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RoboCop (id.) – de Paul Verhoeven – 1987

Classé dans : 1980-1989,FANTASTIQUE/SF,VERHOEVEN Paul — 26 mars, 2014 @ 14:50

Robocop

Plus de vingt-cinq ans après, et après deux suites indignes, une série télé grotesque, et un tout récent remake pas vu, ce RoboCop premier du nom a formidablement bien passé l’épreuve du temps. OK, l’aspect technologique a vieilli, forcément : ordinateurs et écrans appartiennent à un futur qui appartient au passé. Mais à part ces détails inhérents au genre, le premier grand succès américain du Hollandais Paul Verhoeven a gardé toute sa force et tout son impact.

Le cinéaste inaugure avec RoboCop une recette qu’il reprendra, en allant plus loin encore, dans Total Recall et surtout Starship Troopers, ses deux autres films de SF : un mélange de satire, de violence et de critique sociale ; et une manière unique d’utiliser les codes de la science fiction, d’y insuffler un étrange second degré, et d’en faire une charge contre le totalitarisme, le capitalisme et toutes les dérives des sociétés modernes.

Les films dérivés de ce petit classique n’en reprendront généralement que la trame : ce flic laissé pour mort qu’une société privée utilise pour le transformer en superflic, mi-homme, mi-machine, censé être dépourvu de toute émotion humaine et de tout souvenir de sa vie d’avant. Et surtout les possibilités spectaculaires d’un tel personnage.

Verhoeven, lui, privilégie la satire donc, en livrant une vision particulièrement sombre d’un Detroit qui n’a pourtant rien d’une cité du futur : une ville familière, glauque et rongée par la violence, mais sans les atours habituels de la SF. L’anticipation repose plus sur le modèle de société : la police a été confiée à une société privée qui brasse des sommes gigantesques qui lui donnent un pouvoir infini.

La satire est parfois proche de la caricature : les dirigeants de la société sont eux-mêmes des stéréotypes illustrant la dérive capitalise, et les extraits de journaux télévisés que l’on voit régulièrement (comme dans les deux autres films de SF de Verhoeven) ne font pas vraiment dans la dentelle.

Mais Verhoeven signe aussi un film intime : à la surenchère (le film est plutôt économe en rebondissements, et en action superflue), le cinéaste privilégie le portrait intime de ce flic normal à qui on a effacé toute identité, et qui se rebelle peu à peu contre cette hyper autorité aliénante. Il y a comme ça de beaux passages très émouvants : celle, surtout, où RoboCop tombe le masque et redevient Alex Murphy.

Mais la grande force du film, c’est cette manière d’associer l’intime, le spectaculaire et la grande violence. La mise en scène souligne constamment l’environnement menaçant dans lequel les personnages évoluent. Et la fameuse scène de l’exécution de Murphy est un passage traumatisant qui n’a rien perdu de sa force.

• A l’occasion de la sortie du remake, le RoboCop de Verhoeven vient d’être édité chez Fox dans un beau blue ray en coffret métal, riche en suppléments.

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