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Archive pour le 7 novembre, 2013

House of Cards, saison 1 (id.) – série créée par Beau Willimon, réalisée par David Fincher, James Foley, Joel Schumacher, Charles McDougall, Carl Franklin et Allen Coulter – 2013

Posté : 7 novembre, 2013 @ 10:51 dans 2010-2019, COULTER Allen, FINCHER David, FOLEY James, FRANKLIN Carl, McDOUGALL Charles, SCHUMACHER Joel, TÉLÉVISION, WILLIMON Beau | Pas de commentaires »

House of Cards, saison 1 (id.) – série créée par Beau Willimon, réalisée par David Fincher, James Foley, Joel Schumacher, Charles McDougall, Carl Franklin et Allen Coulter – 2013 dans 2010-2019 house-of-cards-1

David Fincher fait ses débuts sur petit écran avec cette adaptation d’une série anglaise, qu’il produit. Bien plus que la plupart des autres grands cinéastes s’étant essayé à la série TV (Michael Mann, Steven Spielberg, Martin Scorsese…) ; Fincher pose son empreinte sur ce chef d’œuvre télévisuel, grand moment hyper-addictif dont il pose les base visuelles en en réalisant les deux premiers épisodes.

On sent immédiatement la patte du réalisateur de Social Network, avec cette image glacée et élégante, et ces textos qui s’affichent sur l’écran avec une fluidité étonnante. Son obsession pour la mécanique du Mal, aussi, avec ce portrait d’un congressman frustré de ne pas avoir obtenu le poste qu’on lui avait promis, et qui va mettre tout son talent en œuvre pour entraîner la chute de ceux qui l’ont trahi, et pour atteindre lui-même le sommet. Quel qu’en soit le prix.

Kevin Spacey, le tueur en série de Seven, retrouve Fincher pour ce rôle hallucinant, auquel il apporte un cynisme (qu’il partage régulièrement pour des apartés face caméra) et une profondeur hors du commun. Frank Underwood est un héros hyper-charismatique.

C’est surtout un monstre total, qui connaît tous les secrets de Washington et sait s’en servir, comme il se sert de tous ceux qui l’entourent, quelles qu’en soient les conséquences. Des conséquences souvent désastreuses pour des dizaines, voire des centaines de personnes, victimes des manigances des politiciens, mais dont on ne verra rien ou presque : jamais on ne sort des alcôves de Washington.

Underwood est un salaud manipulateur, et un type tellement brillant qu’il en devient glaçant. Mais la force de la série est de ne pas en faire un être monolithique. A ses côtés, sa femme (Robin Wright, exceptionnelle également), avec qui il a une relation étonnante, à la fois complice, partenaire et confidante. Ces deux-là n’ont à peu près aucune limite et sont d’autant plus inquiétants qu’ils se complètent. Mais au contact l’un de l’autre, ils gagnent aussi une humanité inattendue.

Tout est-il si pourri dans cet univers ? Il y a bien quelques lueurs d’espoirs, mais qui se heurtent à la maladie la plus répandue dans ce monde : l’ambition et la soif de pouvoir. Il y a cette jeune journaliste prête à tout pour décrocher les scoops qui la feront sortir de l’anonymat, et ce congressman tiraillé par ses démons qui se voit comme un type bien mais n’en a pas la force…

En treize épisodes d’une cohérence parfaite (même les deux réalisés par Joel Schumacher qui, containts par les bases posées par Fincher, signe ses meilleures réalisations !), House of Cards s’impose comme l’une des meilleures séries de ces dernières années. Un château de cartes édifié sur le sang et sur les larmes, qui ne demande qu’à être balayé… L’attente de la saison 2 risque d’être longue !

• Quatre DVD pour cette géniale première saison, à découvrir dans un coffret édité chez Sony.

La Princesse de Montpensier – de Bertrand Tavernier – 2010

Posté : 7 novembre, 2013 @ 10:44 dans 2010-2019, TAVERNIER Bertrand | Pas de commentaires »

La Princesse de Montpensier – de Bertrand Tavernier – 2010 dans 2010-2019 la-princesse-de-montpensier

Entre son précédent film (le sublime Dans la brume électrique), adaptation de James Lee Burke, et celui-ci, adaptation de Madame de Lafayette, Tavernier semble faire le grand écart. Mais il y a un trait commun entre ces deux films : la passion du cinéaste pour le cinéma de genre. Amoureux du cinéma américain, le Français a trouvé son Ouest sauvage à lui dans le film en costume, genre en soi auquel il revient régulièrement, l’équivalent pour le vieux continent de la conquête de l’Ouest.

Avec cette  histoire d’une jeune femme avide d’amour et de liberté, Tavernier signe l’un de ces portraits de femmes en rupture avec leur époque qui habitent sa filmographie. C’est le destin de Mlle Mézières (Mélanie Thierry, formidable), contrainte d’épouse le prince de Montpensier (Grégoire Leprince-Ringuet, émouvant et troublant) mais amoureuse du Duc de Guise (fougueux Gaspard Ulliel). Un triangle amoureux qui se déroule dans une France tiraillée par les guerres religieuses.

La reconstitution d’époque est superbe. Pourtant, le film est très intime, avec des personnages qui comptent plus que tout. Tout sonne constamment juste, les pierres ne font pas toc, la langue a des accents désuets mais est portée par de grands comédiens. Colères, jalousie, double jeu… ce sont les alcôves de la Cour que Tavernier présente avec un certain cynisme. Pas besoin de grands moyens pour faire ressentir l’esprit de l’époque. Ainsi, la séquence du massacre de la Saint-Barthélémy est étonnamment modeste. Une poignée de figurants seulement, deux ou trois ruelles, mais un sentiment de violence et d’absurdité imparables.

Aux fastes de la reconstitution, Tavernier privilégie les destins personnels, secoués par l’Histoire et par l’époque. Cette princesse de Montpensier est un personnage taillé pour le cinéaste, le pendant tragique de la fille de D’Artagnan : une féministe avant l’heure, qui tout en jouant la partition qu’on attend d’elle (elle épouse un homme qu’elle n’a pas choisit, et essaye honnêtement de tenir sa place d’épouse obéissante), ne peut accepter de brader sa liberté. Une amoureuse qui préfère se sacrifier plutôt que de se vendre…

Grand directeur d’acteurs (ce n’est pas une nouveauté), Tavernier offre aussi l’un de ses meilleurs rôles à Lambert Wilson, exceptionnel et charismatique comme jamais en « sage » hanté par la violence de l’époque, à laquelle il a lui-même participé longuement avant de prendre conscience de l’absurdité d’une guerre religieuse aveugle.

C’est la guerre en tant que principe de société que le film dénonce. Avec une force d’autant plus grande que cette guerre, les oppositions des différents clans, les logiques politiques, restent très abstraits. Les combats, magnifiquement filmés et d’une brutalité qui fait mal, soulignent un peu plus l’absurdité de la guerre.

Plein soleil – de René Clément – 1960

Posté : 7 novembre, 2013 @ 10:41 dans * Polars/noirs France, 1960-1969, CLÉMENT René | Pas de commentaires »

Plein soleil – de René Clément – 1960 dans * Polars/noirs France plein-soleil

Le film qui a fait exploser Delon. Encore peu connu à l’époque (c’est en voyant ce film que Visconti s’est pris de passion pour lui, lui offrant Rocco et ses frères), il est de toutes les scènes, présence animale dont le comportement fascine autant qu’il dérange.

C’est quand il est seul à l’écran que la mise en scène de René Clément est la plus inspirée, comme si son seul magnétisme guidait la caméra. La première partie assume l’influence de la Nouvelle Vague. C’est, visuellement en tout cas, la moins intéressante du film : Clément cherche son style, et ces premières minutes paraissent un peu datées aujourd’hui. Il y a là aussi une courte apparition (muette) de Romy Schneider, qui dévore Delon des yeux. Une simple apparition pour l’ex-interprète de Sissi, venue rendre visite à son fiancé d’alors sur le tournage du film.

Heureusement, les acteurs sont fascinants, et la relation entre Maurice Ronet et Alain Delon est parfaitement trouble. Le premier, enfant riche et gâté, se joue de son « ami » venu le chercher en Italie à la demande de son père, prenant plaisir à l’humilier. Le second accepte tout et se glisse dans les frusques de son comparse : attirance, fascination, ou envie ?

Et puis le ton change radicalement en une fraction de seconde, lors de la scène du meurtre, brutale et sauvage, qui semble déchaîner les éléments. Impressionnant.

La suite est passionnante, Delon semblant se transformer peu à peu en clone de Ronet, faisant sienne sa vie, ses vêtements, et même sa petite amie, Marie Laforêt, dont on se demande jusqu’à quel point elle est vraiment dupe.

Œuvre troublante et fascinante, Plein soleil est une belle adaptation d’un roman de Patricia Highsmith, un grand thriller, d’une efficacité imparable dont la fin est absolument magnifique : ultime image de bonheur d’un Tom Ripley arrivé là où il le voulait, dans la peau et la vie de Philippe Greenleaf.

Le Voyage fantastique (Fantastic Voyage) – de Richard Fleischer – 1966

Posté : 7 novembre, 2013 @ 10:37 dans 1960-1969, FANTASTIQUE/SF, FLEISCHER Richard | Pas de commentaires »

Le Voyage fantastique (Fantastic Voyage) – de Richard Fleischer – 1966 dans 1960-1969 le-voyage-fantastique

Le problème avec les films très modernes, c’est qu’ils vieillissent plus vite et plus mal que les autres. Et il faut bien reconnaître que, presque cinquante ans après sa sortie, Le Voyage fantastique a salement morflé. Les effets spéciaux kitschissimes et les transparences (sans doute révolutionnaires à l’époque) ne font vraiment plus illusion aujourd’hui, ce qui pourrait ne pas être très grave si ces effets spéciaux n’étaient pas le sujet même du film : sa principale raison d’être.

On a beau être impressionné par le casting (Edmond O’Brien, Donald Pleasence, Arthur Kennedy…), on réalise bien vite que les comédiens n’ont strictement rien à jouer, si ce n’est quelques courtes scènes mettant en évidence la peur. Mais la plupart du temps, ils doivent se contenter d’enchaîner les moues improbables devant des écrans verts, sans qu’on puisse imaginer rien d’autre que… des acteurs condamnés à enchaîner les moues improbables devant des écrans verts. Le pire dans cette histoire, c’est Raquel Welch, dont on ne peut que rappeler qu’elle était une star très sexy à l’époque. Pourquoi l’avoir choisi elle pour l’utiliser si mal restera le plus grand mystère de cette chose ambitieuse et datée.

On sombre dans l’ennui le plus opaque lorsque le film se contente d’enchaîner les interminables plans sur ce sous-marin naviguant dans les méandres du corps humains. Mais on se réveille régulièrement quand Richard Fleischer renoue avec un cinéma plus humain. Sa mise en scène, d’ailleurs, est le plus souvent hyper efficace et percutante. Suffisamment en tout cas pour sauver quelques séquences tendues.

Le meilleur ? Les dix premières minutes, quasiment muettes et très impressionnantes, qui plante le contexte, posant les bases d’un pur film d’espionnage (pour mieux dynamiter ces bases). Le plus impressionnant finalement, c’est le tout premier plan du film : un travelling incroyable suivant un avion de ligne à l’atterrissage. Un plan qui, mine de rien, lance d’emblée un mouvement perpétuel qui ne s’achèvera qu’avec le mot « fin ».

• Le blue ray du film vient de sortir chez Fox, avec un documentaire énamouré sur les effets spéciaux du film (en VO sans sous-titre).

Les derniers affranchis (Stand-up guys) – de Fisher Stevens – 2012

Posté : 7 novembre, 2013 @ 10:34 dans * Thrillers US (1980-…), 2010-2019, PACINO Al, STEVENS Fisher | Pas de commentaires »

Les derniers affranchis (Stand-up guys) – de Fisher Stevens – 2012 dans * Thrillers US (1980-…) les-derniers-affranchis

Voilà un film en demi-teinte, avec beaucoup de bonnes idées, mais aussi des limites qui apparaissent rapidement. Cette virée nocturne de vieux gangsters retirés qui se retrouvent vingt-huit ans après, à la sortie de prison de l’un d’eux, est l’occasion pour Al Pacino, Christopher Walken et Alan Arkin de jouer avec leur âge, sans chercher à s’embellir, mais sans apitoiement non plus.

Entre légèreté et nostalgie, filmé par l’ancien comédien moyen Fisher Stevens, ce baroud d’honneur de vieillards qui renouent avec la folie de leur jeunesse (« en mieux, parce que cette fois on en profite ») le temps d’une nuit qui doit être la dernière (l’un d’eux doit tuer l’autre au lever du jour) donne bien lieu à quelques moments de bravoure : deux-trois coups de feu, une poursuite en voiture, quelques coups de poings bien sentis… Mais l’essentiel est ailleurs : dans la relation de profonde amitié qui unit ces êtres trop habitués à vivre seuls.

Rien de grave ici : le ton est doux-amer, foncièrement léger. Sauf que c’est là que se trouve la principale limite du film : ’humour, globalement, tombe à plat, avec même quelques passages franchement gênants, comme ces vingt premières minutes qui tournent lourdement autour du priapisme d’un Pacino qui s’est bourré de pilules bleues. Pas vraiment drôle, mais vraiment embarrassant.

Mais le duo formé par Pacino (très en forme, mais sans en faire trop comme il en a un peu l’habitude ces dernières années) et Christopher Walken (qui lui ne fait rien, mais semble curieusement revivre derrière son visage fermé) fonctionne parfaitement, rejoints trop brièvement par Alan Arkin, réjouissant.

Ce qui fonctionne le mieux, c’est l’alchimie entre les personnages, et spécialement dans les séquences de déambulation nocturne. Là, côte à côte, ils n’ont besoin de rien dire pour être émouvants.

• Le film de Fisher Stevens n’a pas eu droit à une sortie cinéma, mais est disponible en DVD chez Metropolitan, avec une poignée d’interviews et de featurettes en bonus.

 

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