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Archive pour le 5 avril, 2013

Les Inconnus dans la ville (Violent Saturday) – de Richard Fleischer – 1955

Posté : 5 avril, 2013 @ 6:19 dans * Films noirs (1935-1959), 1950-1959, FLEISCHER Richard, SIDNEY Sylvia | Pas de commentaires »

Les Inconnus dans la ville (Violent Saturday) – de Richard Fleischer – 1955 dans * Films noirs (1935-1959) les-inconnus-dans-la-ville

Violent Saturday est un film génial qui, mine de rien, révolutionne complètement le film de braquage. A première vue, Richard Fleischer signe un film de genre tout ce qu’il y a de plus classique : trois gangsters arrivent dans une petite ville et se préparent pour l’attaque d’une banque. On a vu ça cent fois dans des polars, ou des westerns.

Mais dans la première heure, les préparatifs des gangsters ne sont là qu’en pointillés, servant de fil conducteur entre des personnages qui, d’habitude, ne sont au mieux que des seconds rôles, au pire des figurants : les habitants de cette petite ville, ceux qui, vers la fin du film, vont voir leur vie bouleversée par un petit moment de violence extrême.

Ils sont une dizaine de personnages qui n’ont rien de spectaculaire, mais qui ont tous leurs petits défauts, leurs fêlures. Et ce sont ces parts d’ombre que Fleischer explore, avec une délicatesse et une intelligence folles. Victor Mature en père de famille qui souffre de ne pas être un héros aux yeux de son fils ; Richard Egan en riche héritier qui aime encore une femme dont l’infidélité le ronge ; Sylvia Sidney en vieille fille qui n’arrive pas à joindre les deux bouts et se résout à voler ; Tommy Noonan en banquier qui reluque la cliente dont il est secrètement amoureux…

Fleischer réussit à faire vivre chacun de ses personnages, à la rendre profondément attachants et émouvants. Et il le fait avec une fluidité de l’action qui est remarquable : pas une seconde cette action en suspens ne fait baisser le rythme d’un film constamment passionnant et brillant.

Côté gangsters aussi, Fleischer évite les facilités, choisissant trois caractères qui flirtent avec le stéréotype (le chef, le cérébral, la brute), pour mieux en prendre le contre-pied. Notamment lors d’une discussion nocturne entre Stephen McNally et Lee Marvin, totalement inattendue, qui n’apporte strictement rien à l’intrigue, mais fait beaucoup pour la profondeur de ces personnages, et pour l’atmosphère si singulière du film.

Cette courte scène illustre bien le part pris de Fleischer : ne s’intéresser vraiment qu’à tout ce qui d’habitude passe au second plan : les angoisses et incertitudes des protagonistes, le quotidien des personnages secondaires,…

Quant à l’explosion de violence attendue, aussi brève que fulgurante, elle est d’une virtuosité incroyable, révélant le caractère de certains, et l’absurdité de l’entreprise. La fusillade finale, surtout, est extraordinaire, donnant soudain à Victor Mature les épaules d’un authentique héros. Sa vie, et ses rapports avec son fils, s’en trouveront bouleversés.

C’est ce qui est beau dans ce film : la manière dont l’intrigue policière et la chronique d’une petite ville normale sont intimement liées. Violent Saturday est un chef d’œuvre, l’un des plus beaux films de son auteur.

La Rivière de la poudre / Le Bar de la Vengeance (Powder River) – de Louis King – 1953

Posté : 5 avril, 2013 @ 6:16 dans 1950-1959, KING Louis, WESTERNS | Pas de commentaires »

La Rivière de la poudre / Le Bar de la Vengeance (Powder River) – de Louis King – 1953 dans 1950-1959 la-riviere-de-la-poudre

Un ancien shérif reconverti en paisible chercheur d’or reprend du service quand son partenaire est tué. Il soupçonne deux frères, et devient ami avec un as de la gâchette, ancien médecin qui a tout quitté lorsqu’il est tombé malade, et dont l’ancienne fiancée débarque un beau jour…

Oui, difficile de ne pas voir dans l’amitié entre Chino Bill et Mitch Hardin des réminiscences du tandem Wyatt Earp/Doc Holiday dans My darling Clementine. Normal : Powder River est un remake (bien officiel) du chef d’œuvre de John Ford, sorti à peine six ans plus tôt.

Curieux, d’ailleurs, d’avoir « refait » si tôt un tel monument du cinéma, avec des moyens nettement moins importants, et des noms autrement moins prestigieux : Louis King (le frère cadet de Henry) n’est pas John Ford, et Rory Calhoun n’a pas franchement la carrure d’Henry Fonda. Alors évidemment, la comparaison est dure : King signe là un petit western de série.

Mais malgré une mise en scène souvent purement fonctionnelle, King fait le boulot, et plutôt bien. Sans génie, mais avec un vrai sens du rythme. Et puis il plante son histoire dans une nature sauvage, belle et spectaculaire, qui pèse constamment sur les personnages, et donne une dimension particulière à ce western qui sort ainsi de l’anonymat.

Le film se démarque aussi nettement de celui de Ford, et pas seulement parce que les noms des personnages ont été modifiés. Un rebondissement final inattendu, surtout, donne une dimension particulière au personnage de Cameron Mitchell, excellent en « successeur » de Victor Mature.

Et puis il y a le joli minois de Corinne Calvet, dans une version française de la Chihuahua de Ford, et qui, elle, supporte largement la comparaison avec son modèle.

Notons que le film n’est jamais sorti en salle en France : le titre « bis », Le Bar de la Vengeance, est celui de sa sortie belge.

Je ne voudrais pas être un homme (Ich möchte kein Mann sein) – d’Ernst Lubitsch – 1918

Posté : 5 avril, 2013 @ 6:11 dans 1895-1919, FILMS MUETS, LUBITSCH Ernst | Pas de commentaires »

Je ne voudrais pas être un homme (Ich möchte kein Mann sein) – d’Ernst Lubitsch - 1918 dans 1895-1919 je-ne-voudrais-pas-etre-un-homme

Ce film de jeunesse de Lubitsch est loin de la sophistication de ses grands chefs-d’œuvre à venir, y compris muets (L’Eventail de Lady Windermere…), mais c’est une comédie charmante, déjà bien plus élaborée que Quand j’étais mort, marivaudage tourné deux ans plus tôt, et qui est le plus ancien de ses films qui nous soient connu.

Cette fois encore, Lubitsch adopte une construction ouvertement théâtrale, en trois actes clairement annoncés. Premier acte : une jeune femme qui a envie de s’amuser comme un homme souffre des réprimandes constantes de ses tuteurs. Deuxième acte : elle décide de se déguiser en homme pour pouvoir s’amuser dans une boîte de nuit où l’alcool coule à flot. Troisième acte : son tuteur, qui la prend toujours pour un homme, tombe sous son charme…
Le début de ce moyen métrage est, justement, un peu trop théâtral : la caméra reste frontale et statique, la mise en scène peu inspirée, et le jeu des comédiens trop caricatural.

Mais ces défauts disparaissent comme par magie, et l’action s’accélère, tandis que l’héroïne arrive dans la boîte de nuit, et qu’elle se laisser griser par l’alcool. On retrouve alors le rythme saisissant de Lubitsch.

Le ton est très léger, mais politiquement très incorrect, et surprenant. Lubitsch, sous des allures de farce, aborde la confusion des genres, ou l’homosexualité. C’est vif et drôle, et jamais donneur de leçon. Ce Lubitsch-là n’est pas un sommet, mais c’est une étape importante dans l’évolution du cinéaste. Une belle curiosité.

L’Etrangleur de Boston (The Boston Strangler) – de Richard Fleischer – 1968

Posté : 5 avril, 2013 @ 2:27 dans * Polars US (1960-1979), 1960-1969, CURTIS Tony, FLEISCHER Richard | Pas de commentaires »

L’Etrangleur de Boston (The Boston Strangler) – de Richard Fleischer – 1968 dans * Polars US (1960-1979) letrangleur-de-boston

Maître du polar de série B des années 40 (avec Anthony Mann), Richard Fleischer revient au noir, mais avec une envie de dynamiter le genre. Pour porter à l’écran l’histoire authentique d’un tueur en séries, qui a sévit dans le Boston du début des années 60, Fleischer adopte une approche quasi-documentaire (même si de nombreuses libertés sont prises par rapport à la réalité) dans la peinture de policiers au travail, mais aussi pour retranscrire l’atmosphère de paranoïa grandissante dans cette Amérique bouleversée par la mort de son président.

Le film est clairement divisé en deux parties, d’importance et de durée égales. La première s’intéresse à l’enquête qui piétine, aux multiples fausses pistes, aux tâtonnements d’une police qui met un temps à fou à s’organiser autour du flic qui servira de pivot, interprété par Henry Fonda.

Surtout, Fleischer, la même année que Norman Jewison avec L’Affaire Thomas Crown, révolutionne l’utilisation du « split screen », qu’il utilise pour filmer les meurtres, et surtout l’effet que leurs découvertes ont sur la population. Cette technique permet d’accroître le sentiment d’insécurité qui règne, et témoigne aussi de la schizophrénie d’un tueur dont on ne connaît encore rien.

Toute cette première partie est passionnante et effrayante, et ouvre la porte aux grands polars réalistes qui marqueront la décennie suivante, notamment ceux de Siegel et Friedkin (qui avait d’ailleurs été pressenti un temps pour réaliser le film). Ce réalisme rend parfaitement le chaos total de l’enquête.

Et puis il y a la scène centrale, celle où le visage du vrai tueur nous est enfin dévoilée, pas dans ses pratiques criminelles, mais dans son environnement familial. Un travelling lent et impressionnant nous montre Tony Curtis, père de famille regardant sans un mot l’enterrement de JFK à la télévision, alors que sa charmante femme et ses jeunes enfants pleins de vie s’affairent autour de lui. Alors qu’on s’attendait à découvrir un maniaque, asocial et malsain, on découvre un Américain lambda, à l’apparence banale et visiblement bien intégré, père d’une jolie famille.

C’est alors un autre film qui commence, porté par un Tony Curtis exceptionnel, dans ce qui est peut-être la meilleure prestation de sa carrière. Un tueur névrosé, qui se livre à un combat intérieur entre ses deux personnalités, sans jamais tomber dans l’excès ou le grotesque.

Cette dualité du personnage de Curtis eplose dans un long face-à-face avec Henry Fonda, après que ce dernier (avec George Kennedy) a réalisé que le type qu’il venait de croiser par hasard était sans doute le tueur qu’il cherchait depuis si longtemps… Une scène brillante.

Désormais, le film n’a plus rien d’un polar : il est le portrait d’un type perturbé qui refuse de regarder en face le monstre qu’il est. Curtis réussit la gageure de nous rendre ce tueur en série absolument tragique, et c’est tout aussi passionnant.

Quantum of Solace (id.) – de Marc Forster – 2008

Posté : 5 avril, 2013 @ 2:19 dans 2000-2009, ACTION US (1980-…), FORSTER Marc, James Bond | Pas de commentaires »

Quantum of Solace (id.) – de Marc Forster – 2008 dans 2000-2009 quantum-of-solace

Casino Royale avait fait mieux que relancer la saga 007. Le film avait fait de James Bond, personnage vieillissant, l’un des héros d’action les plus excitants du moment. Autant dire que la suite était attendue avec impatience. D’autant plus que, fait sans précédent, ce Bond-là est la suite directe du précédent, bouclant un diptyque original chargé de poser les nouvelles bases du personnage : plus sombre, plus douloureux, plus physique, plus violent.

Avec Quantum of Solace, l’effet Daniel Craig joue toujours parfaitement, mais le film se situe quand même à un cran nettement inférieur. Contrairement au précédent, celui-ci est parfois un peu brouillon. Et la mise en scène de Marc Forster, en particulier dans la première moitié, manque parfois cruellement d’inventivité et de virtuosité.

La poursuite sur les toits de Séville tombe ainsi un peu à plat : on imagine ce qu’elle aurait donné devant la caméra d’un Johnnie To ou d’un Tsui Hark. En particulier cette fusillade, suspendue à des cordes, qui rappelle sans l’égaler quelques moments mémorables de Time and Tide.

Cinéaste peu habitué à l’action, Forster n’a pas le classicisme de Martin Campbell, réalisateur de Casino Royale, ou le talent énorme de Sam Mendes, qui signera Skyfall. Son style syncopé dans les scènes d’action finit par perdre et lasser le spectateur. Quelques belles idées tombent alors un peu à plat, comme la « conférence » pendant la Tosca, qui demandait la virtuosité du Coppola du Parrain 3.

Pour être honnête, c’est la comparaison avec Casino Royale (ou Skyfall) qui plombe ce Quantum of Solace, tout de même nettement supérieur à tous les Brosnan et tous les Moore. On y trouve d’ailleurs quelques fulgurances, et de beaux passages plus intimes, comme les face-à-face entre Bond et Mathis, qu’on a plaisir à retrouver après le précédent film, et qui laisse transparaître l’homme qui souffre derrière la carapace du matricule 007.

Cette fois encore, peu de James Bond girls : une seule, mais pas n’importe laquelle. Olga Kurylenko est d’une beauté à couper le souffle, et son personnage, très présent, est particulièrement réussi. Plus, en tout cas, que le grand méchant interprété par Mathieu Amalric, dont le parti-pris de le filmer comme un type normal tombe totalement à plat.

La seconde partie du film est plus excitante. L’arrivée de Bond et Olga dans un village de Bolivie privé d’eau est saisissante, tout comme la séquence finale, dans un improbable hôtel high tech perdu au milieu du désert, qui rappelle les bases secrètes des vieux Bond.

Ce Bond en demi-teinte n’est certes pas aussi excitant que le précédent, ou le suivant. Mais il ne manque pas d’un certain charme, et confirme la nouvelle direction prise par la saga : révolutionner la série, tout en respectant son histoire. En cela, le film est très réussi.

• Voir aussi : Casino Royale et Skyfall.

 

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