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La Chute de la Maison Usher – de Jean Epstein – 1928

Classé dans : 1920-1929,EPSTEIN Jean,FANTASTIQUE/SF,FILMS MUETS — 12 juin, 2014 @ 14:25

La Chute de la maison Usher

De l’œuvre d’Edgar Allan Poe, Jean Epstein garde les motifs, ainsi que l’indique le générique de début : Sir Roderick Usher vit dans un manoir en reclus avec son épouse, dont il peint inlassablement le portrait. Un portrait si vivant qu’il semble peu à peu priver le modèle de sa propre vie. Alors que la jeune femme est au bord de la mer, le meilleur ami d’Usher arrive dans son recoin du monde…

Mais à la narration, le cinéaste préfère l’impression, le sentiment, le pur langage cinématographique. Plus conscient des possibilités de son art que la quasi-totalité de ses semblables (d’alors et depuis), Epstein utilise merveilleusement toutes les possibilités que lui offre le cinéma : des compositions de plan extraordinaires, une utilisation fascinante des décors, des effets de lumière ou des ralentis, qui créent l’ambiance si particulière du film.

Surtout, le cinéaste fait un usage d’une modernité incroyable du montage. Tantôt lent et presque évanescent, tantôt quasi-frénétique. Au début du film, il y a notamment cette scène où Sir Rodrick peint son modèle de femme, et chaque coup de pinceau sur le portrait, souligné par un montage au scalpel, donne l’impression qu’un fragment de vie est arraché à la jeune femme…

Cette mise en scène quasiment théorique souligne constamment l’obsession et la folie dévorante de Usher, et préfigure le génial Dracula de Coppola, avec 65 ans d’absence, autre grand film où les codes du film fantastique traditionnel (on pense au Nosferatu de Murnau lorsque le visiteur arrive aux abords du manoir, ou lorsqu’il découvre l’étrangeté angoissante de la situation) sont magnifiés par un langage cinématographique poussé à l’extrême de ses infinies possibilités.

Face à un tel laboratoire d’expériences filmiques, l’émotion pure reste un peu dans le placard, mais le résultat est une œuvre fascinante et hallucinogène. Une expérience que les autres adaptations de La Chute de la maison Usher (que signeront notamment Roger Corman en 1960 et Jess Franco en 1982) n’approcheront pas même de loin.

• Le film fait partie du formidable coffret de huit DVD consacré à Epstein et édité tout récemment chez Potemkine. Un peu cher, peut-être, mais indispensable pour découvrir l’extraordinaire richesse du cinéma de ce précurseur français.

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