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A 23 pas du mystère (23 Paces to Baker Street) – de Henry Hathaway – 1956

Classé dans : * Films noirs (1935-1959),1950-1959,HATHAWAY Henry — 11 mars, 2013 @ 15:33

A 23 pas du mystère (23 Paces to Baker Street) – de Henry Hathaway – 1956 dans * Films noirs (1935-1959) a-23-pas-du-mystere

Un écrivain devenu aveugle surprend une mystérieuse conversation dans un bar. Persuadé qu’un crime se prépare, il prévient la police qui ne le prend pas au sérieux… Difficile de ne pas penser à Fenêtre sur cour, référence évidente de ce thriller très réussi signé Hathaway. Ce dernier, honnête et sincère, multiplie les clins d’œil au cinéma de Hitchcock, situant son action à Londres, utilisant une musique qui fait furieusement penser aux partitions de Bernard Herrmann (dès les premières notes du générique), et confiant même le principal rôle féminin à Vera Miles.

Surtout, Hathaway ne se contente pas de signer un copié-collé de Rear Window. Il en prend même le contre-pied : alors que James Stewart ne sortait jamais de sa chambre, le héros aveugle interprété par Van Johnson est lui très mobile, explorant un Londres baigné de brume.

Et puis Van Johnson, lui, n’est pas aussi seul que Stewart, que sa blonde fiancée (Grace Kelly) ne prenait pas au sérieux. Dans le film de Hathaway, le héros ne convainc pas la police, mais il peut compter sur son ex-fiancée et sur son majordome, formidable personnage interprété par Cecil Parker qui sort largement des traditionnels emplois de majordomes du cinéma américain.

Ce Londres brumeux évoque bien sûr celui de Jack L’Eventreur, et surtout de Sherlock Holmes. Ce n’est pas un hasard : le titre annonce clairement la référence au héros de Conan Doyle. Notre héros, obligé de faire appel à d’autres sens qu’à la vue, ressemble à s’y méprendre à un Holmes qui aurait remplacé l’opium par l’alcool, et dont le Watson serait ce majordome.

Hathaway, loin de se laisser envahir par ses influences (Hitchcock et Conan Doyle), signe un thriller formidable dont l’intrigue policière n’est qu’un prétexte (elle reste d’ailleurs obscure) à de grands moments de suspense. Notamment dans un immeuble en ruine, vestiges des bombardements de la guerre.

Perle oubliée, le film offre aussi un beau portrait d’aveugle qui peine à accepter sa nouvelle condition. Il confirme l’immense talent d’un cinéaste qui continue à être mésestimé. La scène où Van Johnson surprend la conversation dans le bar est d’une simplicité assez géniale. Celle de l’assassinat dans la nuit l’est tout autant : un plan sur un couteau, un autre sur la Tamise. Il n’en faut pas plus pour que l’on comprenne ce qui se passe, et où finira le corps. C’est du grand art.

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