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Archive pour le 17 novembre, 2013

Woody et les robots (Sleeper) – de Woody Allen – 1973

Posté : 17 novembre, 2013 @ 4:48 dans 1970-1979, ALLEN Woody, FANTASTIQUE/SF | Pas de commentaires »

Woody et les robots (Sleeper) – de Woody Allen – 1973 dans 1970-1979 woody-et-les-robots

Après la douteuse récréation de Tout ce que vous avez toujours voulu savoir…, Woody Allen signe une sorte de remake futuriste de Bananas, où son personnage, cette fois cryogénisé et réveillé 200 ans plus tard, est impliqué malgré lui dans une révolution qui n’a de sens pour lui que pour séduire LA femme.

La femme en l’occurrence, c’est Diane Keaton, pour son premier rôle dans un film d’Allen. L’actrice, qui sortait du premier Parrain, se révèle d’emblée comme le parfait pendant féminin du personnage de Woody Allen. La complicité entre ces deux-là est parfaite, et c’est de cette complicité que viennent les meilleurs moments du film.

Le passé de gagman de l’acteur-réalisateur est encore très palpable : Sleeper tire encore énormément vers le pur burlesque, et son personnage a encore quelque chose de très chaplinesque. Mais il y a dans ce film plein d’excès une sorte de parenthèse qui annonce les grandes heures à venir du cinéma allenien : un simple dialogue sur les marches d’un escalier.

Comme si la clarinette qu’il avait à la main dans cette scène lui permettait soudain de révéler sa vraie nature, face à une Diane Keaton très complice. C’est dans ce moment de magie, sensible et délicat, qu’arrive le meilleur dialogue du film, celui qui évoque le plus le génie d’Allen : « C’est dur d’imaginer que tu n’as pas fait l’amour depuis 200 ans – 204 si tu comptes mon mariage. »

Contrairement au film précédent, Allen apporte une attention inédite à son scénario, parfaitement construit et émaillé de dialogues brillants : « Mon cerveau ! Mais c’est mon deuxième organe préféré ! ». Et lorsqu’il comprend que la banale opération pour laquelle il avait été hospitalisé en 1973 a mal tourné : « Je savais que c’était trop beau : je m’étais garé à côté de l’hôpital. »

Woody Allen, cependant, est encore plus un homme de mots qu’un homme d’images. Gagman efficace, scénariste brillant, interprète formidable, il semble n’accorder de réel intérêt à la mise en scène que lors de brefs passages, en particulier une courte scène en ombres chinoises entre Diane Keaton et lui. Mais il faudra attendre les films suivants pour s’en mettre un peu plus sous la dent…

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le sexe [sans jamais oser le demander] (Everything you always wanted to know about sex [but were afraid to ask]) – de Woody Allen – 1972

Posté : 17 novembre, 2013 @ 11:22 dans 1970-1979, ALLEN Woody, CARRADINE John | Pas de commentaires »

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le sexe [sans jamais oser le demander] (Everything you always wanted to know about sex [but were afraid to ask]) – de Woody Allen – 1972 dans 1970-1979 tout-ce-que-vous-avez-toujours-voulu-savoir-sur-le-sexe

Plus encore que Bananas, son précédent film (dans lequel le génie allenien affleurait déjà à travers quelques aphorismes), Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le sexe porte l’empreinte du Woody Allen première époque : le gagman et l’homme de stand-up.

Le film est une succession de six sketchs inspiré à Allen par le livre à succès du docteur David Reuben, dont il se moque gentiment. Le seul fil conducteur : le sexe, sous tous ses aspects. Et pas forcément avec l’approche la plus fine. Woody lui-même semble plus désireux de peaufiner un personnage vaguement inspiré de Chaplin et de Groucho Marx, que d’écrire des dialogues qui font mouche. Pas grand-chose à se mettre sous la dent, de ce côté-là.

Pas non plus la peine de chercher une quelconque émotion : Allen joue clairement la carte du grand n’importe quoi. Le résultat est pour le moins inégal, se révélant parfois pénible, comme dans cette parodie de film d’horreur où John Carradine est une sorte de Frankenstein du sexe, et où Woody doit affronter un sein gigantesque qui menace la ville comme l’araignée géante de Tarantula

Gênante aussi, cette parodie de jeu télévisé où de vieux messieurs dévoilent leurs perversions sexuelles face à la caméra. Où cet autre sketch racontant l’histoire d’amour entre un médecin bien marié et un mouton. Au moins Gene Wilder est-il formidable dans ce rôle impossible.

Le premier sketch, finalement, est le plus réussi : Allen, en bouffon du roi, tente de forcer la ceinture de chasteté de la reine. Du pur burlesque, plutôt efficace. C’est là aussi que l’on trouve ce qui ressemble le plus à l’aspiration d’un autre cinéma : une citation inattendue de shakespeare par un Woodu Allen ouvertement clownesque.

Ailleurs, on le retrouve en amant italien cherchant désespérément à faire jouir sa femme (plutôt pas mal), et surtout en spermatozoïde se préparant pour l’éjaculation. A défaut d’être particulièrement drôle ici, Woody Allen s’amuse…

Bananas (id.) – de Woody Allen – 1971

Posté : 17 novembre, 2013 @ 11:09 dans 1970-1979, ALLEN Woody, STALLONE Sylvester | Pas de commentaires »

Bananas (id.) – de Woody Allen - 1971 dans 1970-1979 bananas

Avec cette deuxième réalisation (la troisième, si on tient compte du bidouillage de Lily la Tigresse), Woody Allen n’est pas encore un grand cinéaste, loin s’en faut. A vrai dire, il n’est tout simplement pas un authentique cinéaste : son film est une extension sur grand écran de ce qu’il faisait en tant que gagman et showman pour la télévision. Il y a encore beaucoup de gags faciles qui émaillent ce Bananas filmé un peu n’importe comment, et ce n’est assurément pas ce qu’il y a de plus réussi ici.

Mais entre les effets comiques un peu lourdingues, se dessinent le Woody Allen en devenir. Celui qui se confie à sa psy : « Je me rappelle qu’enfant j’avais volé un livre porno écrit en braille. Je caressais les passages cochons. » Celui qui utilise les mots comme des  séducteurs plus virils leurs bras : voulant séduire une hippie avide de grandes causes, il lance un très allenien « j’adore la lèpre ».

Il faut accepter de se laisser embarquer dans cette improbable histoire d’un Juif new-yorkais qui devient par hasard un maillon important d’une révolution dans un petit pays d’Amérique du Sud qui ressemble étrangement à Cuba. Pas pour les images d’un Allen encore très approximatifs en tant que formaliste. Pas vraiment non plus pour le cinéaste, qui flirte du côté du Lelouch version L’Aventure c’est l’aventure. Mais pour le personnage de Woody Allen, déjà là dans ses grandes lignes, et à travers quelques répliques lapidaires.

Le cinéaste se cherche, c’est indéniable. Dès sa première apparition, testant une étrange machine destinée à muscler les travailleurs sur leurs postes de travail, Allen reconnaît en Chaplin (celui des Temps modernes) l’un de ses modèles. Son personnage est d’ailleurs encore marqué par l’influence du burlesque, comme dans cette petite séquence du métro, muette, où le fluet Woody est confronté à deux mauvais garçons (dont l’un est interprété par le jeune et inconnu Sylvester Stallone). Mais c’est quand il crée son propre personnage, plus inspiré par Groucho Marx ou W.C. Fields, quand il fait du Woody Allen en somme, qu’il est le plus drôle, et le plus moderne.

 

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