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Archive pour le 3 avril, 2013

Casino Royale (id.) – de Martin Campbell – 2006

Posté : 3 avril, 2013 @ 12:11 dans 2000-2009, ACTION US (1980-…), CAMPBELL Martin, James Bond | Pas de commentaires »

Casino Royale (id.) – de Martin Campbell – 2006 dans 2000-2009 casino-royale

Pierce Brosnan a sauvé James Bond, renouant avec le succès après des années de doute quant à l’avenir du plus célèbre des espions, dépassé par un cinéma d’action de plus en plus spectaculaire. L’ère Brosnan a permis à la franchise de coller de nouveau à son époque. Mais le personnage, lui, s’inscrivait dans la plus grande des traditions, sorte de mix plaisant mais guère original entre tous les précédents interprètes.

Avec Daniel Craig, choix on ne peut plus hasardeux, croyait-on à l’époque, c’est évidemment une toute autre direction qui est prise, et que confirme le titre même de ce film : Casino Royale est le tout premier roman dans lequel apparaît Bond, et le seul à ne jamais avoir été sérieusement adapté (le Casino Royale avec David Niven était une parodie). C’est donc un nouveau départ que prend 007. Le film commence d’ailleurs par les deux meurtres qui permettent au jeune agent de gagner son double-zéro.

Ambitieux, ce simple choix donne un nouveau souffle à la saga, qui commençait sérieusement à tourner en rond (après 44 ans, ça se comprend). Et même si la réalisation est confiée à Martin Campbell, qui avait déjà accompagné les débuts de Pierce Brosnan avec Goldeneye, le ton et le style n’ont strictement rien à voir avec les précédents Bond.

Plus dur, plus spectaculaire, plus humain, plus physique, ce James Bond nouvelle génération est une véritable claque, qui ravit les fans, et séduit toute une nouvelle génération. La première course poursuite, notamment, hallucinante et vertigineuse, se hisse au niveau des meilleurs scènes d’action du cinéma moderne, et donne littéralement des sueurs froides.

Surtout, l’apparition de Daniel Craig, physique animal et inquiétant, a la force de la première apparition, mythique, de Sean Connery dans Dr. No. Ce Bond-là transpire la testostérone et le danger. Mon coeur balance encore, mais je suis même pas loin de penser que Craig est le meilleur Bond de tous les temps…

Et celui-ci est un bijou, qui réussit quelques miracles. Premier d’entre eux : rendre palpitante une interminable partie de poker, et y intégrer quelques explosions de violence mémorable. Deuxième miracle : rendre James Bond amoureux, et on le comprend, d’une Bond-girl qui pour une fois n’est pas totalement vide. Eva Green¸ beauté fragile, est aux antipodes de la Denise Richards du Monde ne suffit pas, pour prendre l’exemple le plus énorme.

Casino Royale est l’un des meilleurs films de la saga. L’un des plus gonflés aussi : le choix de Daniel Craig, la partie de poker, de longs passages dénués d’action, et la course-poursuite la plus courte et la plus mémorable de l’histoire de James Bond, qui se conclue par un accident grotesque au premier virage…

En rompant avec les facilités des années précédentes (quasiment pas de gadget, quasiment pas de James Bond girls), Casino Royale donne un nouveau souffle à 007.

• Voir aussi : Quantum of Solace et Skyfall.

Agora (id.) – d’Alejandro Amenabar – 2010

Posté : 3 avril, 2013 @ 12:04 dans 2010-2019, AMENABAR Alejandro | Pas de commentaires »

Agora (id.) – d’Alejandro Amenabar – 2010 dans 2010-2019 agora

Alejandro Amenabar aime les plongées dans le passé : il l’a prouvé avec Les Autres. Mais on ne l’attendait pas forcément dans le péplum. Agora est, pourtant, l’une des plus grandes réussites du genre depuis bien des années (décennies ?). Un film hyper ambitieux qui décrit, à travers le destin d’une poignée de personnages, la fin d’un monde. En l’occurrence de l’empire romain, mais cette époque en rappelle bien d’autres, troublées, où le fanatisme religieux débouche sur des torrents de sang.

Le premier truc que l’on regarde dans un péplum, c’est la reconstitution. Et celle-ci, d’Alexandrie au 4ème siècle, dominée par son phare, est époustouflante. Les effets numériques jouent leur rôle, bien sûr, mais rien de froid dans cette reconstitution : Amenabar nous emmène réellement au cœur de la cité, grouillante de vie et de dangers.

L’action se déroule à une époque où l’empire romain, au bord de l’implosion, a autorisé la liberté de culte, et où les chrétiens prennent le pas sur les païens et leurs dieux encore omniprésents. Entre défiance et agressions, les chrétiens finiront par bouter les païens hors de leur temple : la fameuse bibliothèque d’Alexandrie. Mais l’histoire n’a rien de linéaire : au contraire, elle n’est qu’une infinie répétition, d’où l’omniprésence des cercles et des ellipses dans le film : les mouvements des planètes qui livrent peu à peu leurs secrets, mais aussi l’histoire des hommes, et son éternel recommencement. Les païens massacrent les chrétiens, qui le leur rendent, avant de massacrer les juifs à leur tour…

Au cœur de cette violence absurde (la religion semble n’être que politique et opportunisme), une femme : l’astronome Hypatie, jouée par une Rachel Weisz forcément magnifique, puisque c’est la plus belle actrice du monde.

Avec ce film très ambitieux, Amenabar s’attaque au fanatisme et à l’obscurantisme, qui mettent un frein à l’évolution et l’intelligence humaine : Hypatie entrevoit la réalité de notre place dans l’univers, mais ses découvertes seront enterrées par le poids de l’histoire en marche, et ne seront enfin redécouvertes que 1200 ans plus tard…

Amenabar filme une époque où le fanatisme religieux prend le pas sur la connaissance et les sentiments. Sa caméra, qui filme régulièrement la ville d’en haut, ne fait que souligner l’absurdité de cette violence qui déferle, ramenant les hommes à leur petite condition de fourmis à l’échelle du monde. Ces plans, qui rompent avec le tumulte de la cité, ne font que renforcer le sentiment d’immense gâchis.

Contre-enquête (Q & A) – de Sidney Lumet – 1990

Posté : 3 avril, 2013 @ 12:00 dans * Thrillers US (1980-…), 1990-1999, LUMET Sidney | Pas de commentaires »

Contre-enquête (Q & A) – de Sidney Lumet – 1990 dans * Thrillers US (1980-…) contre-enquete

Un tout jeune juge d’instruction, fils d’un héros de la police new-yorkaise, est chargée de rédiger le procès verbal d’une affaire toute simple : un autre héros du NYPD a tué en état de légitime défense un petit malfrat. C’est du tout cuit, lui assure le chef de la police : il suffit de recueillir les témoignages unanimes (les Q & A du titre : les questions and answers de la déposition) et de rédiger un rapport qui sera bien classé et vite oublié.

Sauf que le jeunôt n’est pas aussi niais que son costume bien repassé et le sourire ultrabright de Timothy Hutton (qui avait un grand avenir à l’époque) peuvent le laisser penser. Bien décidé à faire son travail jusqu’au bout, il interroge, contre-interroge, confronte, et finit par entrevoir la vérité à laquelle le spectateur a assisté dès le début du film : le grand flic, interprété par un Nick Nolte immense, a abattu le malfrat de sang-froid, lui tendant un piège mortel.

Lumet poursuit son exploration de la justice américaine, de sa grandeur et de ses limites, qui sont souvent intimement liées dans son œuvre : de 12 hommes en colère à The Offence en passant par Serpico. Et Q & A est une nouvelle réussite majeure pour le cinéaste, qui réussit aussi à marier ce thème à celui de la filiation, également important dans son œuvre (A bout de course, Family Business…) : le jeune juriste est bien le fils spirituel du grand boss, qui le traite comme tel. Mais pour se révéler, il devra couper le cordon et tuer le père, au moins symboliquement.

Rompre avec sa famille : c’est bien le thème au cœur de ce film noir et violent. Car la police est bel et bien filmée comme une famille, dont Timothy Hutton fait indéniablement parti. Son père en étant l’un des membres les plus éminents, et ses propres débuts sous l’uniforme font que les plus coriaces voient en lui un frère de sang. Mais ces liens indéfectibles sont bien ténus, et cachent une réalité bien plus glauque.

Le personnage de Timothy Hutton refuse de se laisser enfermer par ces liens. Mais Lumet ne se fait guère d’illusion dans ce film, profondément pessimiste.  la manière d’un livre de James Ellroy, auquel on pense forcément même si le film est adapté d’un autre auteur : Edwin Torres, juge de la Cour suprême reconverti en écrivain et dont l’œuvre sera de nouveau adaptée au cinéma. Ce sera pour L’Impasse, le chef d’œuvre de Brian De Palma.

 

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