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Maudite Aphrodite (Mighty aphrodite) – de Woody Allen – 1995

Classé dans : 1990-1999,ALLEN Woody — 1 juin, 2014 @ 18:12

Maudite Aphrodite

Décidément très en forme, Woody Allen, après son incursion dans l’Amérique de la prohibition, revient à ses principales interrogations : celles sur le couple et sa capacité à surmonter l’épreuve du temps et des tentations de la vie. C’est même tout le sujet du film, qui dévoile une facette encore nouvelle de l’esprit du cinéaste : certes torturé, mais aussi étonnamment léger et optimiste. C’est l’œuvre d’un réalisateur plus jeune que jamais, qui veut croire en l’amour éternel et en la famille : Maudite Aphrodite est l’un de ses films les plus apaisés.

Pas niais et simpliste pour autant : chez Allen, le chemin du bonheur n’est jamais droit et bien tracé. Il passe toujours par des mesquineries, des tromperies, des interrogations sur sa place dans la société, particulièrement difficile à trouver. Mais cette fois, dans le plus lelouchien de ses films, qui accorde une place primordiale à la musique (on sent, dans les interventions étonnantes de la conscience de Lenny/Woody qui prend la forme d’un « chœur antique » dirigé par F. Murray Abraham, que le cinéaste n’est pas loin de diriger enfin « sa » comédie musicale), Allen est d’humeur à accorder le happy end parfait à tous ses personnages, jusqu’aux plus anecdotiques.

Allen ne choisit pourtant pas la simplicité. Son personnage, marié à une femme belle et brillante (Helena Bonham Carter) qui le délaisse pour sa carrière, se laisse persuader d’adopter un enfant. Mais, comme dans toute tragédie (le genre auquel il se réfère pour mieux lui tordre le cou), il finit par céder à la pire des malédictions : l’obsession, celle de retrouver la mère biologique de cet enfant si formidable… Il la retrouve, et tombe de haut : c’est une bécasse, belle à damner, mais qui tourne des films de cul et se prostitue en rêvant d’une chimérique carrière d’actrice…

Dans le rôle de sa vie, Mira Sorvino est formidable, jouant admirablement la belle pas si idiote hantée par cet enfant qu’elle ne connaîtra jamais. Drôle de relation qui unit, sans qu’elle le sache, la mère qui a abandonné son enfant et l’homme qui l’a recueilli. Woody Allen a beau compliqué à l’extrême les relations entre ses personnages, leurs sentiments restent aussi simples que bouleversants : il y a, dans Maudite Aphrodite, des silences qui déchirent le cœur.

Il y a aussi des répliques irrésistibles (l’une des meilleures de sa filmographie, prononcée par Mira Sorvino qui offre un cadeau à Woody : « Tu ne veux pas une pipe, alors je t’ai pris une cravate »), et un mouvement envoûtant et unique, que résume parfaitement le chef de chœur dans la dernière réplique du film : « La vie est incroyable. Miraculeuse. Triste. Merveilleuse. » Tout comme le cinéma de Woody Allen…

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