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Archive pour août, 2013

The Master (id.) – de Paul Thomas Anderson – 2012

Posté : 8 août, 2013 @ 11:44 dans 2010-2019, ANDERSON Paul Thomas | Pas de commentaires »

The Master (id.) – de Paul Thomas Anderson – 2012 dans 2010-2019 the-master

Avec Magnolia, PT Anderson avait réussi l’un des plus grands trips cinématographiques de la décennie précédente, un extraordinaire voyage sensoriel qui s’inscrivait dans la lignée d’Apocalypse Now de Coppola, ou de Lost Highway de Lynch. Depuis, aussi passionnante sa filmographie soit-elle, le cinéaste n’a plus jamais tout à fait été aussi enthousiasmant.

The Master n’est pas, lui non plus, à la hauteur de son chef d’œuvre. Mais cette rencontre de deux individus hors du commun, dans l’Amérique de l’après-guerre, est un film qui bouscule, et qui impressionne par la maîtrise du cinéaste. Inspiré par le parcours de Ron Hubbard, le charismatique et controversé fondateur de la scientologie, The Master raconte la rencontre, déterminante, entre un « maître à penser » dont la « famille » ne cesse de grandir, et un vétéran du Pacifique totalement paumé, dont le cerveau a visiblement été bien abîmé par l’alcool qu’il distille lui-même.

Le film n’est pas un procès à charge de la Scientologie. Même si Anderson livre une vision de la secte qui fait souvent froid dans le dos, il ne juge rien ni personne, si ce n’est cette Amérique des années 50 pudibonde et hypocrite, dont le film ressuscite l’esthétique d’une manière éclatante, grâce à une photographie magnifique et l’utilisation (devenue rare) du 70 mm.

Philip Seymour Hoffman, dans le rôle du prédicateur, et Joaquin Phoenix, dans celui du paumé, sont exceptionnels. Ils sont les piliers du film, qui tourne entièrement autour de leur relation, de leur attirance-répulsion qui donne le ton, très changeant, de chaque scène. Chacune de ces scènes peut être considérée comme un petit chef d’œuvre, Anderson faisant preuve d’une maîtrise formelle hors du commun.

Brillant et passionnant, The Master reste toutefois trop froid, trop distant. L’émotion, trop souvent, ne fait qu’affleurer. Avec ce portrait croisé de deux hommes qui semblent se compléter, Anderson ne renouvelle pas ce qu’il avait si brillamment réussi avec Magnolia, un film chorale aux nombreux personnages : créer un véritable mouvement cinématographique.

• Le DVD de The Master a récemment été édité par Metropolitan Films.

Le Verdict (The Verdict) – de Sidney Lumet – 1982

Posté : 7 août, 2013 @ 3:28 dans * Thrillers US (1980-…), 1980-1989, LUMET Sidney, NEWMAN Paul | Pas de commentaires »

Le Verdict (The Verdict) – de Sidney Lumet – 1982 dans * Thrillers US (1980-…) le-verdict

La justice est omniprésente dans l’œuvre de Lumet, qui a réussi tout au long de sa carrière à revenir régulièrement dans les salles d’audience tout en se renouvelant constamment. Loin du huis-clos de son premier film, 12 hommes en colère (deux des jurés, Jack Warden et Ed Binns, font d’ailleurs partie de la distribution de The Verdict), tourné vingt-cinq ans plus tôt, ce film passionnant co-écrit par David Mamet est le portrait d’un avocat raté et alcoolique qui semble tout droit sorti d’un roman noir.

C’est un rôle en or, que quelques grands noms ont pourtant refusé : Redford surtout, peu enclin à interpréter un type aussi peu séduisant que ce poivrot queutard et adepte de l’apitoiement sur soi-même. Paul Newman, son ancien complice de Butch Cassidy et de L’Arnaque, lui, n’a jamais eu peur d’abîmer son image. Et il livre ici l’une des grandes interprétations de sa carrière.

Fatigué et immature à la fois, Newman est grand, faisant de son personnage un vrai minable qui semble s’écœurer lui-même. On le découvre, avocat ayant perdu toute ambition, squattant les salons funéraires pour inciter les familles dans le deuil à l’engager pour poursuivre d’éventuels responsables. On le voit traîner sa médiocrité dans les bars, draguant et s’alcoolisant auprès de compagnons de beuverie dont il ne connaît sans doute même pas les noms.

Pour que ce type franchement méprisable se prenne enfin en main, il faudra la « rencontre » avec pire que lui : une jeune femme plongée dans un coma dont elle ne peut, elle, pas se sortir. Dès lors, le grand procès qui va suivre, où il jouera le rôle de David contre un Goliath tout puissant (l’Eglise), sera pour lui le seul chemin de la rédemption.

Jamais Lumet ne tombe dans la caricature ou dans la facilité. L’avocat joué par Newman ne devient pas un chevalier blanc, mais reste ancré dans sa solitude (malgré sa rencontre avec une charmante Charlotte Rampling) et son égoïsme. Cette croisade qu’il mène devant la justice, il l’a fait au moins autant pour lui-même que pour la victime, conscient qu’il s’agit là de sa dernière chance.

Face à lui, il retrouve un brillant avocat, à la tête d’un grand cabinet parfaitement organisé et respecté de tous. C’est James Mason (à qui il s’était déjà frotté dans Le Piège, dix ans plus tôt), l’exact inverse de ce que lui est devenu.
Lumet réussit sur tous les tableaux : dans le portrait de ce type qui s’est enfermé dans sa solitude, et dans la figure plus attendue du film de procès, genre à part entière du cinéma américain dont il respecte tous les codes avec une grande efficacité.

Un peu trop vite considéré comme un film mineur du cinéaste, Le Verdict est une grande réussite. Il vaut aussi le coup d’œil pour une curiosité : il s’agit de l’un des premiers films du jeune Bruce Willis. Pas encore révélé par la série télé Clair de Lune, l’apprenti comédien est l’un des figurants présents (longuement) dans le public de la salle de tribunal. Il n’est qu’une silhouette muette. Une quinzaine d’années plus tard, il retrouvera Newman dans Un homme presque parfait, de Robert Benton.

• Belle qualité d’image pour le blue ray « collector » édité chez Fox. Un bel objet riche en bonus (que je n’ai hélas pas pu visionner).

Moi, moche et méchant 2 (Despicable me 2) – de Pierre Coffin et Chris Renaud – 2013

Posté : 7 août, 2013 @ 3:22 dans 2010-2019, COFFIN Pierre, DESSINS ANIMÉS, RENAUD Chris | Pas de commentaires »

Moi, moche et méchant 2 (Despicable me 2) – de Pierre Coffin et Chris Renaud – 2013 dans 2010-2019 moi-moche-et-mechant-2

Après les succès de Moi, moche et méchant et du Lorax, deux des grandes réussites récentes du cinéma d’animation, cette suite attendue tient plutôt ses promesses. « Plutôt », parce que le film suit en partie les mêmes tentations « bondesques » que Cars 2, ratage assez flagrant : l’originalité du premier film n’étant évidemment plus de mise, les scénaristes ont choisi une intrigue de film d’espionnage, tarabiscotée et bourrée de rebondissements. Une manière efficace, à défaut d’être finaude, de compenser le caractère forcément moins intéressant de Gru, le personnage principal.

Le méchant qui volait la lune et s’amusait à éclater les ballons des enfants est devenu un père de famille dévoué et tendre. Alors même si le film lui réserve quelques brefs accès de méchanceté (bien softs), le grand méchant Gru est devenu un vrai héros, romantique et courageux.

Reste que ce Moi, moche et méchant 2 est l’un des meilleurs films d’animation du moment, un pur plaisir drôle et hyper rythmé qui tient en haleine de bout en bout, et qui réussit l’exploit de plaire aux enfants les plus jeunes (dès 4 ans), aux ados et aux parents…

Dead Man Down (id.) – de Niels Arden Oplev – 2013

Posté : 7 août, 2013 @ 3:18 dans * Thrillers US (1980-…), 2010-2019, ACTION US (1980-…), OPLEV Niels Arden | Pas de commentaires »

Dead Man Down (id.) – de Niels Arden Oplev – 2013 dans * Thrillers US (1980-…) dead-man-down

L’affiche française du film est un pur produit marketing, qui surfe éhontément sur le succès de Millenium, le roman à succès de Stig Larsson : même code visuel, gros plan de Noomi Rapace, révélée par l’adaptation danoise du roman (tournée avant celle de David Fincher), et mise en avant du réalisateur Niels Arden Oplev, à qui on doit justement cette première adaptation.

Pourtant, le premier film américain du réalisateur danois est bien plus qu’un ersatz de son précédent film. Oplev s’empare du film de genre (en l’occurrence, le film noir et le film de vengeance), dont il respecte les règles tout en apportant un vrai souffle de fraîcheur.

Il y a d’abord une construction originale, qui fait confiance à l’intelligence et à la curiosité du spectateur. Qui est vraiment ce personnage d’homme de main interprété par Colin Farrel ? On ne le découvrira vraiment que longtemps après le début du film. Oplev laisse planer le mystère, et n’hésite pas à nous laisser dans l’incompréhension, par moments. Comme il ne nous aide pas à comprendre cette jeune femme défigurée (Noomi Rapace), qui vit chez sa mère un peu fofolle et un peu sourde (Isabelle Huppert, inattendue), et dont on ne sait jamais vraiment par quoi elle est animée.

C’est d’ailleurs l’une des grandes réussites du film : les beaux rapports entre le tueur au lourd secret et sa voisine défigurée, qui dépassent tous les poncifs. La romance qui pourrait les sauver est contrariée par leur rage à tous les deux, qui les poussent à être aussi inhumains que ceux qu’ils visent. Cette manière de décevoir constamment la romance potentielle donne au film un ton et une force rares.

Il y a aussi de vrais morceaux de bravoure dans le film, avec un suspense très solide (notamment lors d’une scène ébouriffante dans un immeuble dont notre héros tente de s’échapper), et une ultime séquence de fusillade qui ose franchir toutes les limites, y compris la vraisemblance de rigueur depuis le début du film (on peut quand même se demander où sont passés les flics, qui ne pointent pas le bout du nez dans ce quartier résidentiel dont une maison est transformée en zone de bataille).

Dead Man Down est l’un des meilleurs thrillers de ces dernières années.

• Le film vient de sortir en DVD chez Metropolitan Films, avec quelques featurettes promotionnelles.

Légendes d’automne (Legends of the Fall) – de Edward Zwick – 1994

Posté : 7 août, 2013 @ 3:13 dans 1990-1999, ZWICK Edward | Pas de commentaires »

Légendes d’automne (Legends of the Fall) – de Edward Zwick – 1994 dans 1990-1999 legendes-dautomne

Edward Zwick souffle le chaud et le froid dans cette adaptation de la magnifique nouvelle de Jim Harrison. Malgré l’omniprésence de la nature (les somptueux paysages du Montana), l’univers de l’écrivain disparaît à peu près complètement, au profit de celui de Zwick, grandiloquent et romanesque comme les plus grands mélos hollywoodiens.

Passée la frustration, inévitable pour les amoureux du grand romancier américain, il faut reconnaître que c’est plutôt une bonne nouvelle : il y a un vrai cinéaste à la barre, avec une vision et une personnalité. Parfois excessives, c’est vrai, mais Zwick reste l’un des rares cinéastes américains à oser filmer de grandes fresques où le souffle de l’histoire et la force des sentiments sont intimement liés.

Les ficelles, ici, sont assez énormes, avec la pilosité de Brad Pitt qui révèle ses tourments intérieurs : plus la barbe est longue, plus il va mal. Et la barbe est parfois très longue… Brad Pitt en fait beaucoup, Anthony Hopkins en fait des tonnes, Julia Ormond fait ce qu’elle peut pour exister… Zwick est dans la direction d’acteurs comme dans sa mise en scène : pas vraiment porté sur la mesure. Celui qui s’en sort le mieux, c’est Aidan Quinn, parfait dans le rôle du fils mal aimé.

Légendes d’automne, c’est le destin tragique d’une famille qui vit hors du monde (les montagnes du Montana, où le patriarche s’est réfugié après les horreurs des guerres indiennes), mais que le monde rattrape en 1914, lorsque le plus jeune des fils (Henry Thomas, incarnation de l’innocence depuis E.T.) et l’aîné décident de s’engager pour aller se battre en Europe. Tristan, le fils préféré (Pitt), les suit. Pas pour sauver le monde libre, mais pour tenir une promesse faite au père : ramener le benjamin sain et sauf.

Tristan ne pourra tenir sa promesse, et ne s’en remettra pas. L’harmonie familiale non plus, surtout que la jeune fiancée du benjamin (Julia Ormond) est tombée amoureuse de Brad Pitt, qu’Aidan Quinn est amoureux d’elle, et que Brad Pitt est trop hanté par ses fantômes pour être le mari qu’elle attend patiemment. Jalousies, incompréhensions, rendez-vous manqués… Les années passent, les bonheurs sont fugaces, les souffrances profondes, et le destin implacable.

On a beau connaître toutes les ficelles, voir venir tous les rebondissements… Le savoir-faire de Zwick est tel, et la reconstitution si réussie, qu’on marche à fond dans cette fresque déchirante, qui nous tire des larmes à tous les coups.

Treize jours (Thirteen Days) – de Roger Donaldson – 2000

Posté : 7 août, 2013 @ 3:09 dans 2000-2009, COSTNER Kevin, DONALDSON Roger | Pas de commentaires »

Treize jours (Thirteen Days) – de Roger Donaldson – 2000 dans 2000-2009 treize-jours

Avoir fait courir Kevin Costner dans les couloirs du Pentagone (dans le très réussi Sens unique) faisait-il de Roger Donaldson le réalisateur idéal pour ce Treize jours, dans lequel Kevin Costner arpente les couloirs de la Maison Blanche ? Evidemment non. Honnête artisan du cinéma de genre (on lui doit La Mutante, Cocktail ou le remake de Guet-Apens), Donaldson n’est, ici, jamais à la hauteur de son sujet.

Les treize jours du titre sont ceux de la fin 1962, durant lesquels la découverte de missiles soviétiques à Cuba a failli déclencher une troisième guerre mondiale. Le sujet aurait pu être traité de bien des façons : en plongeant au cœur d’une population américaine traumatisée par l’hypothèse d’une attaque nucléaire ; en mettant en perspective les intérêts géopolitiques des deux camps… Le scénario adopte plutôt le point de vue de trois hommes dont dépend le sort du monde : le président JFK, son frère Bobby, et le conseiller politique de Kennedy, Kenneth O’Donnel.

Il y a beaucoup de bonnes idées autour de ce scénario, qui s’intéresser aux conflits moraux des Kennedy (présentés comme la bonne conscience de l’Amérique), et qui fait de ce conseiller de l’ombre interprété par Costner un « frère de l’ombre ». Le scénario de David Self (le scénariste des Sentiers de la Perdition) met constamment en parallèle les négociations secrètes dans les arcanes de la Maison Blanche, et le portrait de ce Ken O’Donnel qui aime les Kennedy comme des frères, mais qui a constamment conscience de ne pas être des leurs.

Le choix des acteurs, aussi, est irréprochables : Bruce Greenwood et Steven Culp font des Kennedy très convaincant, et Kevin Costner est parfait, lui qui est un habitué de l’administration Kennedy, grâce à deux de ses meilleurs films (Un monde parfait se déroulait quelques jours avant le 22 novembre 63, et JFK évoquait la contre-enquête après l’assassinat).

Mais dès le générique de début, alors que les noms des acteurs apparaissent sur des stock-shots d’explosion nucléaire, on pressent que quelque chose cloche. Trop d’ambition, trop d’enjeux dans cette histoire. Et pas assez de personnalité et d’envergure chez ce cinéaste décidément pas taillé pour un tel sujet. Plate et sans imagination, la mise en scène de Donaldson n’est jamais à la hauteur, et ne parvient jamais à rendre tangible la tragédie qui se noue, pas plus que les tourments des protagonistes.

Pour « faire vrai », et peut-être pour renforcer la parenté avec JFK, Donaldson passe par moments de la couleur au noir et blanc, mais il n’est pas Oliver Stone qui, lui, avait du style alors. Dommage, parce que le sujet était plein de promesses, et parce que quelques passages sont plutôt réussis (la scène où Costner observe les Kennedy, conscient qu’il ne sera jamais des leurs, la belle prestation du représentant américain aux Nations Unies…). Mais Treize jours est sage, beaucoup trop sage. On ne s’ennuie pas vraiment : le scénario réserve d’innombrables surprises (toutes historiques). Mais ce sentiment d’être passé à côté d’un grand film est constamment palpable.

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