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Le Vent (The Wind) – de Victor Sjöström – 1928

Classé dans : 1920-1929,SJÖSTRÖM Victor — 10 octobre, 2013 @ 12:43

Le Vent (The Wind) – de Victor Sjöström – 1928 dans 1920-1929 le-vent

Avec Le Vent, tourné au crépuscule du cinéma muet, Sjöström signe un chef d’œuvre viscéral. Le film, œuvre sensorielle totale, n’aurait pas pu porter un meilleur titre. Comme Truffaut avec La Peau douce, « le vent » est la raison d’être du flm, bien plus qu’un simple décor : son personnage principal, et le moteur de toute l’action et des personnages…

Un vent omniprésent, que Sjöström s’attache à nous faire ressentir, nous plongeant au cœur d’une véritable tempête par écran interposé. Imaginez un vent violent, chargé de sable, qui soufflerait heure après heure, jour après jour, sans jamais s’arrêter. Dans une immense plaine de sable, sans âme qui vive ou presque, dans une petite bicoque pas vraiment hermétique.

C’est là que le personnage de Lilian Gish se retrouve, isolée du monde, dans un univers hostile où elle s’enfonce inexorablement dans la première partie. On ignore d’où vient cette jeune femme, mais on voit parfaitement où elle va, et surtout par où elle passe. Séduite par un aventurier qui finira par lui révéler qu’il est déjà marié, elle trouve refuge chez son cousin. Rejetée par la femme de ce dernier, elle finit par épouser un homme qu’elle n’aime pas. Alors que l’amour vient enfin, elle est violée lors d’une nuit de tempête hallucinante… Pas gai tout ça.

Mais le pire, c’est ce vent si présent, qui met à mal les nerfs de la pauvre Lilian Gish, sublime et bouleversante, petite chose fragile isolée dans un environnement totalement hostile : la nature dont on ne voit qu’une perpétuelle tempête de sable, et les hommes rustres et parfois violents. Le ton est rude, le vent rend fou, mais le film est superbe.

C’est merveilleusement réalisé, dans des décors qui semblent constamment prêts à être balayés, et dans des paysages que l’on devine immense, mais dont on ne voit qu’un rideau opaque de sable transporté par la tempête… Et cette croyance indienne selon laquelle le vent du Nord serait le fantôme d’un cheval au galop, que Sjöström illustre magnifiquement par des surimpressions qui rappellent son très beau La Charrette Fantôme, et qui donnent un ton poétiquement noir au film.

Le Vent est souvent considéré comme le dernier grand chef d’œuvre du muet. C’est en tout cas l’un des plus beaux rôles de Lilian Gish, et l’un des sommets de Sjöström. Un pur film de cinéaste, qui réussit à rendre palpable et menaçant ce vent pourtant invisible par essence. A tel point que, les mots The End s’affichant, on jurerait avoir entendu les portes qui claquent, les planches qui grincent, et les personnages qui hurlent pour se faire entendre…

• Comme Les Rapaces, Le Vent vient d’être édité par Bach Films, dans une édition DVD plus simple, avec uniquement quelques lobby cards et une présentation du film (plutôt centrée sur la carrière de Lilian Gish) par Agnès Michaux. Le packaging est séduisant, mais la qualité de l’image est… disons acceptable, à condition de ne pas être trop exigeant.

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