Play it again, Sam

tout le cinéma que j’aime

Archive pour octobre, 2013

Adieu ma jolie / Adieu ma belle / Le Crime vient à la fin (Murder my sweet) – de Edward Dmytryk – 1944

Posté : 2 octobre, 2013 @ 9:47 dans * Films noirs (1935-1959), 1940-1949, DMYTRYK Edward | Pas de commentaires »

Adieu ma jolie / Adieu ma belle / Le Crime vient à la fin (Murder my sweet) – de Edward Dmytryk – 1944 dans * Films noirs (1935-1959) adieu-ma-jolie

Deux avant Bogie dans l’immense Le Grand Sommeil, c’est Dick Powell qui coiffe le feutre de Philip Marlowe, grand détective imaginé par Raymond Chandler, porté sur l’alcool et les femmes, et qui a le don de mêler d’affaires d’une complexité abyssale. Adieu ma jolie n’est pas tout à fait aussi opaque que le chef d’œuvre de Hawks (qui place la barre très haut, c’est vrai), mais mieux vaut ne pas laisser son attention retomber ne serait-ce que cinq secondes si on veut tout comprendre de cette intrigue hyper retors où les fils s’entremêlent, entre fausses pistes et rebondissements inattendus.

Le héros lui-même ne cache pas qu’il est totalement largué la plupart du temps. C’est d’ailleurs l’une des différences majeures entre le Marlowe de Bogart et celui de Powell : ce dernier est tout aussi dur, mais affiche une vulnérabilité et des faiblesses plus revendiquées. Moins mythique, mais plus humain : on le sent capable d’erreurs, et même d’échecs. La manière dont on le découvre, aveugle, s’inquiétant du sort d’une jeune femme, et soupçonné de meurtres, annonce la couleur.

L’intrigue est hyper complexe ? Qu’importe bien sûr : ce qui compte comme souvent dans les grands films de privé, c’est l’atmosphère, et le pur plaisir de cinéma. Dans le genre, le film de Dmytryk est une immense réussite, un film au rythme incroyable qui n’accorde pas le moindre temps mort. A l’image de Marlowe lui-même, qui enchaîne les séductions – avec la douce (ou à peu près) Anne Shirley et sa belle-mère fatale, Claire Trevor (toutes deux parfaites) – et les coups de poings, de matraques ou de crosses, qu’il se prend dans la tête à longueur de film…

Le scénario est formidable, l’interprétation parfaite, mais c’est aussi (et surtout ?) la mise en scène de Dmytryk qui fait de Murder my sweet l’une des plus grandes réussites du genre. Devant sa caméra, la moindre scène prend une dimension extraordinaire. L’une des premières scènes donne le ton. Marlowe, à moitié dépressif dans la solitude de son bureau plongé dans l’obscurité, laisse aller ses pensées, et voit le visage d’un homme inquiétant se refléter dans sa fenêtre éclairée par l’intermittence d’une enseigne… Une image aussi effrayante que fascinante, qui plonge immédiatement dans un mélange de menace et de mystère.

Il y a aussi une longue séquence au cours de laquelle Marlowe, drogué à son insu, se débat dans des cauchemars et des visions d’angoisse, qui le voient tomber sans fin et lutter en pure perte contre ses démons… Rien de nouveau, sauf que jamais ce genre de visions n’a été aussi efficace qu’ici. Dmytryk fait bien mieux qu’illustrer les maux de son héros : il nous fait partager ses sensations dans un long mouvement terriblement sensoriel. C’est absolument génial.

• Le DVD du film fait partie de la collection bleue RKO des Editions Montparnasse, avec une introduction courte mais particulièrement enthousiaste de Serge Bromberg.

Etat de choc (Inhale) – de Baltasar Kormakur – 2010

Posté : 2 octobre, 2013 @ 9:40 dans * Thrillers US (1980-…), 2010-2019, KORMAKUR Baltasar | Pas de commentaires »

Etat de choc (Inhale) – de Baltasar Kormakur – 2010 dans * Thrillers US (1980-…) etat-de-choc

Révélé en tant qu’acteur par Illegal Traffic et en tant que réalisateur par son remake américain, Contrebande, Baltasar Kormakur s’est fait un nom en Europe et de l’autre côté de l’Atlantique avec des thrillers qui sont autant de prétextes pour prendre le pouls de sociétés qui ne vont pas bien.

Ce Etat de choc, production américaine sortie en toute discrétion chez nous, s’inscrit dans la même lignée, avec un sujet fort. Le héros est le père désespéré d’une fillette condamnée à mourir si on ne lui transplante pas très vite de nouveaux poumons. Mais devant la lenteur des procédures américaines, devant la longue liste d’attente de donneur, ce père honnête (mieux : il représente la loi, en tant que procureur) décide de franchir la frontière et de chercher des filières plus rapides au Mexique, en utilisant son argent.

On voit bien tout le potentiel dramatique que véhicule cette situation : le père de famille prêt à tout, qui plonge de plus en plus profondément dans une société gangrenée par la violence et la corruption, qu’il doit affronter pour sauver sa fille. Sur le plan formel, Kormakur se révèle efficace, à défaut d’être original : comme tous les films récents qui se déroulent dans un Mexique inquiétant, l’image est saturée d’un beige poussiéreux et étouffant, qui donne immédiatement le ton.

Mais c’est surtout sur le fond que le film impressionne : sur l’honnêteté avec laquelle le sujet est abordé. Car plus il s’enfonce dans cette violence dont il espère tirer la survie de sa fille, plus le père s’approche de la réalité, et réalise que le miracle qu’il espère n’est qu’une abomination.

Jusqu’à où un père est-il capable d’aller pour sauver son enfant ? Jusqu’à quel point peut-il remettre en cause tout ce en quoi il croit ? Le film n’apporte pas une réponse philosophique à ces questions, mais a le mérite de les poser frontalement, à travers ce personnage bouleversant interprété avec une grande retenue et une grande force par Dermot Mulroney.

Les seconds rôles (Diane Kruger en mère éplorée, Vincent Perez en médecin mystérieux, Sam Shepard en ami au lourd secret) sont bien fades, mais lui porte le film et le drame sur ses épaules. On n’est pas prêt d’oublier son regard éperdu face à l’impossible décision qu’il doit prendre dans la salle d’opération…

12
 

Kiefer Sutherland Filmographie |
LE PIANO un film de Lévon ... |
Twilight, The vampire diari... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | CABINE OF THE DEAD
| film streaming
| inderalfr