord de l’Ecosse. Et c’est très exactement ce sentiment qu’y découvre le personnage principal de Local Hero.

Le film de Bill Forsyth est forcément séduisant. Parce qu’il y a les paysages si majestueux et dramatiques des Highlands, et surtout parce qu’on y retrouve l’esprit écossais : ce mélange de rugosité et de chaleur, cette manière de porter avec fierté la difficulté de la vie dans cette région vaste et quasi-déserte, à la beauté revêche.

Le film suit le rythme de MacIntyre, ce faux Ecossais, Américain sans racine chargé par une grande compagnie pétrolière texane de négocier avec les villageois écossais le rachat de leurs terrains, afin d’y implanter un gigantesque centre pétrolier. Et c’est lorsque ce rythme se coule enfin dans celui de cette petite communauté écossaise que le film devient vraiment beau et envoûtant. On se sent alors l’âme de ce marin russe qui débarque comme il le fait visiblement régulièrement pour profiter d’une tranche de vie dans ce village en dehors du monde…

Mais la première partie, essentiellement texane, déstabilise un peu. Des images grises au grain peu séduisant, une musique très datée eighties, et un scénar qui ne fait rien pour éviter les grosses ficelles : la grande ville contre le petit village, la toute puissante compagnie contre des villageois sans ressource, des hommes riches mais seuls contre une communauté pauvre mais soudée… Et puis Forsyth glisse un étrange humour décalé qui ne fait jamais vraiment mouche, donnant trop d’importance au grand patron de la compagnie (joué il est vrai par Burt Lancaster), homme vieillissant suivant une curieuse thérapie basée sur l’humiliation.

Un film en demi-teinte, donc, mais qui donne furieusement envie de se perdre dans le brouillard et sur les petites routes d’Ecosse… et de s’installer au comptoir de ce pub, pour goûter ce whisky de 42 ans d’âge en écoutant les conversations des villageois…

• Le DVD du film fait partie de la collection Les Films de ma vie.

Le Héros de Iwo-Jima (The Outsider) – de Delbert Mann – 1961

Posté : 12 août, 2014 @ 4:20 dans 1960-1969, CURTIS Tony, MANN Delbert | Pas de commentaires »

Le Héros de Iwo-Jima (The Outsider) – de Delbert Mann – 1961 dans 1960-1969 LeHeacuterosdeIwoJima_zps0f1c59a8

Ira Hayes est l’un des personnages centraux du très beau Mémoires de nos pères de Clint Eastwood. Ce GI issu d’une tribu indienne encore très traditionnelle a connu un destin tragique : engagé volontaire, il a connu l’horreur des combats sur l’île d’Iwo Jima, avant d’être immortalisé par l’une des plus célèbres photos de guerre, le montrant avec quelques camarades dressant un drapeau américain sur le plus haut sommet de l’île. La photo ayant fait le tour du monde, sa hiérarchie a décidé d’en faire un ambassadeur, une espèce de star chargée de faire une tournée pour appeler les Américains à aider financièrement l’effort militaire…

Plusieurs livres ont été consacrés à ce jeune Amérindien qui ne parviendra jamais à effacer ses fantômes, ce sentiment de culpabilité d’avoir joué un rôle de héros de pacotille pendant que ses camarades continuaient à mourir au front. Eastwood placera au cœur de son film cette « tournée » improbable, parenthèse hallucinante au cœur de l’horreur des combats, dont Ira Hayes n’est que l’un des maillons. Le film de Delbert Mann est entièrement consacré au destin du personnage.

En essayant d’aborder tous les enjeux de son parcours (son appartenance à une minorité en marge, sa jeunesse brisée, sa belle histoire d’amitié, et ce costume de héros qu’il refuse d’endosser), Delbert Mann tape un peu à côté : son film n’a pas la force de celui d’Eastwood. Mais il y a dans ce film une sincérité bouleversante. Et Tony Curtis, avec un maquillage qui ne suffit pas à le rendre totalement crédible en Indien, est assez formidable dans ce rôle pas facile, l’une des très belles prestations de sa carrière.

• Le DVD a été édité récemment dans la collection Universal Classics, sans bonus mais à petit prix.

 

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