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Archive pour le 2 juin, 2013

Le Cheval de Turin (A Torini lo) – de Béla Tarr – 2011

Posté : 2 juin, 2013 @ 6:31 dans 2010-2019, FANTASTIQUE/SF, TARR Bela | Pas de commentaires »

Le Cheval de Turin (A Torini lo) – de Béla Tarr – 2011 dans 2010-2019 le-cheval-de-turin

Un cheval tire avec peine une charrette dans un paysage désolé, balayé par une violente tempête. Le plan, le premier du film, est long, très long. Le cheval avance difficilement, tandis que la caméra le suit dans un travelling incroyable. Ce premier plan séquence du Cheval de Turin provoque une sensation exceptionnelle, une émotion qui s’explique difficilement, mais qui vous prend aux tripes.

Est-ce la beauté sidérante de ces images en noir et blanc ? Est-ce la musique lancinante et fascinante ? Les quelque deux heures vingt de ce film provoquent des émotions aussi fortes que cette première scène. Pourtant, le film est d’une langueur absolue. On pourrait dire qu’il ne se passe pas grand-chose : un père et sa fille qui répètent, jour après jour, les mêmes gestes du quotidien, dans une ferme isolée de tout par la tempête, et quasiment sans se parler.

Mais ces gestes, immuables mais filmés systématiquement de manière différente, sont fascinants. Ils en disent plus sur ces personnages, sur leur situation et leur état d’esprit, que de longs discours. Jour après jour, on assiste au même repas : une patate chacun, trop chaude, dévorée dans le silence… Pourtant, chacun de ces repas est différent. Les jours qui se suivent se ressemblent, mais sont pourtant radicalement différents, à cause de petits détails qui changent tout.

Les vers qui ne font plus de bruit dans les boiseries de la ferme, le cheval qui refuse d’avancer, puis de se nourrir, la visite impromptue d’un voisin, l’eau du puits qui disparaît, puis le feu… Les signes, d’abord très minces, se succèdent, annonçant un changement radical. Et chacun d’entre eux crée un malaise persistant.

Est-ce la fin du monde à laquelle on assiste ? Qu’importe : c’est un grand film que l’on découvre, l’œuvre d’un cinéaste qui sait faire parler les visages, les pierres et l’obscurité avec une profondeur inouïe, et qui filme le temps (et le cheval) comme personne ne l’a fait avant lui. Des films aussi puissants et beaux que ce Cheval de Turin ne sont pas si courants…

Le Piège (The Mackintosh Man) – de John Huston – 1973

Posté : 2 juin, 2013 @ 6:28 dans * Polars US (1960-1979), 1970-1979, HUSTON John, NEWMAN Paul | Pas de commentaires »

Le Piège (The Mackintosh Man) – de John Huston – 1973 dans * Polars US (1960-1979) le-piege

Film de genre, oeuvre sans doute mineure dans la filmographie de Huston, The Mackintosh Man est un thriller assez formidable, que le cinéaste réussit constamment à sortir des sentiers battus.

Le scénario, signé Walter Hill, est excellent, ménageant mystère et suspense. Newman interprète un espion chargé d’une mission très particulière : se faire condamner à une lourde peine de prison, dans le but d’infiltrer une organisation criminelle qui a mis au point un réseau d’évasion.

Mais Huston magnifie ce scénario original et efficace, en prenant systématiquement le contre-pied du film d’espionnage. Paul Newman n’a pas grand-chose d’héroïque, le « méchant » James Mason est charmant, et Dominique Sanda, le quota charme du film, est absolument glaciale. Le film excelle aussi par l’utilisation des décors, exceptionnelle et originale.

Les marécages d’Irlande dans une séquence d’évasion inoubliable et étonnante. Le plan où Paul Newman quitte la maison en feu et se dirige droit vers ces marécages barrés jusqu’à l’horizon de murs de pierres est inoubliable.
Dans ce film de genre, Huston excelle à créer des atmosphères, des ambiances. La longue séquence qui se déroule dans un petit village d’Irlande est incroyablement vivante.

Les séquences londoniennes, plus anecdotiques, n’en sont pas moins très réussies, grâce là encore à l’utilisation des décors : un marché à ciel ouvert, une station de métro, le Parlement… Autant de décors très british dont Huston fait des personnages à part entière, qui donnent le ton de chaque scène.

Changement d’ambiance, encore, avec le dénouement à Malte, île de rêve et de danger qui, pour les amateurs de Huston et de son premier film, évoque forcément beaucoup de choses.

La Bandéra – de Julien Duvivier – 1935

Posté : 2 juin, 2013 @ 6:24 dans * Polars/noirs France, 1930-1939, DUVIVIER Julien, GABIN Jean | Pas de commentaires »

La Bandéra – de Julien Duvivier – 1935 dans * Polars/noirs France la-bandera

Toute une époque, la meilleure de Gabin : celle de ses grands chefs-d’œuvre d’avant-guerre. Celui-ci est celui qui a fait de l’acteur une immense star. Un rôle qui conditionnera une grande parie de filmo d’avant-guerre.

La toute première scène est extraordinaire. Dans un Paris nocturne de studio, digne des décors de Borzage, Duvivier présente en quelques plans secs et frappants ce qui hantera le personnage de Gabin : un crime qu’il a commis rue Saint-Vincent, à Paris, et dont on ne saura pas grand-chose.

Toute la première partie est digne des plus grands films noirs américains : c’est la descente aux enfers d’un type qui n’a plus ni passé, ni avenir. Hyper noir, et filmé avec un sens du cadre exceptionnel, qui fait ressentir le poids du monde sur les larges épaules de Gabin, qui paraissent parfois bien frêles

Recherché, sans argent ni papier, il s’engage dans la Légion étrangère espagnole, dont Julien Duvivier filme le quotidien, les longues semaines d’inaction qui précédent le massacre annoncé. Le film est visiblement inspiré par La Patrouille perdue, de Ford, qui fut l’un des films américains les plus remarqués l’année précédente. Curieusement, cette communauté d’hommes aux passés obscurs, filmée dans son quotidien, fait penser au Ford à venir, celui du Massacre de Fort Apache surtout.

Duvivier est à la hauteur de ces références. Il signe avec La Bandéra un chef d’œuvre indémodable où tout sonne juste. Le jeu des acteurs (Gabin est immense), la lumière (impressionnante)… Même les transparences pourtant approximatives et les décors de carton-pâte sont magnifiques.

Et puis ces amitiés viriles, cette camaraderie d’un autre temps, avec ce langage de titi parisien qui, dans le désert, revêt une dimension particulière, ont un charme décidément indémodable.

 

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