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Archive pour le 6 août, 2014

Le Démon s’éveille la nuit (Clash by night) – de Fritz Lang – 1952

Posté : 6 août, 2014 @ 1:27 dans * Films noirs (1935-1959), 1950-1959, LANG Fritz, RYAN Robert, STANWYCK Barbara | Pas de commentaires »

Le Démon s'éveille la nuit

Le début des années 50 n’est pas la période la plus connue de Lang. Les films qu’il tourne à cette époque sont pourtant, pour la plupart, de grandes œuvres noires qui explorent la face la plus sombre de l’humanité. L’Ange des maudits côté western, Règlement de comptes côté film noir, et souvent de grands rôles de femmes pleines de douleurs renfermées (Marlene Dietrich dans le premier, Gloria Grahame dans le second) évoluant dans des univers trop machistes et violents.

Barbara Stanwyck, dans Clash by night, s’inscrit clairement dans cette belle lignée, mais sans le filtre du film de genre. Encore que… Drame intime, portrait fascinant et terrifiant d’êtres rongés par la solitude, le film utilise constamment les codes du film noir. Dès le générique de début, plans dramatiques d’une mer déchaînée avec une musique anxiogène à souhait, on s’attend à ce que l’issue soit tragique, pour cette poignée de personnages à l’horizon étriqué.

Lang s’amuse à surprendre. Il s’évertue aussi à mettre à mal les beaux rêves véhiculés par ce cinéma hollywoodien dont il a toujours été un électron libre. En dehors de cette petite ville portuaire où revient Barbara Stanwyck après dix ans de rêves brisés, il n’y a point d’avenir. La vie de famille est une épreuve angoissante, que ne surpasse que la peur de vieillir seul. Finalement, le plus heureux est ce frère macho qui s’est trouvé une jolie blonde (ben oui, c’est Marilyn Monroe) gentiment soumise…

Mais le drame se noue autour d’un triangle amoureux totalement inattendu : Barbara Stanwyck, trop consciente d’être soumise à ses rêves d’aventures et de liberté ; Paul Douglas, force de la nature, homme trop bon, trop incapable de voir la face caché de ceux qui l’entourent ; et Robert Ryan, immense comédien qui trouve un nouveau très grand rôle, celui d’un sale type qui cache mal, derrière un comportement souvent odieux, une solitude qu’il ne supporte plus.

Le romantisme hollywoodien en prend un sacré coup ici. Pathétiques, parfois minables, ces personnages sont terribles. Lang ne leur épargne rien dans ce grand cri de désespoir, parsemé de quelques éclaircies bouleversantes. Une belle manière de célébrer le 1000ème film de ce blog…

Mad Dog and Glory (id.) – de John McNaughton – 1993

Posté : 6 août, 2014 @ 1:20 dans * Thrillers US (1980-…), 1990-1999, DE NIRO Robert, McNAUGHTON John | Pas de commentaires »

Mad Dog and Glory

Mad Dog and Glory fait partie de ces films qui, sur le papier, ne frappent pas vraiment l’esprit, mais pour lesquels une sorte de miracle s’est produit. Tout, absolument tout, fonctionne parfaitement dans cet OVNI qui n’est ni vraiment un polar, ni totalement une comédie, qui fait passer en trois secondes du rire le plus franc aux larmes les plus… humides.

DeNiro en flic… Rien de bien original a priori. Mais ce flic-là est un type transparent, un homme sans envergure, conscient de sa médiocrité, qui rêve à sa fenêtre du grand amour et regrette de ne pas être le grand flic héroïque et burné qu’il fantasme devant sa télé. Un solitaire qui passe à côté de sa vie et s’en rend parfaitement compte. Jusqu’à ce qu’il rencontre un faux comique mais vrai parrain de la mafia (Bill Murray, formidable) à qui il sauve la vie et qui lui offre la compagnie d’une jeune femme qu’il a sous sa coupe, Uma Thurman…

On n’attendait pas John McNaughton dans un tel registre : le réalisateur venait de se faire remarquer avec le fameux Henry, portrait of a serial killer, plongée glauque et hyper réaliste dans le mental d’un tueur en série. Le ton, ici, est radicalement différent. Pas vraiment léger : les trois personnages principaux sont tous confrontés à la brutalité et à l’hostilité du monde qui les entoure (chacun à sa manière), et la violence est bien réelle, dès la séquence d’ouverture. Mais on a là d’authentique innocents plongés dans un univers qui ne leur correspond pas. Même Bill Murray, finalement, qui finit par lancer un « regarde qui sont mes associés ! » qui en dit long sur sa propre solitude…

Surtout, perdus au beau milieu d’une faune de machos trop virils (voir la bagarre d’anthologie entre David Caruso et Mike Starr – « attention à la fenêtre en verre ! »), le couple Uma Thurman – Bob De Niro est absolument irrésistible. Et McNaughton parvient à saisir l’incroyable alchimie entre ces deux solitudes, notamment lors d’une séquence d’une fraîcheur bouleversante, celle de la première étreinte. D’abord gênée (« j’ai besoin de faire de l’exercice – Maintenant ? – Non, en général »), puis simplement maladroite. Mais d’une beauté réellement rare, bouleversant…

Le Lion des Mogols – de Jean Epstein – 1924

Posté : 6 août, 2014 @ 1:06 dans 1920-1929, EPSTEIN Jean, FILMS MUETS | Pas de commentaires »

Le Lion des Mogols

Collection La Cinémathèque française

Ce n’est ni le plus réussi, ni le plus personnel des films d’Epstein. Tourné pour le studio Albatros, Le Lion des Mogols en porte clairement la marque, avec un scénario très abracadabrant : un prince exotique forcé à l’exil qui se retrouve dans le Paris des années folles après une série de combats plus proche de la fantaisie du Voleur de Bagdad que du naturalisme des grands films bretons du cinéaste.

Pourtant, Epstein ne prend pas son film à la légère, même si Le Lion des Mogols n’est pas formellement le plus ambitieux de ses films. On a tout de même droit à quelques gros plans extraordinaires que Epstein place au cœur de son procédé : les gueules impossibles des premiers plans, la main ensanglantée du banquier qui tente d’agripper le téléphone… Il y a aussi une utilisation parfaitement maîtrisée du montage en tant que langage cinématographique.

Ivan Mosjoukine, grande star de l’époque, est assez formidable, son regard évoquant à la fois le trouble de cet exilé qui découvre un univers inconnu, et une certaine tristesse sans doute liée à la nostalgie de son pays.

Ce regard est particulièrement important dans la séquence de la boîte de nuit, lorsqu’il se saoûle alors que tout le monde danse autour de lui et que l’orchestre joue avec frénésie. Une longue séquence qui se poursuit par une virée en voiture à travers un Paris d’une beauté rare (en décors réels, avec la rue de Rivoli ou les Champs Elysées quasiment déserts…).

A côté de ces scènes parisiennes, les séquences « hindoues » tranchent d’une manière étonnamment abrupte : aux décors réels, Epstein préfère alors une vision presque fantasmée, faite de décors en carton-pâtes.

Ce mélange détonnant donne un film réjouissant et constamment étonnant, où le cinéaste s’amuse à changer de registre, passant du comique au nostalgique, de l’aventure au drame…

• Le film fait partie du formidable coffret DVD que Potemkine vient de consacrer à Jean Epstein. Indispensable.

 

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