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tout le cinéma que j’aime

Archive pour novembre, 2013

49ème Parallèle (49th Parallel) – de Michael Powell – 1941

Posté : 5 novembre, 2013 @ 12:29 dans 1940-1949, POWELL Michael, PRESSBURGER Emeric | Pas de commentaires »

49ème Parallèle (49th Parallel) – de Michael Powell – 1941 dans 1940-1949 49eme-parallele

L’effort de guerre, à Hollywood, a donné lieu à quelques grands moments de cinéma. Ford et Htchcock ont signé des chef d’œuvre dans ce cadre a priori très contraignant. Michael Powell, avec son complice Emeric Pressburger, réalise le plus étonnant de tous les films de propagande : une sorte de dix petits nègres dont les « héros » sont des soldats allemands perdus au Canada après que leur sous-marin a été coulé par un avion anglais.

C’est l’idée de génie de ce film d’une intelligence rare : faire des ennemis les personnages principaux, sur une terre cosmopolite qu’ils traversent, tentant de gagner les Etats-Unis encore neutres, et croisant la route de communautés qui pensaient échapper aux horreurs de la guerre dans ces terres si éloignées du vieux continent.

Chacune de ces rencontres est une séquence quasi-autonome, portée par l’apparition aussi marquante que brève d’une vedette : un village de pêcheurs reculé donne un rôle inattendu de trappeur canadien à Laurence Olivier ; Leslie Howard est formidable en Anglais BCBG qui voit la guerre le rattraper quand il s’y attend le moins ; Raymond Massey est un soldat frustré de ne pas pouvoir combattre… Le groupe de Nazis croise également la route d’une communauté d’Allemands ayant fuit le régime hitlerien, et se retrouve confronté à la colère de d’une foule qu’ils ne comprennent pas.

Toutes ces personnes, toutes ces communautés, seront confrontées d’une manière ou d’une autre à la violence aveugle du nazisme, à cette idéologie qui nie toute individualité. C’est une manière fine et percutante de démonter tout ce qui fait le IIIème Reich, et de lui opposer les peuples libres, dans toutes leurs diversités.

Scénario hors du commun (récompensé par un Oscar), mise en scène magnifique (et montage de David Lean)… Même la musique, signée Ralph Vaughan Williams, est exceptionnelle. 49ème Parallèle, œuvre de commande, est un chef d’œuvre à placer au côté des grandes réussites du tandem Powell-Pressburger.

• Carlotta vient d’éditer le film dans un beau DVD. En bonus, notamment, un moyen métrage méconnu du tandem Powell-Pressburger : The Volunteer.

Crime passionnel (Fallen Angel) – d’Otto Preminger – 1945

Posté : 4 novembre, 2013 @ 3:17 dans * Films noirs (1935-1959), 1940-1949, CARRADINE John, PREMINGER Otto | Pas de commentaires »

Crime passionnel (Fallen Angel) – d’Otto Preminger – 1945 dans * Films noirs (1935-1959) crime-passionnel

Crime passionnel a souvent été comparé avec Laura, le précédent film de Preminger, tourné quelques mois seulement avant avec le même acteur (Dana Andrews), le même chef-opérateur (Joseph LaShelle) et le même compositeur (Bernard Herrmann).

Mais ce nouveau film noir se démarque très nettement du film précédent. L’une des spécificités, qui peut paraître anecdotique mais qui ne l’est pas, c’est le décor : l’ambiance n’est pas urbaine cette fois, l’intrigue se déroulant dans une petite ville de province, en bord de mer, qui se résume à l’écran à un petit bar et une poignée de lieux clés.

Preminger joue avec les codes du film noir, avec ce loser pas vraiment magnifique qui tombe sous la coupe d’une femme fatale, jouée par Linda Darnell, dans un nouveau rôle de garce manipulatrice. Mais une manipulatrice de bas étage : il y a dans la femme fatale comme dans le « héros » du film une médiocrité étonnante. Elle n’est finalement qu’une paumée un peu salope sur les bords prête à coucher à quiconque lui apportera une bague au doigt et un foyer.

Lui se définit lui-même comme un raté, un type plein d’idées foireuses et sans le sou, prêt à tout pour un mariage qu’il sait condamné d’avance. Prêt à tout, même à séduire une jeune femme pleine de principe, et à l’épouser, dans le seul but de mettre la main sur son argent.

Il y a quelque chose de fascinant dans la manière qu’a Preminger de filmer la médiocrité de Dana Andrews. Cynique lorsqu’il met ses talents de beau parleur au service d’un « médium » qui affirme communiquer avec les proches disparus des habitants (un joli rôle pour John Carradine). Perdant tout amour-propre lorsqu’il cède à son attirance purement physique pour Linda Darnell : un désir qui vaut à Preminger un plan sublime, les visages des deux acteurs qui envahissent littéralement l’écran pour un premier baiser baigné d’ombre et ouvertement sexuel.

Immense, Dana Andrews ose jouer le minable détestable sans jamais rien faire pour tenter de rendre son personnage plus sympathique qu’il ne l’est. Pathétique, perdu, odieux, il est omniprésent ou presque dans ce film magnifiquement réalisé. Les sublimes travellings et la caméra qui semble envelopper les comédiens, dans des décors particulièrement réussis, créent une intimité presque dérangeante, et souligne le mal-être de ces personnages qui n’attendent plus grand-chose, se raccrochant à ce qu’ils ont, à ce qu’ils veulent, ou à ce qu’ils croient avoir.

Entre Laura et Mark Dixon détective, Crime passionnel est un jalon méconnu, mais majeur, de la collaboration entre Dana Andrews et Otto Preminger.

Y a-t-il un flic pour sauver le président ? (The Naked Gun 2 ½, the smell of fear) – de David Zucker, Jim Abrahams et Jerry Zucker – 1991

Posté : 4 novembre, 2013 @ 3:10 dans 1990-1999, ABRAHAMS Jim, ZUCKER David, ZUCKER Jerry | Pas de commentaires »

Y a-t-il un flic pour sauver le président ? (The Naked Gun 2 ½, the smell of fear) – de David Zucker, Jim Abrahams et Jerry Zucker – 1991 dans 1990-1999 y-a-t-il-un-flic-pour-sauver-le-president

On ne change pas une formule qui gagne. Cette suite reprend strictement les mêmes recettes que le premier Naked Gun. Et cette fois encore, le meilleur tient moins aux parodies de scènes cultes qu’à l’interprétation de Leslie Nielsen.

Le plus drôle, c’est le génial décalage de l’acteur, qui lance d’un air absorbé un étrange « I have to go… somewhere » alors que le chaos règne autour de lui. Sa manière de prendre toutes expressions au pied de la lettre, avec un naturel confondant (« Your coat, sir – Yes, it’s mine, and I have the receipt to prove it. ») et son air continuellement surpris face à ses propres maladresses, auxquelles le nounours George Kennedy apporte un contrepoint parfait : « La flotte est de l’autre côté, Frank », souligne-t-il après que Drebin a plongé sur le béton du quai.

Les films de ZAZ auront lancé un nouveau genre, un comique burlesque régressif dont Leslie Nielsen restera le meilleur interprète. Mais pas grand-chose à sauver des dizaines de films qui suivront (souvent avec Nielsen), qui se résumeront le plus souvent à des successions plus ou moins drôles de grandes scènes du cinéma mondial. Les deux premiers Naked Gun restent, avec Y a-t-il un pilote dans l’avion ? les chefs d’œuvre du genre.

• La trilogie Y a-t-il un flic… ? vient de sortir dans un coffret blue ray de bonne tenue, mais sans bonus, chez Paramount.

Y a-t-il un flic pour sauver la reine ? (The Naked Gun) – de David Zucker, Jim Abrahams et Jerry Zucker – 1988

Posté : 4 novembre, 2013 @ 3:05 dans 1980-1989, ABRAHAMS Jim, ZUCKER David, ZUCKER Jerry | Pas de commentaires »

Y a-t-il un flic pour sauver la reine ? (The Naked Gun) – de David Zucker, Jim Abrahams et Jerry Zucker – 1988 dans 1980-1989 y-a-t-il-un-flic-pour-sauver-la-reine

Dans Y a-t-il un pilote dans l’avion ? et sa suite, Leslie Nielsen, comédien de seconde zone jusqu’alors sérieux et surtout connu pour son rôle dans le culte Planète interdite, renaissait tardivement aux yeux du public en dévoilant un génie comique rare qui n’était pas sans évoquer celui de Peter Sellers, en plus régressif et avec un réjouissant mélange de délire absolu et de fausse dignité.

Il n’était alors qu’un second rôle, mais on ne voyait que lui… Les créateurs du film, les fameux ZAZ (David Zucker, Jim Abrahams et Jerry Zucker) feront ensuite de lui le héros d’une série télé très fugitive (Police Squad, six épisodes seulement, avant d’être déprogrammée), qui a rapidement fait l’objet d’un petit culte posthume. Dans cette parodie déjantée des séries policières des années 70 et 80, Nielsen interprète le lieutenant Frank Drebin, flic idiot, gaffeur et incroyablement sûr de lui, qui enchaîne les catastrophes sans même s’en rendre compte.

Ce Naked Gun est l’adaptation cinéma de la série. Les seconds rôles changent (les collègues de Drebin sont désormais interprétés par un George Kennedy génialement ahuri et un O.J. Simpson d’après sa carrière de footballeur et d’avant sa carrière de criminel médiatique), mais Leslie Nielsen reste.

L’histoire est débile, forcément, mais cette débilité est totalement assumée, les ZAZ poussant la parodie et le burlesque aussi loin que possible, souvent dans le mauvais goût : la scatologie est un sujet qui revient régulièrement, tout comme les allusions sexuelles (« quelle jolie fourrure ! »). La recette, à première venue, est la même que celle des dizaines de comédies lourdingues que Leslie Nielsen enchaînera désormais jusqu’à sa mort. Mais d’où vient que ce Y a-t-il… ? reste aussi drôle, aujourd’hui encore ?

Du fait, sans doute, que Nielsen est le sujet même du film, et pas les parodies de grands succès, que se contenteront d’enchaîner les films qui tenteront de reprendre la recette. Ces parodies, d’ailleurs, sont loin d’être les scènes les plus réussies du film.

• La trilogie Y a-t-il un flic… ? vient de sortir dans un coffret blue ray de bonne tenue, mais sans bonus, chez Paramount.

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