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Archive pour le 8 novembre, 2013

117 bis Grande Rue (Menschen untereinander) – de Gerhard Lamprecht – 1926

Posté : 8 novembre, 2013 @ 7:31 dans 1920-1929, FILMS MUETS, LAMPRECHT Gerhard | Pas de commentaires »

117 bis Grande Rue (Menschen untereinander) – de Gerhard Lamprecht – 1926 dans 1920-1929 117-bis-grande-rue

Les destins croisés des locataires d’un immeuble anonyme de Berlin. A travers ces portraits passionnants, ces petites histoires intimes, légères ou dramatiques, c’est un portrait de la société allemande de l’entre-deux-guerres, de la république de Weimar, marquée par les difficultés (financières notamment), mais aussi un certain espoir.
Le film sombre parfois dans le plus profond tragique, mais Lamprecht adopte une vivacité et un optimisme qui réchauffent le cœur.

Les « cas » qu’il présente sont pourtant lourds, pour certains : dans cet immeuble cohabite le mari (Alfred Abel, grande figure langienne) et le père d’une jeune femme emprisonnée pour avoir tué involontairement un homme, et qui accouche derrière les barreaux. Un vrai tire-larme que Lamprecht filme au plus près des protagonistes, sans jamais en rajouter côté pathos. Plutôt que de faire grincer les violons, il souligne l’aspect individualiste et égoïste de cette société, où la seule relation qui semble trouver grâce à ses yeux est celle d’un père ou d’une mère avec son enfant.

Les autres habitants de l’immeuble apportent un vent de fraîcheur, parfois très relatif : la concierge joue les commères avec une locataire, la jeune sœur de la prisonnière flirte avec le fils d’une veuve, un vieux prof de piano sans le sou trouve un « ange gardien » qui lui ouvre de nouveaux horizons, une locataire joue les entremetteuses, tandis que la propriétaire se laisse séduire par un aventurier qui la dépouillera de tous ses biens…

Lamprecht passe avec un bonheur rare de la tragédie à la comédie, dans un même mouvement, et sans jamais s’éloigner des locataires de cet immeuble. Il y a de la vie dans cet immeuble, et dans ce film passionnant, d’une grande justesse de ton.

End of watch (id.) – de David Ayer – 2012

Posté : 8 novembre, 2013 @ 7:27 dans * Thrillers US (1980-…), 2010-2019, AYER David | Pas de commentaires »

End of watch (id.) – de David Ayer – 2012 dans * Thrillers US (1980-…) end-of-watch

Scénariste de Training Day et réalisateur de Au bout de la nuit, polar urbain co-écrit par James Ellroy, David Ayer poursuit dans la même veine avec ce End of Watch, qui part d’un part-pris original et audacieux : suivre le quotidien mouvementés de deux flics du LAPD, dans un quartier particulièrement difficile, à travers des caméras embarquées ou des images de vidéo-surveillance.

Il ne faut pas plus de dix minutes pour réaliser que ce postulat gène Ayer plutôt qu’il ne l’inspire. Il ne lui faut pas longtemps pour ne plus même tenter de donner le change : même si, visuellement, Ayer tient son cap, ne proposant que des images qui semblent effectivement sorties de caméras embarquées, le réalisateur se défait rapidement de toute contrainte de cadrage. De temps à autres, il glisse bien une caméra dans le cadre, mais le choix des cadres n’est clairement dicté que par de pures contraintes d’efficacité.

Et côté efficacité, il faut reconnaître que David Ayer frappe très, très fort. Une fois passé l’agacement lié aux choix visuels, cette plongée dans les bas fonds de L.A. est réellement bluffante. L’aspect documentaire du film n’est qu’une façade : il arrive davantage de péripéties à ces deux flics en quelques jours qu’à leurs vrais collègues en une décennie. Mais le scénario est aussi sombre qu’intelligent, et Ayer sait donner un souffle tragique à son film, parsemé d’éclairs de violence qui tétanisent tant ils paraissent réalistes.

Le cinéaste sait créer une tension. Il sait aussi diriger ses acteurs : Jake Gyllenhaal et Michael Pena, loin d’être prisonniers des contraintes formelles, sont extraordinaires en flics ordinaires, ni héroïques ni lâches, ni parfaits ni pourris. Des agents en uniformes qui patrouillent toute la journée, et sont confrontés à ce que l’humanité fait de plus bas. Il y a des passages bouleversants dans ce faux docu, à commencer par la découverte de deux gamins attachés dans un placard par des parents défoncés.

Les deux flics révèlent peu à peu leurs fêlures, et leur humanité. Leurs virées nocturnes et diurnes n’en deviennent que plus tendues, et plus émouvantes…

• DVD chez Metropolitan, avec une poignée de scènes coupées et des commentaires audios du réalisateur.

Le Grand Saut (Der Grosse Sprung) – de Arnold Fanck – 1927

Posté : 8 novembre, 2013 @ 10:54 dans 1920-1929, FANCK Arnold, FILMS MUETS | 3 commentaires »

Le Grand Saut (Der Grosse Sprung) – de Arnold Fanck - 1927 dans 1920-1929 le-grand-saut

On connaît Leni Riefenstahl, la cinéaste officielle du IIIème Reich, réalisatrice des Dieux du Stade. Mais avant d’être la protégée d’Hitler, la jeune femme était une actrice vedette de la UFA, l’interprète d’une série de films de montagne (souvent réalisés par Arnold Fanck) dont ses capacités physiques et sa vitalité étaient les principaux atouts.

L’histoire de ce Grand Saut, honnêtement, n’a strictement aucun intérêt : Leni Riefenstahl y interprète une jeune bergère des Dolomites, qui doit choisir entre un prétendant du cru, montagnard brut de décoffrage, et un étranger, riche homme d’affaire venu de la ville venu trouver un nouveau souffle dans cette nature hostile, terrain de jeu idéal pour des exploits physiques impressionnants (gravissement de pics rocheux, descentes à skis…).

Divisé en huit actes dramatiques, le scénario ne laisse guère de place à la surprise. Mais il y a une telle vivacité dans la mise en scène, une telle fraîcheur dans les rapports humains, qu’on se laisse emporter par cette histoire émaillée d’exploits physiques. Dès le premier acte, on assiste ainsi à une tentative de séduction sur un piton rocheux particulièrement abrupte que la belle et le montagnard gravissent un grand sourire aux lèvres, apparemment sans trucage.

Le film ne se prend jamais au sérieux, avec un humour parfois burlesque (une chèvre qui dévale une montagne à ski, un costume de bibendum), l’utilisation d’images projetées à l’envers ou au ralenti… Un plaisir de cinéma simple, dénué de toute arrière pensée idéologique, et diablement efficace.

 

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