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Archive pour le 20 juin, 2013

Mud, sur les rives du Mississippi (Mud) – de Jeff Nichols – 2012

Posté : 20 juin, 2013 @ 3:44 dans 2000-2009, NICHOLS Jeff | Pas de commentaires »

Mud, sur les rives du Mississippi (Mud) - de Jeff Nichols - 2012 dans 2000-2009 mud

Réalisateur de Take Shelter, Jeff Nichols signe avec Mud l’un des plus beaux films sur l’adolescence depuis des lustres. Le sujet a donné quelques classiques dans le passé : on pense immanquablement à Stand by me, ou aux Contrebandiers de Moonfleet, mais aussi aux romans de Mark Twain, autant d’œuvres marquantes auxquelles le film fait constamment allusion.

Il y a bien sûr quelque chose de Tom Sawyer dans ce personnage d’un enfant qui a grandi sur une maison flottant sur le Mississippi, qui n’aime rien tant que partir en expédition sur le fleuve avec son meilleur ami, orphelin élevé par son oncle.

Difficile de ne pas penser aussi au film de Rob Reiner, adaptation d’une nouvelle de Stephen King qui mettait en scène des adolescents qui quittaient l’enfance en découvrant un cadavre, au cours d’un été qu’ils n’oublieraient jamais. L’histoire de Mud n’est pas si différente, et les acteurs ressemblent étrangement à ceux du film de Reiner…

La comparaison avec Moonfleet est également incontournable : comme dans le chef-d’œuvre de Lang, le héros de Mud part à l’aventure en terres inconnues, et vit des aventures inquiétantes et ancrées dans la réalité, mais qui ressemblent forts à un fantasme d’enfant.

En partant à la recherche d’un bateau mystérieusement échoué au sommet d’un arbre (véritable « trésor » caché au cœur d’une île déserte), il fait la connaissance d’un homme recherché par la police et par la pègre, qui revient dans sa terre natale pour partir avec son amour de jeunesse. L’interprétation (magistrale) de Reese Whitherspoon en « princesse » portée sur l’alcool et les coups d’un soir, et celle (exceptionnelle) de Matthew McConaughey en « chevalier » un peu plouc et un peu neuneu (variation sympathique de son personnage de Killer Joe) n’enlèvent rien au fait que ce couple, même s’il est très ancré dans la misère sociale de la région, a tous les attraits d’un couple de conte.

Au premier degré, Mud est un beau film d’aventure, passionnant et romantique. Mais c’est surtout une œuvre puissante sur la fin de l’enfance. Tout n’est que symbole dans cette histoire. Ellis, au début du film, n’est qu’un enfant qui aime les balades avec son pote Neckbone, qui n’ose pas aborder les filles, qui rêve d’aventures et de voir l’endroit où le Mississippi est tellement large que ses rives disparaissent, mais dont les parents sont sur le point de divorcer…

Durant cet été-là, le couple explosera, et l’enfance d’Ellis avec. Pour faire face à ce séisme personnel, il se trouve (s’invente ?) un père de substitution, qu’il devra faire disparaître pour faire le deuil de son enfance (et de sa maison sur l’eau), et accepter que sa vie a pris un nouveau tournant.

L’Ange blanc (Night Nurse) – de William A. Wellman – 1931

Posté : 20 juin, 2013 @ 9:34 dans * Pre-code, 1930-1939, STANWYCK Barbara, WELLMAN William A. | Pas de commentaires »

L’Ange blanc (Night Nurse) – de William A. Wellman – 1931 dans * Pre-code lange-blanc

1931 est une grande année pour Wellman, qui signe plusieurs films dont L’Ennemi public (l’un des premiers classiques du film de gangster) et Safe in hell, œuvre à la fois sensuelle et très cruelle. Night Nurse se situe plutôt dans la lignée de ce dernier, et s’inscrit dans la grande tradition des films « pre-code ».

A quoi reconnaît-on un « pre-code » ? Aux tenues souvent légères des comédiennes, à la cruauté et l’amoralité des situations, à l’alcool et la drogue qui transforment des personnages respectables en rebus de l’humanité… Autant de critères que l’on retrouve dans ce petit bijou souvent déroutant, qui adopte un rythme enlevé et une apparente légèreté, pour raconter des horreurs absolues.

Car le personnage de Barbara Stanwyck (qui, comme dans d’autres films de cette époque, comme The Locked Door, se retrouve en nuisette – qu’elle porte joliment d’ailleurs – à la moindre occasion, et même sans occasion particulière), apprentie infirmière engagée par une riche famille pour veiller sur deux fillettes malades, découvre des enfants que l’on laisse littéralement mourir de faim, sous le même toit qu’une mère totalement ravagée par l’alcool, et manipulée par un médecin cocaïnomane. Jamais il n’est dit clairement que ce médecin se drogue, mais son corps est secoué de tels tics et rictus que le doute n’est pas permis…

Les apparitions du flirt de Barbara Stanwyck, un bootleger au sourire enfantin, donnent par moments les allures d’une comédie au film. Tout comme la blondeur sexy et innocente de Joan Blondell (Three on a match) font oublier par moments le drame terrible qui se joue. Mais le regard vide de ses fillettes qui vivent un calvaire, et la mâchoire crispée d’un Clark Gable encore débutant, et très méchant, le rappellent très vite.

La mise en scène de Wellman est brillante. Dès la toute première image, caméra embarquée à bord d’une ambulance lancée à toute allure, il nous plonge littéralement au cœur de l’action, nous trimballant dans les dédales d’un hôpital grouillant de vie avec ses joies (la maternité), ses souffrances (les urgences), et ses peines (dans les salles d’opération, parfois).

Cette première partie, située entièrement dans l’enceinte de l’hôpital, est exceptionnelle. Avec une fluidité et une rapidité étonnantes, Wellman rend palpable l’ambiance et l’effervescence de ce lieu souvent dur. La belle relation, loin d’être angélique, entre Barbara Stanwyck et Joan Blondell, souligne les aspérités de cette vie d’efforts. Un plan aussi simple qu’une main qui tort discrètement le bras de son amie pour l’empêcher de s’évanouir, se révèle très émouvant.

Le scénario n’est pas tout à fait à la hauteur de la mise en scène et de l’interprétation. La prudence de chacun, malgré l’état des fillettes, peut laisser dubitatif. Mais il y a une volonté d’éviter les raccourcis et toute facilité : la mère, par exemple, est totalement irrécupérable. Pas vraiment de morale à l’horizon, mais un film qui ose. Un « pre-code », quoi…

Night Nurse figure dans le volume 2 de la collection « Forbidden Hollywood », édité en zone 1 chez TCM Archives (avec The Divorcee de Robert Z. Leonard, A Free Soul de Clarence Brown, Three on a match de Mervyn LeRoy et Female de Michael Curtiz, tous des films pre-code).

 

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