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Archive pour le 22 mars, 2013

Vengeance (Fuk sau) – de Johnnie To – 2009

Posté : 22 mars, 2013 @ 1:52 dans * Polars asiatiques, 2000-2009, TO Johnnie | Pas de commentaires »

Vengeance (Fuk sau) - de Johnnie To - 2009 dans * Polars asiatiques vengeance

Il y a deux postures possibles face à Vengeance : on peut au choix saluer l’élégance et l’intelligence de la mise en scène, digne du cinéaste de The Mission ; ou se tordre de rire (ou de douleur) face à un scénario débile et un Johnny Hallyday grotesque.

Ce n’est pas tant que Johnny est un mauvais acteur. C’est surtout qu’il tient plus de la momie que de l’être humain. Difficile d’imaginer autre chose que la star hors du temps de la chanson française, voire même que sa vieille marionnette des guignols, à laquelle, quand même, il ressemble de plus en plus.

Avoir choisi Johnny pour ce rôle d’un ancien tueur à gages qui débarque à Macao pour venger les assassins de la famille de sa fille (Sylvie Testud, étrange apparition qui n’a rien à jouer, mais le fait plutôt bien) est, bien sûr, la pire erreur du film. A l’origine, Johnnie To voulait Alain Delon, et on voit bien pourquoi : le personnage de Francis Costello est clairement inspiré par celui du Samouraï (Jeff Costello), le film-culte de tout un tas de cinéastes de Hong Kong (le John Woo de The Killer, déjà…). Même mutisme, même chapeau vissé sur la tête, même dégaine.

Delon, qui a un flair incroyable pour éviter soigneusement tout ce qui pourrait ajouter une ligne glorieuse à son CV (on rappelle qu’il venait alors de tourner Astérix aux Jeux Olympiques ?), refuse le projet, et Johnnie To se tourne alors vers une autre icône. Et notre Johnny devient le seul acteur du monde à avoir tourné un western spaghetti avec Sergio Corbucci (Le Spécialiste) et un polar avec Johnny To. Et peu importe s’il s’agit, dans les deux cas, des plus faibles de leur auteur…

Quant à l’histoire de vengeance, elle n’est ni pire, ni meilleure que les arguments habituels des polars hong-kongais. Mais quelques choix curieux plombent le film : pourquoi avoir fait du personnage principal un type à la mémoire qui flanche ? Un enjeu « bis » qui n’apporte qu’une touche de ridicule dont on aurait pu se passer. A propos de ridicule, la séquence où Johnny prie à genoux face à la mer est pas mal : une prière si longue qu’il laisse la marée lui monter jusqu’au cou sans broncher !

Pourtant, Vengeance reste un film hautement recommandable. Même en roue libre, Johnnie To est un prince, et sa mise en scène est d’une intelligence et d’une efficacité remarquables. Entourés de ses acteurs habituels (Anthony Wong et Lam Suet en tête), il signe quelques grandes scènes formidablement tendus. La meilleure : une fusillade dans un bois plongé dans la nuit, où les coups de feu s’arrêtent lorsque les nuages couvrent la pleine lune. Là, le génie de To, sa science de l’espace et du temps, réapparaissent comme dans ses meilleurs films. Et ça, ça vaut bien quelques éclats de rire involontaires…

Les Bolides de l’Enfer (Johnny Dark) – de George Sherman – 1954

Posté : 22 mars, 2013 @ 1:44 dans 1950-1959, CURTIS Tony, SHERMAN George | Pas de commentaires »

Les Bolides de l'Enfer (Johnny Dark) - de George Sherman - 1954 dans 1950-1959 les-bolides-de-lenfer

George Sherman s’évade du western le temps de cette bluette charmante, production Universal qui n’est pas si loin des productions Disney des années 70, style La Coccinelle. L’histoire, en tout cas, n’a rien à envier à ces films familiaux souvent tournés à la va-vite. Tony Curtis, la star montante de l’époque, y interprète un pilote-mécanicien qui tente d’imposer la voiture de course qu’il a inventée à son patron, qui ne jure que par les voitures familiales.

Rajoutez à ça que la fille dudit patron est rinde dingue du beau Tony, et vous aurez une bonne idée du suspense qui règne…

C’est, franchement, totalement inconséquent, taillé pour le marché familial. Sherman ne prend rien au sérieux, ici, et le film semble parfois n’être tourné que pour les scènes de course automobile. L’argument publicitaire de l’époque souligne d’ailleurs que le film est le premier à filmer d’authentiques voitures en course. Douteux, pour le moins : Wallace Reid s’en était fait une spécialité dès la fin des années 10.

Mais la course en question ne manque pas de charme : c’est rien moins qu’une traversée des Etats-Unis dont il s’agit, de la frontière canadienne à la frontière mexicaine. L’occasion de filmer de beaux paysages, de longues routes droites, de virages sinueux… Bref, des grands espaces comme George Sherman, grand nom du western, sait les mettre en valeur.

Au cœur du film, deux comédiens charmants : Curtis, donc, qui enchaînait les succès, et la craquante Piper Laurie, avec qui il a formé l’un des couples de cinéma les plus populaires du début des années 50. Les Bolides de l’Enfer est leur dernier film en commun, après Le Voleur de Tanger, Le Fils d’Ali Baba et l’excellent No Room for the groom.

La Belle et la Bête (Beauty and the Beast) – de Gary Trousdale et Kirk Wise – 1991

Posté : 22 mars, 2013 @ 1:39 dans 1990-1999, DESSINS ANIMÉS, FANTASTIQUE/SF, TROUSDALE Gary, WISE Kirk | Pas de commentaires »

La Belle et la Bête (Beauty and the Beast) – de Gary Trousdale et Kirk Wise – 1991 dans 1990-1999 la-belle-et-la-bete

En renouant avec les adaptations prestigieuses de grands contes populaires, les studios Disney renouaient avec le succès, après des années 80 marquées par une série d’échecs. Mieux : La Belle et la Bête (ainsi qu’Aladdin et Le Roi Lion, les deux dessins animés suivants) représentent un deuxième âge d’or, pour l’animation traditionnelle made in Disney, après les grands classiques des années 30 à 50. Celui-ci, en particulier, est un petit chef d’œuvre pour lequel j’avoue une affection toute particulière.

Perfection de l’animation, profondeur des décors, richesse de l’intrigue, seconds rôles inoubliables, suspense, humour, musique et magie… Tout ce qu’on attend d’un Disney est là, et d’une qualité exceptionnelle. Toutes les belles valeurs et les bons sentiments sont là aussi, bien sûr, mais l’héroïne, Belle, n’a rien d’une tête à claque, et la Bête est vraiment effrayante, même si on ne tarde pas à deviner un petit cœur qui bat derrière cette boule de poil.

Surtout, les chansons qui gâchent bien des dessins animés par une propension appuyée à la guimauve, sont assez formidables. Qu’elles soient mélancoliques (Belle qui rêve à une autre vie, perdue dans son livre), revanchardes (l’affreux Gaston qui se prépare à affronter la Bête) ou festives (le formidable ballet des objets du château, clin d’œil à Maurice Chevalier), la réussite est la même, totale.

Bref, un vrai chef d’œuvre, spectaculaire, drôle, effrayant et émouvant, qui fut d’ailleurs le premier film d’animation nommé pour l’Oscar du meilleur film tout court. Depuis, Disney a abandonné l’animation traditionnelle avant d’essayer d’y faire un retour peu convaincant. Le monstre, c’est un comble, s’est laissé dévorer par l’esprit Pixar, et se contente pour son propre esprit maison de recycler les succès d’hier avec des suites à moindre coût, à moindre risque et à moindre imagination, souvent destinées au marché vidéo.

La Belle et la Bête, par exemple, aura droit à deux suites très dispensables. Une autre époque, je vous dis…

 

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