Play it again, Sam

tout le cinéma que j’aime

Archive pour mai, 2013

Texas (Il Prezzo del Potere) – de Tonino Valerii – 1969

Posté : 14 mai, 2013 @ 10:23 dans 1960-1969, VALERII Tonino, WESTERNS | Pas de commentaires »

Texas (Il Prezzo del Potere) – de Tonino Valerii – 1969 dans 1960-1969 texas

Il n’y a pas que Leone et Corbucci dans le monde du spaghetti. Le non-spécialiste absolu que je suis a découvert avec un immense plaisir ce western italien signé Tonino Valerii (le réalisateur de Mon nom est Personne), assez passionnant et visuellement très impressionnant.

Le film possède les défauts qui me semblent inhérents au genre : une sur-utilisation du zoom (il n’y a décidément pas pire effet cinématographique) et une musique hyper présente, très inspirée de celles de Morricone. Un rien étouffante.

Mais surtout, il y a dans ce film un soin rare apporté à chaque plan, jusqu’au plus anodin. Et notamment l’utilisation d’un effet qui deviendra, plus tard, l’une des marques de fabriques les plus fascinantes de Brian De Palma : une image qui présente à la fois un très gros plan très net, et un arrière plan tout aussi net. Cet effet, presque généralisé dans les scènes de dialogues, illustre parfaitement la volonté de Valerii de soigner l’esthétique de son film, et renforce le malaise de ces scènes.

Côté scénario aussi, le film affiche une vraie ambition. Derrière cette histoire d’un ancien soldat impliqué malgré lui dans l’assassinat du président des Etats-Unis (joué par Van Johnson, l’écrivain aveugle de A 23 pas du mystère) se dissimule à peine l’assassinat de JFK, survenu six ans plus tôt, et que le film revisite façon western.

Le titre original (« le prix du pouvoir ») est d’ailleurs plus parlant que le titre français, Texas, qui rappelle quand même que l’histoire se déroule bel et bien à Dallas. On peut quand même se demander pourquoi la VF a fait du président un Sénateur… Raison de plus pour voir le film en italien.

Très loin du Dallas de 1963, ce Dallas-là est une petite ville de l’Ouest encore sauvage, mais la scène de l’assassinat semble être un copié-collé d’images que le monde entier connaît : celles de la mort de Kennedy. Une voiture décapotable, la réaction paniquée de l’épouse du président, et même la polémique sur l’identité du tireur et sur l’hypothèse d’un tueur isolé.

De ce président imaginaire, habité par la stature de Lincoln (omniprésent par le biais de portraits, ou de statues qui apparaissent subrepticement), le film fait un mixte fantasmé de Kennedy et Lincoln, une sorte de président définitif, grand homme politique qui croit en l’égalité entre les hommes.

Bien sûr, cet arrière-plan politique, aussi sincère soit-il, n’est qu’un prétexte. Le film est avant tout un vrai film de genre, avec un casting inattendu (on retrouve aussi Fernando Rey) autour de Giuliano Gemma, l’un des grands noms du cinéma de genre italien.

Relativement méconnu en France (sauf pour les grands amoureux du genre), Texas a souffert d’avoir été largement coupé lors de sa sortie française : il avait été amputé d’une vingtaine de minutes pour pouvoir être projeté dans un double-programme. La belle édition DVD d’Artus permet pour la première fois de découvrir la version intégrale de ce très bon spaghetti.

7h58 ce samedi-là (Before the devil knows you’re dead) – de Sidney Lumet – 2007

Posté : 13 mai, 2013 @ 1:36 dans * Thrillers US (1980-…), 2010-2019, LUMET Sidney | Pas de commentaires »

7h58 ce samedi-là (Before the devil knows you’re dead) – de Sidney Lumet – 2007 dans * Thrillers US (1980-…) 7h58-ce-samedi-la

Cinéaste passionné par les affres de la famille, Lumet conclut sa carrière avec une pure tragédie familiale digne de Shakespeare. On a vu à peu près tout dans son œuvre, sauf peut-être des familles équilibrées et tranquilles (pas très cinégéniques, c’est vrai). Mais là, le cinéaste va loin, très loin, avec cette histoire de deux frères acculés par leurs problèmes d’argent, qui préparent le braquage de la bijouterie de leurs parents.

Aucun risque, juré : les deux frangins connaissent parfaitement les lieux et les systèmes de sécurité, savent que leurs vieux parents seront couverts par l’assurance, et que l’argent qu’ils en tireront leur offrira une nouvelle chance… Devinez quoi : ce coup sans risque va tourner au cauchemar. Un comparse chargé à la coke, un échange de coups de feu… et cette arnaque provoque la mort de la vieille maman, et le chagrin abyssal du père, magnifique Albert Finney.

C’est beaucoup ? Ce n’est pourtant que le début. Dans la grande tradition du film noir, Lumet s’intéresse aux conséquences de ce drame, à la descente aux enfers inexorables des deux frères, au sentiment de panique, de désespoir et de douleur auxquels ils réagissent très différemment. L’un dévoré par ses remords (Ethan Hawke, toujours très intense), l’autre laissant sa part monstrueuse prendre le dessus (Philip Seymour Hoffman, immense) et se coupant de tout et tous : son père, son frère, et sa femme (Marisa Tomei, qui n’a jamais été aussi belle et émouvante).

C’est du très grand film noir, qui excelle à faire ressentir la spirale infernale dans laquelle ces deux paumés sont plongés. Et la construction en puzzle, faite d’allers et retour incessants entre le braquage, les préparatifs et les conséquences, peut sembler artificielle, mais elle renforce le sentiment de tragédie et de piège inexorable.

En signant son film le plus fort depuis des lustres, Lumet tire sa révérence de la plus belle manière, avec un chef d’œuvre qui fait oublier les déceptions des dernières années.

12
 

Kiefer Sutherland Filmographie |
LE PIANO un film de Lévon ... |
Twilight, The vampire diari... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | CABINE OF THE DEAD
| film streaming
| inderalfr