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Archive pour le 19 mars, 2013

La Conquête de l’Ouest (How the West was won) – de Henry Hathaway, John Ford et George Marshall (et Richard Thorpe) – 1962

Posté : 19 mars, 2013 @ 6:48 dans 1960-1969, FORD John, HATHAWAY Henry, MARSHALL George, STEWART James, THORPE Richard, WAYNE John, WESTERNS | Pas de commentaires »

La Conquête de l’Ouest (How the West was won) – de Henry Hathaway, John Ford et George Marshall (et Richard Thorpe) – 1962 dans 1960-1969 la-conquete-de-louest

La démesure est le mot qui définit le mieux ce western hors norme, expérience à peu près unique dans l’histoire du cinéma. Près de trois heures de métrage, un écran qui n’en finit plus de s’élargir (le film est tourné en Cinérama, un procédé qui a fait long feu, qui implique l’utilisation de trois caméras simultanément, et la projection sur trois écran, plongeant ainsi le spectateur au cœur de l’action), des tas de stars parfois réduites à des apparitions (John Wayne, James Stewart, Henry Fonda, Gregory Peck et beaucoup, beaucoup d’autres), et même trois grands réalisateurs : Ford, Hathaway et Marshall.

L’ambition, surtout, est de réunir dans un même film toutes les grandes figures du western. A travers le destin d’une famille de pionniers, c’est toute la conquête de l’Ouest qui est racontée : plus de trente ans d’épopée à travers trois générations de cette famille Prescott : Agnes Moorehead, Karl Malden et leurs descendants.

Le long voyage des colons, les guerres indiennes, la guerre civile, la construction du chemin de fer, l’arrivée de la loi dans l’Ouest encore sauvage… Le film est une suite de cinq épisodes inégaux et à peu près indépendants (la famille Prescott sert de fil conducteur) auxquels il manque sans doute un peu plus de cohérence. Mais à travers ces destins hors normes, c’est toute l’histoire américaine du XIXème siècle que le film retrace, rien moins.

Hathaway signe la majeure partie du film : trois des cinq épisodes qui ouvrent et ferment le film, lui donnant ses bases et son rythme. Ford, lui, signe le plus court, et visuellement le plus impressionnant : celui consacré à la guerre civile, dont on ne voit pas grand-chose, si ce n’est les conséquences sur les hommes. Pas de scène de bataille, dans cette parenthèse très sombre, mais deux dialogues en parallèle, au soir de la bataille de Shiloh, l’une des plus meurtrières de toute cette guerre : le général Sherman (Wayne) qui réconforte le général Grant, et deux soldats de base, l’un Nordiste l’autre Sudiste, qui partagent la même horreur des combats. C’est là que figure le plus beau moment du film : le jeune Nordiste (George Peppard) boit de l’eau dans la rivière, lui trouve un goût étrange, et réalise qu’elle est rouge du sang des centaines de morts…

Quant à l’épisode consacré au chemin de fer (signé Marshall), il est le plus spectaculaire, utilisant merveilleusement le Cinerama dans une séquence de fusillade sur le train lancé à pleine vitesse. Impressionnant, comme cette hallucinante cavalcade de centaines de bisons qui dévastent tout sur leur passage, ne laissant derrière eux que morts et ruines.

Pourtant, malgré sa démesure et ces quelques morceaux de bravoure, cette énorme production laisse un sentiment nostalgique et cruel. Ce qui marque dans cette épopée de l’Ouest américain, ce sont les sacrifices humains, et le poids du temps qui passe. Les hommes meurent, laissant les femmes passer le témoin à leur place. Les générations passent, et c’est avec ces morts que la société avance, pour le meilleur ou pour le pire.

Pas de grand héroïsme ici. Même les plus braves (comme le personnage de James Stewart), qui accomplissent les actions les plus nobles, meurent seuls. Le film, qui se veut une ode à l’esprit d’entreprise des pionniers américains, porte clairement la marque de vieux briscards qui ne se font plus guère d’illusion sur la vie et leur place dans le monde…

Batman (id.) – de Tim Burton – 1989

Posté : 19 mars, 2013 @ 6:44 dans 1980-1989, BURTON Tim, FANTASTIQUE/SF | Pas de commentaires »

Batman (id.) – de Tim Burton – 1989 dans 1980-1989 batman

Presque 25 ans après, on a un peu de mal à imaginer l’enthousiasme populaire qui a entouré la sortie de ce Batman, presque premier du nom (la série télé kitchoune avec ses waff !! bam ! pan ! et autres ohh ! avait déjà eu droit à une adaptation ciné). Christopher Reeve venait de raccrocher la cape de Superman, le pop-corn movie vivait ses premières années (les plus belles), Tim Burton était encore un tout jeune réalisateur dont on ne connaissait guère que son Beetlejuice, dont le fantôme délirant, alias Michael Keaton, revêtait contre toute attente la combinaison noire du justicier de Gotham City. Quant à Kim Basinger, elle était le plus grand sex-symbol du monde, rien de moins.

Aujourd’hui, que reste-t-il de la Batmania ? Trois suites (un chef d’œuvre, deux merdes), de nouvelles bases plus sombres et toujours d’actualité pour le film de superhéros, la question sans réponse de savoir qui est le meilleur Joker, de Jack Nicholson ou Heath Ledger (voir ici), et surtout une nostalgie incroyable. Ce Batman, c’était hier, et pourtant le film semble tellement d’une autre époque… Une époque où Burton privilégiait la bidouille aux gros effets spéciaux, et Michael Keaton à Johnny Depp. L’époque d’avant Terminator 2, où les blockbusters pouvaient avoir ce côté bricolo foutraque et cette folie assumée.

Parce qu’il fallait un sacré grain de folie pour laisser Jack Nicholson aller au bout de ses délires, souvent irrésistibles. Le voir murmurer « My balloons » avec cet air d’enfant à qui on aurait voler ses bonbons est toujours à mourir de rire. Un délire qui lui a rapporté des millions de dollars : malin, Jack a négocié un bon pourcentage sur les recettes, faisant de lui pendant longtemps l’acteur le mieux payé du monde pour un seul film. De quoi le mettre à l’abri pour ses vieux jours.

Il y a un charme fou qui se dégage de ce film étrangement rigide (les vêtements, les décors, les mouvements de caméra, tout semble carré), et dans la prestation de Michael Keaton, formidable. Burton continue à poser les bases de son univers si personnel, notamment à travers quelques éclairs de génie qui évoquent des passages bien précis de son œuvre à venir : la Batmobile qui roule sur les routes bordées d’arbres est filmée comme les cavalcades de Sleepy Hollow.

Mais il faudra attendre ses deux films suivants pour que Tim Burton trouve réellement son style : ce sera Edward aux mains d’argent et… Batman le défi, peut-être le meilleur de tous les Batman.

Les Sept Voleurs (Seven Thieves) – de Henry Hathaway – 1960

Posté : 19 mars, 2013 @ 1:17 dans * Polars US (1960-1979), 1960-1969, HATHAWAY Henry | Pas de commentaires »

Les Sept Voleurs (Seven Thieves) – de Henry Hathaway – 1960 dans * Polars US (1960-1979) les-sept-voleurs

Méconnu, ce film de cambriolage (un genre à part) a tout de même été régulièrement cité comme l’une des sources d’inspiration de Steven Soderbergh pour son Ocean’s Eleven. On y retrouve la même mécanique hyper-huilée du cambriolage, la même bande hétéroclite… mais franchement pas la même atmosphère. Le film d’Hathaway est passionnant et réjouissant, mais il est aussi très sérieux.

Ce n’était, semble-t-il, pas la volonté du cinéaste, qui voulait une œuvre légère et pleine d’humour, comme le sera le film de Soderbergh. Mais Rod Steiger refusait d’aller dans ce sens, donnant à son personnage, omniprésent, un sérieux et une rudesse qui change radicalement le ton du film.

On ne s’en plaindra pas : les trente dernières secondes, seul passage réellement dominé par la légèreté, sont de loin les moins intéressantes d’un film qui frôle le sans-faute. Le plus réussi : les rapports entre Eward G. Robinson et Rod Steiger, la tête pensante et le bras (pas) armé de cette bande forcément inattendue. Robinson a évidemment une présence magnétique, mais Steiger impressionne tout autant par la justesse et la puissance de son jeu.

Toute la première partie est entièrement centrée sur ces deux-là, et leur relation étonnamment tendre. Que sont-ils l’un pour l’autre ? Le film garde un certain mystère jusqu’à la dernière  partie. Mais leur rencontre et leurs premières discussions, dans des bars de Cannes, sont fascinantes, grâce aux comédiens, mais surtout grâce au savoir-faire exceptionnel de cette vieille baderne d’Hathaway qui, même dans un film relativement mineur comme celui-ci, est exceptionnel (suffit de comparer avec le Henri Verneuil de Mélodie en sous-sol, sur le même thème et à la même époque).

La réalisation du cambriolage, dans un casino très luxueux de la Croisette, est à l’image de la réalisation : au cordeau. Mais les à-côtés sont pas mal non plus. Alors que Steiger et Robinson parlent dans un club de jazz, la caméra s’éloigne soudain pour suivre deux des seconds rôles, sur scène : un duo formidablement filmé entre la danseuse Joan Collins et le saxophoniste Eli Walach. Une parenthèse fascinante dans ce thriller classieux et presque parfait.

Clones (Surrogates) – de Jonathan Mostow – 2009

Posté : 19 mars, 2013 @ 1:14 dans 2000-2009, FANTASTIQUE/SF, MOSTOW Jonathan | Pas de commentaires »

Clones (Surrogates) – de Jonathan Mostow – 2009 dans 2000-2009 clones

Il y a dans le cinéma de Jonathan Mostow un aspect « à l’ancienne » que j’aime décicément beaucoup. Qu’il signe un thriller noir poussiéreux (Breakdown), qu’il revisite le film de sous-marin (U-571) ou qu’il prenne les rênes d’une franchise à gros budget (Terminator 3), le gars renoue avec l’esprit et la facture d’un cinéma populaire et bricolo qui n’existe quasiment plus dans un cinéma de blockbusters bouffé par les effets spéciaux.

Des effets spéciaux, il y en a beaucoup dans Clones, mais ce film de science fiction porté par la star Bruce Willis a surtout la simplicité et la concision des films du genre tournés dans les années 50. Une heure vingt montre en main, c’est assez rare pour le souligner, et surtout avec un univers aussi complexe que celui-ci.

Mais Mostow pose les bases de ce futur-là en une scène d’introduction que n’aurait pas reniée le John Carpenter de New York 1997 : une série d’extraits de reportages télé qui nous explique que désormais, quasiment plus personne n’affronte directement la vie. Chacun a son « clone », un robot à l’aspect humain qu’il dirige à distance. Résultat : quasiment plus aucune criminalité, plus d’accidents graves, plus de peurs…

Comme dans les films de SF des années 50, il y derrière ce film de genre un sous-texte ouvertement politique, une critique de la société américaine et de ses dérives : le culte de l’apparence, la volonté de tout contrôler, de tout protéger, de tout maîtriser… Les clones sont des versions fantasmées de soi-même qui exagèrent à peine les résultats de certaines pratiques esthétiques. Bruce Willis tient un énième rôle de flic ravagé par ses fantômes, mais son double arbore une chevelure peroxydée, un petit rictus à peine souligné, et une peau à la perfection irréelle.

Mostow fait une nouvelle fois le choix de la simplicité. Le film n’en est pas moins très ambitieux, et très réussi. C’est passionnant.

L’Evadé d’Alcatraz (Escape from Alcatraz) – de Don Siegel – 1979

Posté : 19 mars, 2013 @ 1:10 dans 1970-1979, EASTWOOD Clint (acteur), SIEGEL Don | Pas de commentaires »

L’Evadé d’Alcatraz (Escape from Alcatraz) – de Don Siegel – 1979 dans 1970-1979 levade-dalcatraz

Vu et revu, L’Evadé d’Alcatraz reste d’une efficacité redoutable. Siegel, pourtant ne cède pas à la facilité, refusant d’ajouter quoi que ce soit de spectaculaire à cette histoire d’évasion.

La violence du lieu est évoquée, bien sûr, par le personnage du taulard qui veut faire d’Eastwood sa « petite amie », et surtout par la cruauté d’un directeur interprété, clin d’œil ironique, par le héros du Prisonnier, Patrick McGoohan.

Mais c’est surtout le poids du temps que filme Siegel. Ça et les longs préparatifs, tout sauf cinégéniques : modeler une fausse tête, souder un pic sur une cuillère, fabrique une plaque en carton, gratter un mur nuit après nuit…

En filmant froidement, presque cliniquement, ces préparatifs, Siegel signe une œuvre magistralement tendue, où on parle peu, où il ne se passe pas grand-chose, mais sans le moindre temps mort.

A peine triche-t-il, quand même, en ajoutant in extremis un suspense artificiel (Morris, alias Clint Eastwood, ne sait pas que le directeur a décidé son changement de cellule, ce qui réduirait à néant ses projets).

Beaux personnages, aussi, autour d’un Clint Eastwood totalement opaque. Curieusement, alors qu’il est de toutes les scènes, on ne sait strictement rien de ce Frank Morris. Les seconds rôles, eux, ont tous une personnalité forte, même s’ils n’ont qu’une poignée de scènes pour les faire exister : le peintre, le gourmand amis d’une souris, le caïd et ses livres…

Rien de forcé ici, uniquement l’essentiel. Cette ultime collaboration d’Eastwood et de son réalisateur fétiche (cinq films en commun, sans compter l’apparition de Siegel dans Un frisson dans la nuit) est du Siegel dans le texte. Et du très bon Siegel.

 

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