Play it again, Sam

tout le cinéma que j’aime

En quatrième vitesse (Kiss me deadly) – de Robert Aldrich – 1955

Classé dans : * Films noirs (1935-1959),1950-1959,ALDRICH Robert — 31 décembre, 2013 @ 18:05

En quatrième vitesse

La première séquence est aussi mythique que la toute dernière image. Une route déserte, par une nuit noire. Une femme, nue sous son imperméable, court sur l’asphalte, visiblement paniquée, et tente d’arrêter les voitures qui passent. Elle se dresse alors au beau milieu de la route. Une belle voiture décapotable fait une embardée pour l’éviter. A bord : le héros, Mike Hammer, le détective imaginé par Mickey Spillane.

Drôle de héros, vraiment, qui essaie de redémarrer son moteur au plus vite pour éviter d’avoir à laisser cette femme entrer dans sa vie. Drôle de héros, qui se complait dans sa vie minable de privé spécialisé dans les divorces. Drôle de héros entouré de femmes folles de lui, mais qui évite soigneusement de laisser quiconque s’immiscer dans son intimité. Et qui martyrise un petit escroc avec un sourire incroyablement sadique… Ralph Meeker, dans le rôle, est absolument formidable.

Kiss me deadly est à l’image de tous les grands films d’Aldrich : un pont entre le cinéma classique des années 40, et celui de la relève qu’il annonce, celle de Frankenheimer ou Lumet. Ses films sont alors marqués par sa cinéphilie. On pense à Détour pour la rencontre avec cette mystérieuse jeune femme, et au Faucon maltais évidemment, pour cet objet dont on ne sait pas grand-chose mais pour qui on tue, beaucoup (et dont Tarantino livrera une version copié-collé dans son Pulp Fiction). Mais ils préfigurent aussi le Nouvel Hollywood dans la manière qu’a Aldrich d’utiliser le noir et blanc et les décors, quasiment abstraits, et dans sa manière de composer ses images, agressives et souvent désaxées, qui soulignent la menace diffuse que fait planer cette mystérieuse boîte de Pandore, au cœur de l’intrigue.

Dès le générique de début, qui défile à l’envers sur l’asphalte qui déroule, on comprend que ce film noir ne ressemblera pas aux autres. Très vite aussi, on pressent qu’il y a dans cette enquête que Hammer mène d’une manière assez classique, tirant un fil après l’autre, quelque chose de différent, menaçant, et presque surnaturel. Il est clairement question de la menace nucléaire ici, même si le sujet n’est jamais abordé frontalement.

Il y a dans ce film une atmosphère dérangeante, particulièrement choc. Dès ces pieds nus qui courent sur l’asphalte et les halètements que l’on entend sur le générique, Aldrich crée une tension incroyable, et fait naître le malaise. On n’en sortira plus, jusqu’à la scène finale, inoubliable.

• Voir aussi : Solo pour une blonde, autre film avec Mike Hammer, interprété par Mickey Spillane lui-même.

• Le film vient d’être édité chez Carlotta, avec une analyse toujours passionnante.

Pas de commentaire »

Pas encore de commentaire.

Flux RSS des commentaires de cet article.

Laisser un commentaire

 

Kiefer Sutherland Filmographie |
LE PIANO un film de Lévon ... |
Twilight, The vampire diari... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | CABINE OF THE DEAD
| film streaming
| inderalfr