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Archive pour mai, 2013

Le Tueur de Boston (The Strangler) – de Burt Topper – 1964

Posté : 31 mai, 2013 @ 1:44 dans * Polars US (1960-1979), 1960-1969, TOPPER Burt | Pas de commentaires »

Le Tueur de Boston (The Strangler) – de Burt Topper – 1964 dans * Polars US (1960-1979) le-tueur-de-boston

Victor Buono, acteur adipeux au physique imposant, aux yeux clairs, et au sourire d’enfant, déshabillant une poupée d’une manière très sexuée après avoir tué une femme… Cette image dérangeante, malsaine, habite ce film noir très imparfait, mais assez marquant grâce à son acteur, monstre à la fois attachant et répugnant, qui trouve le rôle de sa vie.

Burt Topper, dont c’est le film le plus marquant, n’est pas un immense cinéaste, c’est une évidence. Sa mise en scène est la plupart du temps assez basique, et un peu raide. Mais il réussit quelques beaux de suspense, en particulier la toute dernière scène, franchement effrayante.

Mais le film prend une dimension particulière quand Victor Buono est à l’œuvre. Dès la première séquence, Topper lève le voile sur ce tueur qui sévit à Boston : c’est ce type au physique ingrat, jeune homme parfaitement intégré dans la société, mais victime d’une mère castratrice qui, à bien des égards, apparaît comme le véritable monstre du film, une mère qui étouffe son fils, le rabroue et l’humilie, pour mieux le garder pour elle seule. Une sorte de version non empaillée de Norma Bates.

Buono est terrifiant et monstrueux, oui, mais il est aussi bouleversant. Bourreau et victime à la fois, ce tueur parfois presque enfantin peut se montrer terriblement pathétique (la demande en mariage). Etrange de ressentir de la pitié pour un tel monstre…

Contrairement à ce que le titre français précise, le film ne mentionne jamais Boston. Mais ce tueur est directement inspiré par Albert Desalvo, le fameux tueur qui inspirera aussi Richard Fleischer pour son Etrangleur de Boston, et qui venait alors d’être arrêté.

Night and day (Knight and day) – de James Mangold – 2010

Posté : 31 mai, 2013 @ 1:37 dans 2010-2019, ACTION US (1980-…), CRUISE Tom, MANGOLD James | Pas de commentaires »

Night and day (Knight and day) – de James Mangold – 2010 dans 2010-2019 night-and-day

James Mangold a beau toucher à tous les genres, la comédie ne tient pas une grande place dans sa filmographie. Night and day fait donc figure de baptême du feu, et le résultat est plus que concluant : il y a bien longtemps que je n’avais pas ri autant qu’avec cet hommage amusé à James Bond et à La Mort aux trousses.

Tom Cruise joue un super agent secret aussi doué que le Ethan Hunt de Mission : Impossible, capable des mêmes exploits physiques, à cela prêt que le ton est clairement à la parodie ici. Jamais Mangold ne se prend au sérieux, enchaînant les scènes comme on passe d’une carte postale à une autre, grâce à des astuces rigolardes qui évitent de perdre du temps avec des transitions qui tueraient le rythme.

Sidekick blonde et pétillante de Tom Cruise, Cameron Diaz est la victime perpétuelle de ces astuces : son personnage étant régulièrement assommée, endormie, ou droguée, et se réveillant dans un lieu différent… et très exotique. L’histoire, d’ailleurs, importe peu : seule compte la manière de filmer ce couple improbable (un super espion, et une jeune femme sans histoire) amené à faire équipe contre une bande de traîtres et de tueurs, et le plaisir de les voir dans les situations les plus inattendues et les plus explosives.

Un avion sans pilote que super Tom pose dans un champs, une fusillade mémorable à moto… Les moments de bravoure s’enchaînent, toujours surprenantes. Cameron Diaz est fraîche et hilarante, Tom Cruise se moque de lui-même avec intelligence, les seconds rôles sont aussi caricaturaux qu’hilarants, et on prend un plaisir fou devant cette comédie d’action folle et joyeuse, brillant exercice de style, pur plaisir d’une infinie légèreté, qui prend le parti du mouvement perpétuel, à la manière du Hitchcock de North by Northwest dont il reprend la structure, la volonté de filmer des décors fortement marqués, et l’utilisation du fameux macguffin, objet mystérieux qui n’est qu’un prétexte pour faire avancer l’histoire.

Le Criminel (The Stranger) – d’Orson Welles – 1946

Posté : 24 mai, 2013 @ 12:01 dans * Films noirs (1935-1959), 1940-1949, WELLES Orson, YOUNG Loretta | Pas de commentaires »

Le Criminel (The Stranger) – d’Orson Welles – 1946 dans * Films noirs (1935-1959) le-criminel

Bien sûr, il y a Citizen Kane, Le Procès, La Splendeur des Amberson, La Soif du Mal… Mais on aurait tort de mésestimer ce « simple » film noir souvent oublié dans la liste des chef d’œuvre de Welles, mais qui fait bel et bien partie de ses réussites majeures. Il faut dire que le cinéaste lui-même évoquait Le Criminel comme un film anecdotique dans sa carrière. Mais Welles, comme d’autres grands cinéastes (Von Stroheim ou Hitchcock par exemple) avait la dent dure avec certains de ses films, et souvent bien trop dure.

Il faut dire que l’époque de ses débuts semble déjà loin : plus jamais il n’a eu (ni n’aura) la liberté totale sur ses films comme il l’a eue pour Citizen Kane. Victime des coupes brutales imposées par ses producteurs, et à des difficultés de plus en plus grandes à monter ses films, Welles accepte pour la première fois de réaliser un film de commande, et de se plier aux règles d’un genre bien établi. Mieux (ou pire) : le film entre dans le cadre des productions patriotiques nées de la seconde guerre mondiale.

Le conflit est terminé, mais la communauté internationale observe avec passion le sort réservé aux anciens bourreaux nazis. Hollywood y tient son rôle (comme elle l’avait fait pendant le conflit), et produit de nombreux films consacrés à la traque des nazis (Pris au piège par exemple). Celui-ci en fait partie, et applique à cette traque une intrigue qui ressemble étrangement à celle au cœur de L’Ombre d’un doute d’Hitchcock : un inspecteur soupçonne le paisible notable d’une petite ville d’être le criminel (en l’occurrence un important dirigeant du Reich) qu’il recherche.

On le voit, le projet de Welles semble hyper balisé. Pourtant, le résultat est un pur film wellesien, un chef d’œuvre porté par la prestation d’un trio d’acteurs fabuleux (Welles lui-même dans le rôle glaçant du nazi, Edward G. Robinson royal, et Loretta Young sublime dans le rôle le plus complexe, celui de la femme tiraillée entre son amour et sa répulsion pour cet homme dont elle ignorait le passé) et surtout par la mise en scène exceptionnelles du cinéaste.

Mouvements de caméra envoûtants, noir et blanc profond, ombres inquiétantes… Welles annonce déjà avec génie le travail qu’il effectuera sur La Dame de Shanghai, son film suivant. Le plan le plus insignifiant prend une dimension particulière grâce au soin immense apporté à sa composition, les décors, les objets, les ombres… créant des cadres dans le cadre qui semblent emprisonnés ses personnages : le flic Robinson cerné par des ennemis invisibles, le monstre Welles qui voit sa nouvelle vie partir en vrille, et la douce Loretta Young tourmentée par ses horribles doutes…

D’une production modeste répondant à des impératifs immenses, Orson Welles tire l’un de ses grands chef d’œuvre, un film passionnant, terrifiant, et constamment fascinant.

Le Mystère de la chambre close (The Kennel Murder Case) – de Michael Curtiz – 1933

Posté : 23 mai, 2013 @ 10:20 dans * Pre-code, 1930-1939, CURTIZ Michael | Pas de commentaires »

Le Mystère de la chambre close (The Kennel Murder Case) – de Michael Curtiz – 1933 dans * Pre-code le-mystere-de-la-chambre-close

Petite perle méconnue signée Curtiz, déjà à la Warner, mais avant ses grands chef d’œuvre, de L’Aigle des Mers à Casablanca. Grâce à sa signature, c’est l’épisode le plus fameux (et le plus facile à voir) d’une série de whodunit dont le héros est un certain Philo Vance, espèce d’aristocrate dilettante, justicier à ses heures, imaginé par S.S. Van Dine dans une série de douze romans publiés entre 1926 et 1939.

Très populaires dans l’entre-deux-guerres, ces romans ont connus de nombreuses adaptations à la radio et au cinéma : pas moins de quinze films tournés entre 1929 et 1947. Celui-ci marque les retrouvailles de William Powell avec le personnage, après trois ans d’absence. D’où un « ça faisait longtemps » lancé au flic débonnaire interprété par l’énorme Eugene Pallette. Powell avait été l’interprète des trois premiers films de la série, avant de laisser la place (pour un seul film) à Basil Rathbone. C’est toutefois sa dernière participation à la série : dès l’année suivante, il se consacrera à un autre détective célèbre, Nick Charles, dans la série des Thin Man.

L’esprit est celui des romans policiers en vogue à l’époque, mais totalement passés de mode : des mystères à la Agatha Christie où tout repose sur l’identité du meurtrier. Tous les personnages ont une raison d’avoir commis le crime, et l’inspecteur dévoilera le nom du vrai coupable lors d’une scène finale qui réunit tous les suspects dans une même pièce. Ajoutez à cela un meurtre commis dans une pièce fermée de l’intérieur… On est dans un whodunit très classique.

Mais dès la première séquence, Curtiz donne à son film un rythme assez ébouriffant. Dans le décor très inattendu d’un concours canin, tous les protagonistes sont présentés avec leurs caractéristiques et leurs animosités, avec une mise en scène d’une légèreté et d’une efficacité impressionnantes.

Le scénario n’a franchement rien de mémorable, mais le film est dynamisé par des tas de belles idées de mise en scène, comme cette utilisation d’une maquette d’abord comme faux décor, puis comme un authentique modèle réduit que le héros démonte devant la caméra : un beau jeu sur les apparences et les trompe-l’œil, au cœur de film réjouissant.

Le choix des acteurs aussi, est parfait : le charme de William Powell agit, tandis que l’embonpoint de Pallette assure le contrepoint humoristique. A leur côté, on retrouve aussi Mary Astor, la future Brigid O’Shaughnessy du Faucon Maltais.

Appelez Nord 777 (Call Norhside 777) – de Henry Hathaway – 1948

Posté : 22 mai, 2013 @ 4:43 dans * Films noirs (1935-1959), 1940-1949, HATHAWAY Henry, STEWART James | Pas de commentaires »

Appelez Nord 777 (Call Norhside 777) – de Henry Hathaway – 1948 dans * Films noirs (1935-1959) appelez-nord-777

Le film d’Hathaway s’inspire d’un fait authentique. Une petite annonce a attiré l’attention d’un journaliste américain : une vieille dame lançait un appel à quiconque pourrait donner une information qui permettrait d’innocenter son fils, emprisonné depuis onze ans pour le meurtre d’un policier. Le point de départ est déjà passionnant, mais l’implication du journaliste, les problèmes de société que son enquête soulève (la place du journaliste, le sérieux de la police…), et l’approche choisie par Hathaway, font du film une œuvre majeure.

C’est un style quasi-documentaire que le cinéaste adopte : une voix off qui intègre constamment l’enquête dans son contexte historique, un noir et blanc au grain épais proche des authentiques images d’archive, et la décision de tourner dans les vrais décors du drame. Les rues de Chicago sont celles où le journaliste a vraiment enquêté, la prison est celle où le fils a passé onze ans de sa vie… Il y a un vrai accent d’authenticité dans ce film, notamment dans sa manière de montrer la communauté polonaise, au cœur de l’histoire.

Les quartiers populaires et miséreux, où les appartements transpirent la pauvreté et la promiscuité, sont formidablement filmés, tout comme ces bars innombrables qui semblent totalement privés de joie et d’entrain. C’est l’une des grandes forces du film : réussir à faire ressentir le quotidien miséreux de cette communauté d’immigrés qui peinent à se trouver une place dans cette Amérique pas si accueillante. Un quotidien qui contraste avec celui du journaliste et de sa jeune épouse, image presque stéréotypée du couple américain moyen, qui boit des bières en faisant des puzzles.

James Stewart, forcément, est le choix idéal pour jouer cet Américain au grand cœur, lueur d’espoir dans une société qui n’accorde pas la même chance à tous. C’est aussi un grand film sur le monde de la presse, avec une vision certes romantique du métier de journaliste, mais parfaitement lucide : Stewart joue certes les redresseurs de tort, mais son enquête répond d’abord à la nécessité de plaire aux lecteurs, et aux financeurs. Call Northside 777, chef d’œuvre de plus à mettre au crédit d’un Hathway décidément très sous-évalué, est un grand film américain..

Identity (id.) – de James Mangold – 2003

Posté : 22 mai, 2013 @ 10:09 dans * Thrillers US (1980-…), 2000-2009, FANTASTIQUE/SF, MANGOLD James | 1 commentaire »

Identity (id.) – de James Mangold – 2003 dans * Thrillers US (1980-…) identity

James Mangold revisite les 10 petits nègres, à la manière du slasher. Un lieu coupé du monde, dix personnages qui ne se connaissent pas et qui sont obligés de cohabiter, les éléments qui se déchaînent, et le casting qui se fait dessouder petit à petit et de manières très différentes : décapité, empalé, écrasé, explosé… C’est à un jeu de massacre saignant et jouissif que Mangold nous convie.

Difficile d’en dire plus sur l’histoire sans dévoiler le rebondissement final, et sans gâcher le plaisir très grand que l’on prend à se laisser manipuler. Mais dans la série des trompe-l’œil agaçant (Sixième Sens, Les Autres, Shutter Island…), celui-ci surprend agréablement. Dès le début, on réalise qu’on n’est pas dans un shasher de plus, et qu’il y a une force inattendue qui réunit ces dix personnages par cette nuit de tempête. Mais l’intelligence du scénario et son originalité font mouche, même si le fameux rebondissement arrive sans doute trop vite, vidant le dernier quart d’heure de son mystère et de son intérêt.

Malin, Mangold donne à ses acteurs des rôles volontairement stéréotypés (le héros au lourd passé pour John Cusack, le flic intense pour Ray Liotta, la pute qui rêve d’un meilleur avenir pour Amanda Peet, l’ex star capricieuse pour Rebecca de Mornay, le tueur psychopathe pour Jake Busey… même Clea Duvall retrouve un emploi qui ressemble comme deux gouttes d’eau à celui qu’elle avait dans Ghosts of Mars), choix qui accentue l’aspect irréel de cette communauté forcée, comme des indices semées sur la piste du mystère.
Ben oui, difficile d’en dire plus sans en dire trop…

En tout cas, on marche à fond (sauf à la fin, donc) dans ce film d’horreur brillamment réalisé par un James Mangold décidément surdoué dans tous les genres. Copland, 3h10 pour Yuma… Quel que soit le genre abordé, Mangold se l’approprie, surprend et pose sa patte. Un auteur, quoi…

L’Aventurier du Rio Grande (The Wonderful country) – de Robert Parrish – 1959

Posté : 21 mai, 2013 @ 1:57 dans 1950-1959, MITCHUM Robert, PARRISH Robert, WESTERNS | Pas de commentaires »

L’Aventurier du Rio Grande (The Wonderful country) – de Robert Parrish - 1959 dans 1950-1959 laventurier-du-rio-grande

Gringo pour les Mexicains, « l’homme qui vit au Mexique » pour les Américains… Robert Mitchum est un homme sans patrie, qui se sent étranger où qu’il soit, d’un côté ou de l’autre du Rio Grande. C’est ce sentiment d’être un étranger partout qui est au cœur de ce beau western signé Robert Parrish, cinéaste méconnu mais personnage attachant et intimement lié à l’âge d’or d’Hollywood, dont il est une sorte d’héritier désigné.

Petit marchand de journaux aperçu dans une belle scène des Lumières de la Ville, proche de John Ford pour qui il a tenu plusieurs petits rôle, et monté ses documentaires de guerre, Parrish a grandi à Hollywood (c’est d’ailleurs le titre de sa formidable autobiographie, document indispensable sur Hollywood) avant de devenir un cinéaste audacieux, singulier et passionnant.

Parrish aime filmer des personnages en dehors de tous les stéréotypes, et cherche à surprendre dans les scènes les plus anodines, y compris dans sa manière de filmer les paysages, parfois baignés de brumes et magnifiques..

C’est un curieux western, vraiment, dont le seul fil conducteur est ce Brady, Mitchum, qui fait d’incessants allers et retour entre le Mexique et les Etats-Unis, voyages qui semblent illustrer les doutes et dilemmes moraux du personnage. Un « héros » qui passe un bon tiers du film immobilisé après s’être bêtement cassé la jambe. L’accident est lui-même filmé d’une manière très originale : une fougère qui roule dans les pattes du cheval et désarçonne Mitchum, dans un plan d’une beauté étonnante.

Tous les personnages sont comme ça, loin des types habituels du western. Charles McGraw dans un contre-emploi absolu, médecin très attachant. Pedro Armendariz en « gouverneur » mexicain au bord de la folie. Gary Merrill en officier hautain qui semble curieusement très fragile. Ou sa femme Julie London, beau personnage dont Parrish filme la détresse avec une infinie délicatesse. Et Mitchum bien sûr, immense. Sa nonchalance légendaire prend ici une dimension particulière, celle d’un homme qui croît à peine avoir droit à la rédemption.

Tout est réussi dans ce film : les amitiés (parfois inattendues, comme celle entre le héros et un jeune immigrant allemand), les scènes de bataille (impressionnantes et cruelles), la romance impossible entre Mitchum et London, et même les deux grandes scènes de fêtes populaires, l’une au Mexique, l’autre aux Etats-Unis, que Parrish filme avec un sens du détail, soulignant avec réalisme les différences de ces deux modes de vie. C’est passionnant.

L’Egyptien (The Egyptian) – de Michael Curtiz – 1954

Posté : 20 mai, 2013 @ 3:21 dans 1950-1959, CARRADINE John, CURTIZ Michael, TIERNEY Gene | Pas de commentaires »

L’Egyptien (The Egyptian) – de Michael Curtiz – 1954 dans 1950-1959 legyptien

La filmographie de Michael Curtiz en dehors de la Warner, où il a signé ses plus grands chef d’œuvre (des Aventures de Robin des Bois à Casablanca, le gars les a enchaînés pendant près de vingt ans) n’a pas vraiment bonne réputation. Et c’est vrai que, loin du studio de ses débuts hollywoodiens, Curtiz semble avoir perdu une partie de son talent, ce qui a fait penser que le vrai génie était la fameuse atmosphère Warner, plutôt que le cinéaste lui-même.

C’est évidemment injuste, et la réussite de certains films plus tardifs vient réhabiliter Curtiz : Les Comancheros par exemple, ou Le Fier rebelle, côté westerns. Cet Egyptien est également hautement recommandable. Curtiz réussit à ne pas se laisser étouffer par son énorme budget, ses décors pharaoniques et ses milliers de figurants. Il réussit ce qu’il faisait si bien à la Warner : il crée une vraie atmosphère, et donne à son film un rythme exceptionnel, sans le moindre temps mort.

C’est sans doute l’un des meilleurs péplums de cette période, un film où, comme souvent, le destin personnel d’un homme est intimement lié à celui de leur civilisation. Et où, comme souvent, la distribution est prestigieuse : Jean Simmons, Victor Mature, Gene Tierney (dans un rôle totalement inintéressant, mais Gene Tierney quand même…), Peter Ustinov, John Carradine, Michael Wilding… et dans le rôle principal un certain Edmund Pardom.

Le personnage principal est particulièrement complexe et réussi : un type bien qui se destine à la médecine pour les pauvres, devient un proche du pharaon (dont il apprendra qu’il est le demi-frère), et finit par trahir toutes ses valeurs et tous ses proches pour l’amour d’une femme qui profite de lui, avant de trouver la rédemption, mais trop tard, grâce à une femme qui l’aime vraiment.

Il y a tout ce qu’on aime dans cet Egyptien : de l’amour, de la trahison, une amitié complexe (avec l’incontournable Victor Mature), le souffle du destin, des moments de bravoure (notamment l’attaque d’un lion). Curtiz, par contre, échoue lorsqu’il s’agit d’évoquer les troubles de cette époque marquée par le choc des religions. La violence et l’intolérance ne sont qu’évoquées et, malgré une séquence de chaos assez impressionnante, restent à l’état de simple toile de fond. Sur ce sujet, le Agora d’Amenabar sera nettement plus convaincant.

Alex Cross (id.) – de Rob Cohen – 2012

Posté : 20 mai, 2013 @ 3:16 dans * Thrillers US (1980-…), 2010-2019, ACTION US (1980-…), COHEN Rob | Pas de commentaires »

Alex Cross (id.) – de Rob Cohen – 2012 dans * Thrillers US (1980-…) alex-cross

Alex Cross est le héros d’une série de romans signés James Patterson déjà adaptés deux fois au cinéma avec Morgan Freeman dans le rôle principal (Le Collectionneur et Le Masque de l’araignée, dans lesquels l’acteur surfait sur le succès de Seven) : un profiler qui traque des tueurs en série en s’identifiant à eux.

Ce « reboot » (la pratique est décidément très à la mode) présente un Alex Cross qui s’apprête à faire son entrée au FBI, suite à une tragédie personnelle qui fait du tueur qu’il piste une proie très personnelle. Pourquoi pas… Ce pitch était la promesse d’une petite soirée plutôt sympathique : les deux films avec Morgan Freeman étaient très efficaces à défaut d’être des chefs d’œuvre, et Rob Cohen est le réalisateur d’un Daylight que j’ai toujours beaucoup aimé.

Sauf que Tyler Perry n’a pas le dixième du charisme (ou du talent) de Morgan Freeman, et que Cohen est aussi le réalisateur de Fast and Furious et xXx, et que Daylight fait plutôt figure d’heureuse exception dans une filmographie un rien douteuse.

Violent et très sombre, ce Alex Cross remplit son cahier des charges assez efficacement, mais le plaisir qu’on aurait pu prendre est gâché par une accumulation de mauvais choix de réalisateur. Une caméra souvent portée à l’épaule qui donne l’impression que Cohen a définitivement déposé les armes, tombant dans le pire travers de la facilité (tu veux pas te casser la tête à composer un plan qui fasse mouche ? t’as qu’à faire trembler ta caméra, ça marche toujours…).

Vers la fin du film, les choses se gâtent encore : la caméra embarquée dans une voiture adopte soudain le point de vue du tueur ; puis l’image devient soudain plus froide, sans transition ni autre raison que de signaler qu’on arrive dans le climax du film… Au lieu de renforcer le drame, ces effets ratés ne font que casser un rythme déjà discutable.

Et puis, si Tyler Perry est irréprochable (malgré son manque manifeste de charisme), Matthew Fox fait un numéro de dingue. Son but, visiblement : camper un méchant inoubliable. Son résultat : être grotesque, constamment dans l’excès.

A condition d’être dans une particulièrement bonne humeur, le film se laisse voir avec un certain plaisir. Mais on est bien dans le tout venant hollywoodien, sans personnalité, ni originalité.

Un train pour Durango (Un treno per Durango) – de Mario Caiano – 1968

Posté : 14 mai, 2013 @ 10:27 dans 1960-1969, CAIANO Mario, WESTERNS | Pas de commentaires »

Un train pour Durango (Un treno per Durango) – de Mario Caiano – 1968 dans 1960-1969 un-train-pour-durango

Retour au spaghetti après l’excellent Texas. Ce Train pour Durango fait partie de la même vague de DVD proposée par l’éditeur Artus, spécialisé dans la curiosité du cinéma de genre. Celui-ci est quand même nettement moins excitant que le film de Valerii. Beaucoup plus proche de la parodie, même s’il y a une vraie originalité dans cette histoire de deux losers absolus qui se retrouvent embarqués malgré eux dans une chasse au trésor en plein cœur d’un règlement de comptes entre gangs rivaux. Oui, une espèce de parodie « lose » de Pour une poignée de dollars, l’acte de naissance officiel du western spaghetti.

Le réalisateur Mario Caiano réussit au moins une chose : faire de son film un mouvement continu qui parvient à maintenir l’intérêt en surprenant continuellement le spectateur. Un va-et-vient incessant entre l’humour (souvent noir, parfois lourdingue), l’action (les fusillades s’enchaînent) et l’extrême gravité (l’histoire se met en place à la suite d’un carnage hallucinant dans un train).

C’est à la fois la force et la faiblesse du film : savoir changer continuellement de ton. La force, parce que ces variations empêchent l’ennui de s’installer. La faiblesse, parce qu’enchaîner un massacre particulièrement cruel et sanglant, et un gag digne de Terence Hill et Bud Spencer a de quoi laisser pantois.

Dès la première scène d’ailleurs, le réalisateur fait le choix de dérouter, en présentant l’un de ses deux héros (Anthony Steffen, gentil idiot) avec une balle dans le cul. Étonnant… Et ces détails comiques outranciers n’en finissent plus, malgré la violence omniprésente qui, elle, n’est pas filmée au rabais. Mais ces accès de violence sont systématiquement désamorcés par des dialogues assez drôles, ou par les apparitions régulières d’un étrange justicier en costume rayé qui traverse l’Ouest sauvage en automobile.

Étrange western spaghetti, vraiment, qui respecte toutes les règles du genre (une musique tonitruante, des scènes très violentes, des grands espaces, de la sueur, du sang…), mais avec une approche parodique très inattendu…

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