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Archive pour le 25 juin, 2013

L’Ange des maudits (Rancho Notorious) – de Fritz Lang – 1952

Posté : 25 juin, 2013 @ 1:15 dans 1950-1959, DIETRICH Marlene, LANG Fritz, WESTERNS | Pas de commentaires »

L’Ange des maudits (Rancho Notorious) – de Fritz Lang – 1952 dans 1950-1959 lange-des-maudits

Retour au western pour Lang, dix ans après son diptyque des années 40 (Le retour de Frank James et Les Pionniers de la Western Union). Avec Rancho Notorious, sur le papier, c’est un sujet parfaitement classique qu’il aborde : une énième histoire de vengeance et d’amitié dangereuse, autour d’une ancienne chanteuse de cabaret. D’autant plus classique que cette dernière est interprétée par Marlene Dietrich, dont la filmographie est émaillée de ces chanteuses de cabaret.

Sauf que Lang prend ici le contre-pied de tous les poncifs, et signe un film aussi surprenant que politiquement incorrect. Le héros d’abord (Arthur Kennedy, inattendu dans un tel rôle), ivre de vengeance, n’hésite pas à utiliser Marlene en jouant sur ses sentiments, et sa sensibilité, avec une cruauté parfois impressionnante.

Marlene qui, derrière ses aspects de femme forte, est un être perdu, que l’on découvre d’abord (racontée par ceux qui l’ont rencontrée comme Kane l’était dans le film de Welles, avec toute l’aura de mystère que cela implique) au bord du désespoir, prête à troquer sa sécurité contre son corps, offerte au hors-la-loi jouée avec élégance par Mel Ferrer. Il y a dans le regard dur et les poses dominantes de la belle une fêlure déchirante.

Le film de Lang est constamment hors des sentiers battus. Par de petits détails parfois (la politesse et la gentillesse des shérifs), mais aussi par la construction du film, et ses ruptures de ton, qui le font passer de la farce (la ‘‘course’’ avec Marlene chevauchant un cow-boy) à une bagarre particulièrement rude filmée caméra à l’épaule.

Par l’utilisation de la chanson « Legend of Chuck-a luck » qui revient régulièrement, tenant lieu de chœur antique, servant de transition et faisant avancer l’histoire. Cette chanson, comme l’enquête d’Arthur Kennedy dans la première partie, réhabilite la tradition orale et souligne l’aspect mythique et légendaire de l’histoire… un thème qui sera une nouvelle fois au cœur de Moonfleet quatre ans plus tard.

Sous surveillance (The Company you keep) – de Robert Redford – 2012

Posté : 25 juin, 2013 @ 1:08 dans * Thrillers US (1980-…), 2010-2019, REDFORD Robert (réal) | Pas de commentaires »

Sous surveillance (The Company you keep) – de Robert Redford – 2012 dans * Thrillers US (1980-…) sous-surveillance

Six ans qu’on n’avait plus vu Bob devant la camera (la dernière fois, c’était pour son Lions et agneaux). Passée la première réaction, cruelle, sur les marques du temps que portent son visage et son corps, on est frappé de voir à quel point Redford, au fond, n’a pas changé : ce Jim Grant, ou quel que soit son nom, est un personnage qu’il aurait pu interpréter il y a quarante ans. A quelques nuances près, quand même.

Redford réalisateur, lui, se fait le petit frère des grands maîtres des années 70, Pollack ou Pakula, avec qui il a tourné quelques-uns de ses meilleurs films. Il fait le choix d’un classicisme à l’ancienne, adoptant un rythme relativement lent qui est aux antipodes des normes actuelles. Pourtant, son film est bel et bien moderne, dans ce qu’il montre et raconte en tout cas. Les smartphones y jouent un rôle important, et le monde de la presse n’a plus rien à voir avec celui des Hommes du président.

Comme le dit l’un des personnages, « les temps changent, eux ». Si les hommes restent les mêmes, ils se débattent aujourd’hui dans une société qui a radicalement changé, à l’image de ce monde de la presse dans lequel le jeune Shia LaBeouf fait paradoxalement figure de dinosaure. Son style vestimentaire très 70s n’est pas anodin : face à des collègues journalistes qui ont depuis longtemps rendu les armes (et à un rédac chef, Stanley Tucci, trop occupé à se débattre comme il le peut dans un monde de la presse en crise), lui est encore un enquêteur entièrement dédié à la vérité.

Sauf que le Redford de 2012 n’est plus celui des années 70, sans doute plus non plus celui de Lions et agneaux. Il a 76 ans, quelques échecs récents à son actif, et du recul sur la vie. Il sait que les certitudes de la jeunesse peuvent avoir un prix élevé, et qu’un homme se détermine non par ce qu’il est, mais par les choses qu’il fait.

Avec Sous surveillance, c’est un peu comme si Redford refermait définitivement une époque : celle de ses thrillers politiques. Ce film commence comme tel, avec un enjeu fort et ambitieux : que fera cet ancien activiste recherché pour meurtre depuis trente ans ? Affronter ses responsabilités de citoyens, ou celles de père ? Une question forte qui en amène d’autres : la deuxième chance, le remord, la culpabilité, la justification de la violence…

Autant de questions qui passeront à la trappe. On peut le regretter, mais Redford préfère une réflexion sur le temps qui passe. Son thriller politique, efficace et très nostalgique, prend des allures plus intimes, plus émouvantes que dérangeantes.

Django unchained (id.) – de Quentin Tarantino – 2012

Posté : 25 juin, 2013 @ 1:04 dans 2010-2019, TARANTINO Quentin, WESTERNS | Pas de commentaires »

Django unchained (id.) – de Quentin Tarantino – 2012 dans 2010-2019 django-unchained

Sentiment un peu contrasté devant ce Django unchained, hommage que l’on sent sincère au western spaghetti : moins à ceux de Leone qu’aux séries B qui ont surfé sur le succès du Django originel dans les années 60 (avec, obligé, une apparition un rien entendue de Franco Nero – et son « what’s your name ? » franchement téléphoné).

Tarantino a un talent immense, bien sûr, et il réussit comme toujours à signer une œuvre qui ne ressemble à rien d’autre, même s’il s’imprègne de tout un pan du cinéma, le bis, qu’il adore. Et il fait de ce très long métrage (2h38) un trip jouissif à la fois rude, intelligent, et hyper fun. Les idées originales s’enchaînent, les personnages sont originaux, passionnants, et constamment surprenants.

Mais quand même. Il y a deux ou trois moments où on se dit qu’il tire un peu sur la corde, le Tarantino, et qu’à force d’élever le mauvais goût au rang de grand art, il ne fait plus systématiquement mouche. Ce n’est pas tant le massacre final, excessif et un peu ennuyeux, qui gène (la surenchère fait partie intégrante du cinéma de QT), mais quelques effets faciles (des zooms rapides avec un « fuiiittt » cheap), et des dialogues pas toujours aussi percutants que dans ses films précédents (la longue discussion sur les cagoules, du cousu main pour Jonah Hill, est franchement lourdingue, comme s’il avait absolument mettre en valeur l’acteur dans ce petit rôle).

Beaucoup de réserves, donc. Mais reconnaissons à Tarantino l’art de savoir éviter les sentiers battus, et de réussir à surprendre constamment. Reconnaissons-lui, une nouvelle fois, le don quasi-unique d’offrir à ses acteurs des rôles inoubliables, du plus petit au plus grand. Jamie Foxx (extraordinaire en gentil prêt à toutes les atrocités pour atteindre son but), Chritoph Waltz (de nouveau immense, après Inglorious Basterds), Di Caprio (qui prend visiblement un pied fou à jouer les affreux esclavagistes), mais aussi Don Johnson (très drôle), Samuel L. Jackson (son meilleur rôle depuis Pulp Fiction), jusqu’à Bruce Dern qui réussit à être inoubliable en n’ayant qu’un seul plan…

Ces acteurs sont tous utilisés comme les morceaux de musique qui composent la bande son : comme des bribes indépendantes de la culture foutraque de Tarantino, qui associe les uns aux autres, formant une œuvre unique par une espèce de miracle. C’est à la fois la force et la limite du film. Et si on fait la fine bouche, c’est juste parce que depuis vingt ans, Tarantino a placé la barre très haute. Mais une nouvelle fois, le plaisir est immense.

Le Retour de Django (Il Figlio di Django) – d’Osvaldo Civirani – 1968

Posté : 25 juin, 2013 @ 1:00 dans 1960-1969, CIVIRANI Osvaldo, WESTERNS | Pas de commentaires »

Le Retour de Django (Il Figlio di Django) – d’Osvaldo Civirani – 1968 dans 1960-1969 le-retour-de-django

Le titre est un leurre : ce « fils de Django » n’a strictement rien à voir avec le film de Sergio Corbucci. Après le triomphe de Django, de nombreux westerns italiens ont utilisé ce nom pour surfer sur ce succès, sans avoir le moindre lien. Celui-ci est l’une des premières de ces fausses suites (il n’y en aura qu’une « vraie », avec Franco Nero, près de vingt ans plus tard).

D’ailleurs, mis à part le titre (et le nom du père du héros, qui se fait dessouder dès le prologue), le film flirte moins avec l’œuvre de Corbucci qu’avec les films de Leone. Jeff (Gabriele Tinti) a les postures et les bracelets de force en cuir de Clint Eastwood, la guerre des deux clans dont il se fait l’observateur intéressé rappelle évidemment Pour une poignée de dollars. Même son premier duel, dans un bar face à trois adversaires, est un copié-collé de celui de Et pour quelques dollars de plus.

Mais le film ne se prend pas au sérieux, et enchaîne les moments de bravoure sans répit, autour de cette histoire de vengeance par ailleurs très classique.

Il y a quelques belles images, et quelques belles idées : un long passage à tabac devant une population complètement atone, un beau portrait de shérif soumis, des seconds rôles peu conventionnels (un révérend pistolero très charismatique, un joueur de poker français…), et une fin inattendue et gonflée, loin des accès de violence habituels du western italien.

• L’éditeur Sidonis s’est fait un nom grâce à sa collection « westerns de légende ». Ce Retour de Django marque le lancement d’une nouvelle collection de l’éditeur, consacrée au western spaghetti. En bonus : une présentation passionnante d’un grand connaisseur du genre, Jean-François Giré.

 

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