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Archive pour le 7 août, 2014

La Révolte des Triffides (The Day of the Triffids) – de Steve Sekely – 1962

Posté : 7 août, 2014 @ 3:10 dans 1960-1969, FANTASTIQUE/SF, SEKELY Steve | Pas de commentaires »

La Révolte des Triffides

Bien rigolo, ce film fantastique made in Britain n’a rien à envier aux grands classiques américains du genre de l’époque. D’ailleurs, on pense beaucoup à des films comme La Guerre des Mondes (même genre de conclusion, qui remet l’homme à sa place au cœur de la nature), mais aussi à L’Invasion des profanateurs de sépulture. Plus surprenant : le film évoque aussi furieusement Les Oiseaux (notamment avec les gros plans de Janette Scott lors de la première attaque dans le phare, qui préfigure curieusement le « viol » de Tippi Hedren dans le grenier), alors que le chef d’œuvre d’Hitchcock n’est sorti que quelques semaines plus tôt.

Le film fait l’objet d’un petit culte auprès des grands amateurs du genre. On peut comprendre pourquoi : même si on s’amuse franchement devant certaines mimiques de comédiens un peu limites, même si certaines péripéties morbides font malheureusement sourire (le crash de l’avion de ligne dans un port, qui ne secoue même pas les bateaux voisins et ne déclenche qu’un maigre filet de fumée), il y a dans ce film une efficacité imparable, et une belle ambition dans le scénario, signé Philip Yordan.

Visuellement aussi, le film est ambitieux : cette invasion venue de l’espace, qui prend la forme de plantes carnivores géantes et mobiles et a plongé dans la cécité la majorité de la population, donne lieu à des séquences spectaculaires qui citent clairement les grandes catastrophes du 20ème siècle. Le spectre de la Seconde Guerre Mondiale, surtout, est omniprésent : Londres en flammes évoque des bombardements incessants, le Japon dévasté évoque Hiroshima, les personnages sont forcés à l’exode sur des routes pleines de dangers, notamment à travers une France où des villages entiers semblent désertés.

Méconnu du grand public, La Révolte des Triffides semble avoir inspiré pas mal de cinéastes des générations suivantes. John Carpenter surtout, qui reprendra l’isolement du phare et le brouillard menaçant dans Fog, et dont la créature de The Thing ressemblera aux fameux triffides. Un film important, donc…

• Le DVD du film vient de sortir chez Sidonis, dans une nouvelle collection « Classique science-fiction », avec en bonus un documentaire consacré au film et plus largement à la SF britannique.

Tesis (id.) – de Alejandro Amenabar – 1996

Posté : 7 août, 2014 @ 3:03 dans * Polars européens, 1990-1999, AMENABAR Alejandro | Pas de commentaires »

Tesis

Futur réalisateur du très efficace Les Autres et du très sous-estimé Agora, Alejandro Amenabar faisait des débuts très remarqués avec ce film franchement glaçant au thème pour le moins sordide : l’héroïne, interprétée par Anna Torent (vue dans Cria Cuervos), est une étudiante qui prépare une thèse sur la violence audiovisuelle, et qui découvre l’existence d’un réseau de snuff movies (des films mettant en scène de véritables meurtres) dans son université.

Amenabar n’a que 23 ans quand il réalise ce premier long métrage, et sa maîtrise est déjà impressionnante, même si le film aurait gagné à être un peu plus resserré. La première heure, trop longue, trop froide, trop maladroite même, peine à créer un véritable sentiment d’angoisse, qui s’installera véritablement dans la seconde moitié du film, avec une dernière demi-heure franchement terrifiante.

Tesis a marqué l’émergence d’une nouvelle génération pour un cinéma espagnol jusqu’alors moribond, dont le film se moque d’ailleurs gentiment : lorsqu’un professeur meurt en visionnant une cassette vidéo, un étudiant souligne qu’il regardait sûrement un film espagnol. Le film d’Amenabar a aussi inspiré tout un pan du cinéma d’angoisse des deux décennies à venir, pour des cinéastes qui rechercheront souvent à créer l’effroi à tout prix. Amenabar, lui, signe une mise en scène d’une discrétion surprenante, qui jamais ne souligne l’effet.

On a peur, bien sûr, mais c’est surtout un malaise sourd qui domine. D’autant plus que le cinéaste semble moins intéressé par la peur que par le trouble de son personnage, tiraillée entre dégoût et attirance. Sa relation avec les deux personnages masculins est fascinante : l’un, étudiant passionné par l’hyper-violence ; l’autre, bellâtre soupçonné d’être le meurtrier, mais terriblement attirant…

Et elle, incapable d’agir avec raison, se laissant aller à une attirance morbide et mortelle, à l’instar du Michael Douglas de Basic Instinct en quelque sorte. Un trouble qui atteint des sommets lorsque « ses » deux hommes finissent par s’empoigner et se battre, sans que l’on sache qui est le bon, qui est le mauvais. Une vision aussi troublante pour l’héroïne que pour le spectateur, qui n’en ressort pas vraiment indemne…

• Le film est redécouvert grâce à Carlotta, qui propose un DVD d’une belle tenue éditoriale, avec un long documentaire dans lequel Alejandro Amenabar revient sur sa première réalisation. Au menu également, quelques scènes coupées, et un making of avec des interviews d’époque.

La Planète des Vampires / Terreur dans l’espace (Terrore nello spazio) – de Mario Bava – 1965

Posté : 7 août, 2014 @ 2:59 dans 1960-1969, BAVA Mario, FANTASTIQUE/SF | Pas de commentaires »

La Planète des vampires

Premier film de science fiction « officiel » de Mario Bava (qui, apparemment, a déjà réalisé deux films du genre signé par d’autres : Le Danger vient de l’espace de Paolo Heusch et Caltiki de Ricardo Fredda, deux films dont Bava était le chef opérateur), La Planète des Vampires confirme le talent singulier d’un cinéaste qui sait tirer le meilleur parti de moyens souvent très réduits, dans les genres les plus divers.

La preuve : le film est tourné la même année que Duel au couteau, un film de viking sauvage et visuellement splendide, qui est l’une des plus grandes réussites de Bava. Décidément très en forme cette année-là, le cinéaste signe ici un véritable film culte, un peu grotesque à première vue, mais d’une efficacité assez redoutable.

Grotesque, parce que les costumes, les décors et les effets spéciaux évoquent le tout-venant de la SF américaine des années 50, ces minuscules budgets dont des réalisateurs très inégaux se tiraient avec plus ou moins d’imagination (souvent moins). Les premières images du film, d’ailleurs, laissent craindre le pire : le film commence dans une sorte de hangar dépouillé qui figure en fait l’intérieur d’un vaisseau spatial, où des voyageurs aux costumes improbables s’occupent comme ils peuvent devant des objets dont visiblement ils ne savent pas quoi faire…

Mais Bava a une vraie vision de cinéaste. Et il sait tirer le meilleur de ce qu’il a sous la main. Des décors en carton-pâte, il fait un environnement hostile en jouant sur la profondeur de champ et les différences d’échelles. De son budget trop contraignant, il fait un atout en jouant sur le hors-champs et l’imagination du spectateur.

Le résultat est un film parfois amusant, souvent effrayant, qui a très certainement inspiré Ridley Scott pour son Alien, dont la mythologie est une sorte de copier-coller de La Planète des Vampires. Mais ce n’est pas tout : la paranoïa omniprésente (les personnages sont-ils vraiment ce qu’ils prétendent être, ou sont-ils devenus les hôtes des créatures extraterrestres invisibles ?), digne descendante de classiques du genre comme L’Invasion des profanateurs de sépulture, semble aussi avoir largement inspiré Carpenter pour The Thing.

On ne criera pas au chef d’œuvre : cheap et bourré de clichés, La Planète des Vampires reste dans le domaine du cinéma bis. Mais c’est du bis culte et efficace, qui se voit avec un vrai plaisir.

• Le film fait partie de la nouvelle collection SF Vintage éditée chez Artus, grand dénicheur de raretés du cinéma de genre. En bonus notamment : une passionnante et érudite présentation par Alain Petit.

 

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