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La Princesse de Montpensier – de Bertrand Tavernier – 2010

Classé dans : 2010-2019,TAVERNIER Bertrand — 7 novembre, 2013 @ 10:44

La Princesse de Montpensier – de Bertrand Tavernier – 2010 dans 2010-2019 la-princesse-de-montpensier

Entre son précédent film (le sublime Dans la brume électrique), adaptation de James Lee Burke, et celui-ci, adaptation de Madame de Lafayette, Tavernier semble faire le grand écart. Mais il y a un trait commun entre ces deux films : la passion du cinéaste pour le cinéma de genre. Amoureux du cinéma américain, le Français a trouvé son Ouest sauvage à lui dans le film en costume, genre en soi auquel il revient régulièrement, l’équivalent pour le vieux continent de la conquête de l’Ouest.

Avec cette  histoire d’une jeune femme avide d’amour et de liberté, Tavernier signe l’un de ces portraits de femmes en rupture avec leur époque qui habitent sa filmographie. C’est le destin de Mlle Mézières (Mélanie Thierry, formidable), contrainte d’épouse le prince de Montpensier (Grégoire Leprince-Ringuet, émouvant et troublant) mais amoureuse du Duc de Guise (fougueux Gaspard Ulliel). Un triangle amoureux qui se déroule dans une France tiraillée par les guerres religieuses.

La reconstitution d’époque est superbe. Pourtant, le film est très intime, avec des personnages qui comptent plus que tout. Tout sonne constamment juste, les pierres ne font pas toc, la langue a des accents désuets mais est portée par de grands comédiens. Colères, jalousie, double jeu… ce sont les alcôves de la Cour que Tavernier présente avec un certain cynisme. Pas besoin de grands moyens pour faire ressentir l’esprit de l’époque. Ainsi, la séquence du massacre de la Saint-Barthélémy est étonnamment modeste. Une poignée de figurants seulement, deux ou trois ruelles, mais un sentiment de violence et d’absurdité imparables.

Aux fastes de la reconstitution, Tavernier privilégie les destins personnels, secoués par l’Histoire et par l’époque. Cette princesse de Montpensier est un personnage taillé pour le cinéaste, le pendant tragique de la fille de D’Artagnan : une féministe avant l’heure, qui tout en jouant la partition qu’on attend d’elle (elle épouse un homme qu’elle n’a pas choisit, et essaye honnêtement de tenir sa place d’épouse obéissante), ne peut accepter de brader sa liberté. Une amoureuse qui préfère se sacrifier plutôt que de se vendre…

Grand directeur d’acteurs (ce n’est pas une nouveauté), Tavernier offre aussi l’un de ses meilleurs rôles à Lambert Wilson, exceptionnel et charismatique comme jamais en « sage » hanté par la violence de l’époque, à laquelle il a lui-même participé longuement avant de prendre conscience de l’absurdité d’une guerre religieuse aveugle.

C’est la guerre en tant que principe de société que le film dénonce. Avec une force d’autant plus grande que cette guerre, les oppositions des différents clans, les logiques politiques, restent très abstraits. Les combats, magnifiquement filmés et d’une brutalité qui fait mal, soulignent un peu plus l’absurdité de la guerre.

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