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Archive pour avril, 2013

Je ne voudrais pas être un homme (Ich möchte kein Mann sein) – d’Ernst Lubitsch – 1918

Posté : 5 avril, 2013 @ 6:11 dans 1895-1919, FILMS MUETS, LUBITSCH Ernst | Pas de commentaires »

Je ne voudrais pas être un homme (Ich möchte kein Mann sein) – d’Ernst Lubitsch - 1918 dans 1895-1919 je-ne-voudrais-pas-etre-un-homme

Ce film de jeunesse de Lubitsch est loin de la sophistication de ses grands chefs-d’œuvre à venir, y compris muets (L’Eventail de Lady Windermere…), mais c’est une comédie charmante, déjà bien plus élaborée que Quand j’étais mort, marivaudage tourné deux ans plus tôt, et qui est le plus ancien de ses films qui nous soient connu.

Cette fois encore, Lubitsch adopte une construction ouvertement théâtrale, en trois actes clairement annoncés. Premier acte : une jeune femme qui a envie de s’amuser comme un homme souffre des réprimandes constantes de ses tuteurs. Deuxième acte : elle décide de se déguiser en homme pour pouvoir s’amuser dans une boîte de nuit où l’alcool coule à flot. Troisième acte : son tuteur, qui la prend toujours pour un homme, tombe sous son charme…
Le début de ce moyen métrage est, justement, un peu trop théâtral : la caméra reste frontale et statique, la mise en scène peu inspirée, et le jeu des comédiens trop caricatural.

Mais ces défauts disparaissent comme par magie, et l’action s’accélère, tandis que l’héroïne arrive dans la boîte de nuit, et qu’elle se laisser griser par l’alcool. On retrouve alors le rythme saisissant de Lubitsch.

Le ton est très léger, mais politiquement très incorrect, et surprenant. Lubitsch, sous des allures de farce, aborde la confusion des genres, ou l’homosexualité. C’est vif et drôle, et jamais donneur de leçon. Ce Lubitsch-là n’est pas un sommet, mais c’est une étape importante dans l’évolution du cinéaste. Une belle curiosité.

L’Etrangleur de Boston (The Boston Strangler) – de Richard Fleischer – 1968

Posté : 5 avril, 2013 @ 2:27 dans * Polars US (1960-1979), 1960-1969, CURTIS Tony, FLEISCHER Richard | Pas de commentaires »

L’Etrangleur de Boston (The Boston Strangler) – de Richard Fleischer – 1968 dans * Polars US (1960-1979) letrangleur-de-boston

Maître du polar de série B des années 40 (avec Anthony Mann), Richard Fleischer revient au noir, mais avec une envie de dynamiter le genre. Pour porter à l’écran l’histoire authentique d’un tueur en séries, qui a sévit dans le Boston du début des années 60, Fleischer adopte une approche quasi-documentaire (même si de nombreuses libertés sont prises par rapport à la réalité) dans la peinture de policiers au travail, mais aussi pour retranscrire l’atmosphère de paranoïa grandissante dans cette Amérique bouleversée par la mort de son président.

Le film est clairement divisé en deux parties, d’importance et de durée égales. La première s’intéresse à l’enquête qui piétine, aux multiples fausses pistes, aux tâtonnements d’une police qui met un temps à fou à s’organiser autour du flic qui servira de pivot, interprété par Henry Fonda.

Surtout, Fleischer, la même année que Norman Jewison avec L’Affaire Thomas Crown, révolutionne l’utilisation du « split screen », qu’il utilise pour filmer les meurtres, et surtout l’effet que leurs découvertes ont sur la population. Cette technique permet d’accroître le sentiment d’insécurité qui règne, et témoigne aussi de la schizophrénie d’un tueur dont on ne connaît encore rien.

Toute cette première partie est passionnante et effrayante, et ouvre la porte aux grands polars réalistes qui marqueront la décennie suivante, notamment ceux de Siegel et Friedkin (qui avait d’ailleurs été pressenti un temps pour réaliser le film). Ce réalisme rend parfaitement le chaos total de l’enquête.

Et puis il y a la scène centrale, celle où le visage du vrai tueur nous est enfin dévoilée, pas dans ses pratiques criminelles, mais dans son environnement familial. Un travelling lent et impressionnant nous montre Tony Curtis, père de famille regardant sans un mot l’enterrement de JFK à la télévision, alors que sa charmante femme et ses jeunes enfants pleins de vie s’affairent autour de lui. Alors qu’on s’attendait à découvrir un maniaque, asocial et malsain, on découvre un Américain lambda, à l’apparence banale et visiblement bien intégré, père d’une jolie famille.

C’est alors un autre film qui commence, porté par un Tony Curtis exceptionnel, dans ce qui est peut-être la meilleure prestation de sa carrière. Un tueur névrosé, qui se livre à un combat intérieur entre ses deux personnalités, sans jamais tomber dans l’excès ou le grotesque.

Cette dualité du personnage de Curtis eplose dans un long face-à-face avec Henry Fonda, après que ce dernier (avec George Kennedy) a réalisé que le type qu’il venait de croiser par hasard était sans doute le tueur qu’il cherchait depuis si longtemps… Une scène brillante.

Désormais, le film n’a plus rien d’un polar : il est le portrait d’un type perturbé qui refuse de regarder en face le monstre qu’il est. Curtis réussit la gageure de nous rendre ce tueur en série absolument tragique, et c’est tout aussi passionnant.

Quantum of Solace (id.) – de Marc Forster – 2008

Posté : 5 avril, 2013 @ 2:19 dans 2000-2009, ACTION US (1980-…), FORSTER Marc, James Bond | Pas de commentaires »

Quantum of Solace (id.) – de Marc Forster – 2008 dans 2000-2009 quantum-of-solace

Casino Royale avait fait mieux que relancer la saga 007. Le film avait fait de James Bond, personnage vieillissant, l’un des héros d’action les plus excitants du moment. Autant dire que la suite était attendue avec impatience. D’autant plus que, fait sans précédent, ce Bond-là est la suite directe du précédent, bouclant un diptyque original chargé de poser les nouvelles bases du personnage : plus sombre, plus douloureux, plus physique, plus violent.

Avec Quantum of Solace, l’effet Daniel Craig joue toujours parfaitement, mais le film se situe quand même à un cran nettement inférieur. Contrairement au précédent, celui-ci est parfois un peu brouillon. Et la mise en scène de Marc Forster, en particulier dans la première moitié, manque parfois cruellement d’inventivité et de virtuosité.

La poursuite sur les toits de Séville tombe ainsi un peu à plat : on imagine ce qu’elle aurait donné devant la caméra d’un Johnnie To ou d’un Tsui Hark. En particulier cette fusillade, suspendue à des cordes, qui rappelle sans l’égaler quelques moments mémorables de Time and Tide.

Cinéaste peu habitué à l’action, Forster n’a pas le classicisme de Martin Campbell, réalisateur de Casino Royale, ou le talent énorme de Sam Mendes, qui signera Skyfall. Son style syncopé dans les scènes d’action finit par perdre et lasser le spectateur. Quelques belles idées tombent alors un peu à plat, comme la « conférence » pendant la Tosca, qui demandait la virtuosité du Coppola du Parrain 3.

Pour être honnête, c’est la comparaison avec Casino Royale (ou Skyfall) qui plombe ce Quantum of Solace, tout de même nettement supérieur à tous les Brosnan et tous les Moore. On y trouve d’ailleurs quelques fulgurances, et de beaux passages plus intimes, comme les face-à-face entre Bond et Mathis, qu’on a plaisir à retrouver après le précédent film, et qui laisse transparaître l’homme qui souffre derrière la carapace du matricule 007.

Cette fois encore, peu de James Bond girls : une seule, mais pas n’importe laquelle. Olga Kurylenko est d’une beauté à couper le souffle, et son personnage, très présent, est particulièrement réussi. Plus, en tout cas, que le grand méchant interprété par Mathieu Amalric, dont le parti-pris de le filmer comme un type normal tombe totalement à plat.

La seconde partie du film est plus excitante. L’arrivée de Bond et Olga dans un village de Bolivie privé d’eau est saisissante, tout comme la séquence finale, dans un improbable hôtel high tech perdu au milieu du désert, qui rappelle les bases secrètes des vieux Bond.

Ce Bond en demi-teinte n’est certes pas aussi excitant que le précédent, ou le suivant. Mais il ne manque pas d’un certain charme, et confirme la nouvelle direction prise par la saga : révolutionner la série, tout en respectant son histoire. En cela, le film est très réussi.

• Voir aussi : Casino Royale et Skyfall.

Casino Royale (id.) – de Martin Campbell – 2006

Posté : 3 avril, 2013 @ 12:11 dans 2000-2009, ACTION US (1980-…), CAMPBELL Martin, James Bond | Pas de commentaires »

Casino Royale (id.) – de Martin Campbell – 2006 dans 2000-2009 casino-royale

Pierce Brosnan a sauvé James Bond, renouant avec le succès après des années de doute quant à l’avenir du plus célèbre des espions, dépassé par un cinéma d’action de plus en plus spectaculaire. L’ère Brosnan a permis à la franchise de coller de nouveau à son époque. Mais le personnage, lui, s’inscrivait dans la plus grande des traditions, sorte de mix plaisant mais guère original entre tous les précédents interprètes.

Avec Daniel Craig, choix on ne peut plus hasardeux, croyait-on à l’époque, c’est évidemment une toute autre direction qui est prise, et que confirme le titre même de ce film : Casino Royale est le tout premier roman dans lequel apparaît Bond, et le seul à ne jamais avoir été sérieusement adapté (le Casino Royale avec David Niven était une parodie). C’est donc un nouveau départ que prend 007. Le film commence d’ailleurs par les deux meurtres qui permettent au jeune agent de gagner son double-zéro.

Ambitieux, ce simple choix donne un nouveau souffle à la saga, qui commençait sérieusement à tourner en rond (après 44 ans, ça se comprend). Et même si la réalisation est confiée à Martin Campbell, qui avait déjà accompagné les débuts de Pierce Brosnan avec Goldeneye, le ton et le style n’ont strictement rien à voir avec les précédents Bond.

Plus dur, plus spectaculaire, plus humain, plus physique, ce James Bond nouvelle génération est une véritable claque, qui ravit les fans, et séduit toute une nouvelle génération. La première course poursuite, notamment, hallucinante et vertigineuse, se hisse au niveau des meilleurs scènes d’action du cinéma moderne, et donne littéralement des sueurs froides.

Surtout, l’apparition de Daniel Craig, physique animal et inquiétant, a la force de la première apparition, mythique, de Sean Connery dans Dr. No. Ce Bond-là transpire la testostérone et le danger. Mon coeur balance encore, mais je suis même pas loin de penser que Craig est le meilleur Bond de tous les temps…

Et celui-ci est un bijou, qui réussit quelques miracles. Premier d’entre eux : rendre palpitante une interminable partie de poker, et y intégrer quelques explosions de violence mémorable. Deuxième miracle : rendre James Bond amoureux, et on le comprend, d’une Bond-girl qui pour une fois n’est pas totalement vide. Eva Green¸ beauté fragile, est aux antipodes de la Denise Richards du Monde ne suffit pas, pour prendre l’exemple le plus énorme.

Casino Royale est l’un des meilleurs films de la saga. L’un des plus gonflés aussi : le choix de Daniel Craig, la partie de poker, de longs passages dénués d’action, et la course-poursuite la plus courte et la plus mémorable de l’histoire de James Bond, qui se conclue par un accident grotesque au premier virage…

En rompant avec les facilités des années précédentes (quasiment pas de gadget, quasiment pas de James Bond girls), Casino Royale donne un nouveau souffle à 007.

• Voir aussi : Quantum of Solace et Skyfall.

Agora (id.) – d’Alejandro Amenabar – 2010

Posté : 3 avril, 2013 @ 12:04 dans 2010-2019, AMENABAR Alejandro | Pas de commentaires »

Agora (id.) – d’Alejandro Amenabar – 2010 dans 2010-2019 agora

Alejandro Amenabar aime les plongées dans le passé : il l’a prouvé avec Les Autres. Mais on ne l’attendait pas forcément dans le péplum. Agora est, pourtant, l’une des plus grandes réussites du genre depuis bien des années (décennies ?). Un film hyper ambitieux qui décrit, à travers le destin d’une poignée de personnages, la fin d’un monde. En l’occurrence de l’empire romain, mais cette époque en rappelle bien d’autres, troublées, où le fanatisme religieux débouche sur des torrents de sang.

Le premier truc que l’on regarde dans un péplum, c’est la reconstitution. Et celle-ci, d’Alexandrie au 4ème siècle, dominée par son phare, est époustouflante. Les effets numériques jouent leur rôle, bien sûr, mais rien de froid dans cette reconstitution : Amenabar nous emmène réellement au cœur de la cité, grouillante de vie et de dangers.

L’action se déroule à une époque où l’empire romain, au bord de l’implosion, a autorisé la liberté de culte, et où les chrétiens prennent le pas sur les païens et leurs dieux encore omniprésents. Entre défiance et agressions, les chrétiens finiront par bouter les païens hors de leur temple : la fameuse bibliothèque d’Alexandrie. Mais l’histoire n’a rien de linéaire : au contraire, elle n’est qu’une infinie répétition, d’où l’omniprésence des cercles et des ellipses dans le film : les mouvements des planètes qui livrent peu à peu leurs secrets, mais aussi l’histoire des hommes, et son éternel recommencement. Les païens massacrent les chrétiens, qui le leur rendent, avant de massacrer les juifs à leur tour…

Au cœur de cette violence absurde (la religion semble n’être que politique et opportunisme), une femme : l’astronome Hypatie, jouée par une Rachel Weisz forcément magnifique, puisque c’est la plus belle actrice du monde.

Avec ce film très ambitieux, Amenabar s’attaque au fanatisme et à l’obscurantisme, qui mettent un frein à l’évolution et l’intelligence humaine : Hypatie entrevoit la réalité de notre place dans l’univers, mais ses découvertes seront enterrées par le poids de l’histoire en marche, et ne seront enfin redécouvertes que 1200 ans plus tard…

Amenabar filme une époque où le fanatisme religieux prend le pas sur la connaissance et les sentiments. Sa caméra, qui filme régulièrement la ville d’en haut, ne fait que souligner l’absurdité de cette violence qui déferle, ramenant les hommes à leur petite condition de fourmis à l’échelle du monde. Ces plans, qui rompent avec le tumulte de la cité, ne font que renforcer le sentiment d’immense gâchis.

Contre-enquête (Q & A) – de Sidney Lumet – 1990

Posté : 3 avril, 2013 @ 12:00 dans * Thrillers US (1980-…), 1990-1999, LUMET Sidney | Pas de commentaires »

Contre-enquête (Q & A) – de Sidney Lumet – 1990 dans * Thrillers US (1980-…) contre-enquete

Un tout jeune juge d’instruction, fils d’un héros de la police new-yorkaise, est chargée de rédiger le procès verbal d’une affaire toute simple : un autre héros du NYPD a tué en état de légitime défense un petit malfrat. C’est du tout cuit, lui assure le chef de la police : il suffit de recueillir les témoignages unanimes (les Q & A du titre : les questions and answers de la déposition) et de rédiger un rapport qui sera bien classé et vite oublié.

Sauf que le jeunôt n’est pas aussi niais que son costume bien repassé et le sourire ultrabright de Timothy Hutton (qui avait un grand avenir à l’époque) peuvent le laisser penser. Bien décidé à faire son travail jusqu’au bout, il interroge, contre-interroge, confronte, et finit par entrevoir la vérité à laquelle le spectateur a assisté dès le début du film : le grand flic, interprété par un Nick Nolte immense, a abattu le malfrat de sang-froid, lui tendant un piège mortel.

Lumet poursuit son exploration de la justice américaine, de sa grandeur et de ses limites, qui sont souvent intimement liées dans son œuvre : de 12 hommes en colère à The Offence en passant par Serpico. Et Q & A est une nouvelle réussite majeure pour le cinéaste, qui réussit aussi à marier ce thème à celui de la filiation, également important dans son œuvre (A bout de course, Family Business…) : le jeune juriste est bien le fils spirituel du grand boss, qui le traite comme tel. Mais pour se révéler, il devra couper le cordon et tuer le père, au moins symboliquement.

Rompre avec sa famille : c’est bien le thème au cœur de ce film noir et violent. Car la police est bel et bien filmée comme une famille, dont Timothy Hutton fait indéniablement parti. Son père en étant l’un des membres les plus éminents, et ses propres débuts sous l’uniforme font que les plus coriaces voient en lui un frère de sang. Mais ces liens indéfectibles sont bien ténus, et cachent une réalité bien plus glauque.

Le personnage de Timothy Hutton refuse de se laisser enfermer par ces liens. Mais Lumet ne se fait guère d’illusion dans ce film, profondément pessimiste.  la manière d’un livre de James Ellroy, auquel on pense forcément même si le film est adapté d’un autre auteur : Edwin Torres, juge de la Cour suprême reconverti en écrivain et dont l’œuvre sera de nouveau adaptée au cinéma. Ce sera pour L’Impasse, le chef d’œuvre de Brian De Palma.

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