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All is lost (id.) – de J.C. Chandor – 2013

Classé dans : 2010-2019,CHANDOR J.C. — 22 janvier, 2014 @ 12:59

All is lost

2013 est une grande année pour Robert Redford. Lui qu’on n’avait plus vu depuis Lions et Agneaux en 2007 (il avait tout de même réalisé La Conspiration, sorti directement en vidéo) est revenu en grande forme avec un film dont il était la star et le réalisateur (le réussi Sous surveillace). Il est cette fois l’unique acteur de l’un des films les plus attendus de la fin d’année.

All is lost n’a pas eu le succès qu’il méritait. Sans doute victime de la comparaison avec Gravity. Il y a évidemment des points communs entre les deux films : deux survivals centrés sur un unique personnage perdu dans un milieu extrême. Dans les deux cas, les réalisateurs vont au bout de leur sujet, sans tricher : pas de flash-back, aucun moyen de s’extraire de de décor qui dévore tout. Mais là où Cuaron révolutionnait littéralement le langage cinématographique (comment l’Oscar du meilleur réalisateur pourrait-il lui échapper ?), Chandor opte pour une mise en scène proche du classicisme. Plus discrète, donc.

Pas moins efficace pour autant. En restant constamment au plus près de Redford, et de son visage marqué par les ans, dont les rides profondes suffisent à évoquer le passé obscur de ce navigateur solitaire, le réalisateur nous plonge dans ce cauchemar en pleine mer. Et qu’importe si le scénario multiplie jusqu’à l’excès les galères : l’important est le désespoir grandissant de cet homme dont les efforts constants pour rester à la surface ressemblent à de simples mouvements pour éloigne aussi longtemps que possible une mort qui semble certaine.

Mais on peut dire qu’il n’a pas de bol, Bob. D’abord, un container tombé d’un cargo qui éventre la coque. Puis, une tempête titanesque qui achève le mal fait au bateau. Et une autre tempête qui agite le canot de sauvetage. Et ces porte-containers qui passent sans le remarquer, ou sans vouloir perdre leur temps. Et la soif, la faim, les requins, le soleil, l’eau… jusqu’à un incendie.

Ce pourrait être trop, mais Chandor reste constamment dans la note juste. Comme Redford, dont le visage semble ne rien laisser paraître, mais dont le regard plus bleu que l’océan à perte de vue est une porte ouverte sur son âme. La séquence où il se décide à quitter son bateau pour le canot est bouleversante, juste grâce à ce regard qui en dit tellement sur la violence de ce geste de laisser le câble partir…

Jusqu’à la dernière image, saisissante, le film reste fascinant. Traumatisant voyage sans retour, portrait déchirant d’un homme qui se prépare difficilement à accepter sa propre mort.

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