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Archive pour le 30 avril, 2014

Le Dernier des Mohicans (The Last of the Mohicans) – de Maurice Tourneur et Clarence Brown – 1920

Posté : 30 avril, 2014 @ 1:51 dans 1920-1929, BROWN Clarence, FILMS MUETS, TOURNEUR Maurice, WESTERNS | Pas de commentaires »

Le dernier des Mohicans Tourneur

De toutes les adaptations du roman de Fenimore Cooper, celle-ci est sans doute la plus belle (avec celle de Michael Mann peut-être), un chef d’œuvre du muet que Tourneur co-réalise avec son associé de longue date Clarence Brown, sans doute chargé de la deuxième équipe. Deux grands noms au service d’une grande histoire de la culture populaire…

Sur fond de guerre entre les Anglais et les Français, dans l’Amérique de 1757, c’est une histoire d’amour impossible entre une blanche et un Indien. Trente ans avant la révolution de La Flèche brisée. La fille d’un officier britannique et le fils d’un chef Mohican se découvrent et tombent amoureux malgré le monde qui les sépare, et la violence qui les entoure.

Tourné en 1920, le film surprend aujourd’hui encore par sa modernité et son audace. Pour l’histoire d’amour bien sûr, mais aussi pour la manière d’appréhender la violence, filmée sans l’habituel fard hollywoodien. Tourneur filme notamment une longue séquence de massacre sans rien nous épargner : ni la sauvagerie des assaillants, ni les femmes tuées à coup de hache, ni même un bébé jeté comme un vulgaire sac… Plus inconcevable encore, dans un film américain (d’aujourd’hui en tout cas) : la violence touche même les animaux, avec un cheval tombé sous les flèches…

Tourneur signe aussi l’une des plus belles mises en scène de sa carrière. Jouant constamment de la profondeur de champ, il souligne l’inquiétante beauté de ses magnifiques décors naturels, qui semblent peser comme une sourde menace sur les personnages, parfois filmés comme de simples silhouettes au loin, cernées par le danger.

L’exceptionnel sens du cadre de Tourneur est éclatant, tout comme le soin qu’il apporte à l’éclairage, qui a fait sa réputation à Hollywood, où il était alors considéré comme l’un des plus grands cinéastes en activité (ce qu’on a un peu vite oublié en France). La lumière est ici tamisée par les arbres, la pluie ou les nuages. Elle met en valeur les visages, et surtout les regards, des personnages, notamment dans de belles scènes d’attente, entre deux accès de violence.

Dans le rôle du grand méchant, l’Indien traître par qui le malheur arrivera, Wallace Beery est assez formidable. Loin, très loin, de son habituel emploi de costaud au grand cœur, notamment dans d’innombrables films de catch (Flesh de John Ford, pour ne citer que le plus recommandable), il est effrayant, figure inoubliable de ce chef d’œuvre dur et inspiré.

• Le film fait partie du coffret « Hommage à Maurice Tourneur », consacré à la période muette du cinéaste, édité par Bach Films. Avec une belle image qui permet de réaliser la beauté des images de Tourneur. Fait plutôt rare chez cet éditeur, la musique d’accompagnement est une partition qui suit et souligne véritablement l’action du film, et pas une simple bande son collée au hasard sur l’image. Avec, en bonus, une présentation passionnée par Patrick Brion.

Sierra Torride (Two mules for Sister Sara) – de Don Siegel – 1970

Posté : 30 avril, 2014 @ 1:46 dans 1970-1979, EASTWOOD Clint (acteur), SIEGEL Don, WESTERNS | Pas de commentaires »

Sierra Torride

C’est un drôle de western que signe Siegel. Quelques mois avant d’offrir à Eastwood deux de ses rôles les plus marquants (Dirty Harry et le soldat mysogine des Proies), le réalisateur joue avec l’image que le films de Leone ont donné à son acteur.

Dès les premières images, la musique inoubliable de Leone affiche la parenté avec les westerns spaghettis. L’influence leonienne est constante, mais Siegel s’en amuse, prenant ses distances pour signer un film qui porte véritablement sa marque, notamment dans le soin des cadres. La séquence générique souligne ainsi l’ambition formelle du cinéaste, qui enchaîne les plans extraordinaires mettant en valeur la place de l’homme dans une nature belle et sauvage où les animaux sont au premier plan.

La première image du générique est particulièrement marquante : une silhouette en ombre chinoise qui se profile sur un crépuscule rougeoyant qu’Eastwood lui-même citera ouvertement au début et à la fin de son chef d’œuvre, Impitoyable, qu’il dédiera d’ailleurs à Siegel (ainsi qu’à Leone).

Formellement, la suite est plus inégale, avec toutefois quelques passages parfaitement réussis. Pas forcément les plus spectaculaires, comme l’attaque finale, qui étonne par ses parti-pris violents, et ses étonnants excès gores. Le plus beau plan, c’est un passage extrêmement simple : l’arrivée de Clint et Shirley dans un village, filmée par un très élégant panoramique qui accompagne les acteurs et passe sous un pont avant de s’ouvrir vers la vie du village.

Le cœur du film, sa seule raison d’être même, c’est l’improbable association du solitaire Hogan (Clint) avec une nonne mystérieuse qu’il sauve d’un viol collectif, jouée par la pétulante Shirley MacLaine. C’est à leurs face-à-face décalés qu’on doit les meilleures scènes du film, à cette confrontation de deux mondes que tout oppose.

Dès leur rencontre, cette opposition donne un ton unique au film : cette séquence où, sous un soleil assommant, la jeune femme décide d’enterrer comme il se doit les malfrats qui l’auraient tuer, devant un Hogan bien décidé à ne pas se laisser dicter sa conduite. Impassible, jusqu’à ce que la « sœur » se mette à bénir les tombes avec l’eau de sa gourde… La surprise de Clint, à ce moment, est irrésistible, comme les regards plein de désirs, mais résignés, qu’il porte sur sa jolie compagne de voyage.

Le film manque par moments de rythme, et le scénario semble parfois se limiter à une succession de scènes maladroitement rattachées les unes aux autres : la rencontre, puis les soldats, puis les Indiens, puis le train à faire dérailler… Autant de chapitres assez plaisants, mais reliés par une intrigue dont Siegel lui-même se désintéresse visiblement. Cette « cause » dont on parle constamment, le réalisateur s’en moque gentiment. Un rien cynique, il paraît adopter la philosophie de Hogan, entièrement basée sur les plaisirs simples de la vie. Ce qu’il nous fait espérer, ce n’est pas que les Juaristes s’imposent, mais que Hogan emballe la fille…

• Blue ray de bonne facture, mais sans le moindre bonus, chez Universal.

 

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