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Archive pour le 26 février, 2013

La Femme au Gardenia (The Blue Gardenia) – de Fritz Lang – 1953

Posté : 26 février, 2013 @ 2:06 dans * Films noirs (1935-1959), 1950-1959, LANG Fritz | Pas de commentaires »

La Femme au Gardenia (The Blue Gardenia) – de Fritz Lang – 1953 dans * Films noirs (1935-1959) la-femme-au-gardenia

Lang a mis une nouvelle fois toutes ses obsessions dans ce petit film noir passionnant, qui évoque deux paires de films jumeaux : La Rue Rouge et La Femme au portrait d’un côté, pour la manière dont la personne la plus innocente du monde peut être amenée à commettre un crime ; La Cinquième Victime et L’Invraisemblable Vérité de l’autre, pour le cynisme avec lequel il évoque le monde de la presse américaine… Dans La Femme au Gardenia, le cinéaste semble faire un résumé de tout ce qui est au cœur de tant de ses films.

Celui-ci est clairement divisé en deux parties, à peu près égales. La première concerne le long processus qui conduit au crime : une jeune femme romantique sans problème qui, parce qu’elle a eu une grande déception amoureuse, accepte l’invitation d’un séducteur très entreprenant (Raymond Burr, excellent dans un rôle plus nuancé que ses éternels gros durs)… qui se révèlera trop entreprenant. On imagine la suite : on l’a vue des centaines de fois. En faisant du séducteur un artiste peintre, Lang dresse (volontairement ?) un nouveau pont avec l’œuvre d’Hitchcock : difficile de ne pas penser à la même scène dans Chantage.

La seconde partie est plus cruelle, plus cynique. Le personnage principal devient alors un journaliste (Richard Conte) qui tend la main à la mystérieuse meurtrière, prêt à lui sortir n’importe quel boniment et à la livrer à la police pour s’assurer un gros titre. Pas plus que dans ses deux derniers films américains, qu’il tournera avec Dana Andrews, Lang ne se fait d’illusion sur les grands devoirs de la presse.

Il y a une rupture de ton marquante entre ces deux parties, qui forment pourtant un tout d’une remarquable cohérence. L’évolution du personnage d’Anne Baxter, le cauchemar dans lequel elle se jette presque délibérément avant de s’y débattre désespérément, correspondent exactement avec l’état d’esprit dans lequel nous plonge le film.

Le rebondissement final, sans doute une concession faite au studio, fait cependant perdre de sa force au film. Lang, cette fois, donne l’impression d’avoir eu peur de son sujet, qui méritait sans doute une approche plus extrême. Celle qu’il adoptera dans Beyond a reasonable doubt et While the City sleeps le sera bien davantage. Reste que ce Blue Gardenia est une œuvre noire prenante et intelligente, comme on les aime.

Blade 2 (id.) – de Guillermo Del Toro – 2002

Posté : 26 février, 2013 @ 11:52 dans 2000-2009, DEL TORO Guillermo, FANTASTIQUE/SF | Pas de commentaires »

Blade 2 (id.) – de Guillermo Del Toro – 2002 dans 2000-2009 blade-2

Le premier Blade était plutôt sympathique. Con et bourré de clichés, mais sympathique. Guillermo Del Toro, réalisateur autrement plus inspiré que Stephen Norrington, donne clairement une autre dimension à cette première séquelle, qui n’est pas beaucoup plus intelligente que l’original, mais qui est visuellement autrement plus ambitieuse.

L’univers du cinéaste, mélange de bande dessinée et de film noir, donne une autre dimension à cette guerre des vampires. Son film alterne sans temps mort les moments de bravoure, avec un sens du cadre et de la couleur qui manque trop souvent dans le grand cinéma d’action hollywoodien.

Wesley Snipes, comédien vraiment impossible, n’a pas le beau rôle. Incapable de nuancer son jeu autrement que par des coups de tatane¸ il est souvent délaissé par le cinéaste au profit de seconds rôles plus charismatiques. A commencer par Ron Perlman, l’acteur fétiche de Del Toro, gueule improbable qui a droit aux plus beaux plans du film. Impressionnant, drôle et grotesque à la fois.

Dès la toute première scène du film, la marque du cinéaste est clairement visible : sa banque du sang évoque furieusement l’imagerie nazie qui revient dans la plupart de ses films, du cartoonesque Hellboy au sublime L’Echine du Diable.

Blade 2, tout de même, n’est pas au niveau de ces deux références. La faute à un scénar toujours aussi con (Blade fait désormais équipe avec les vampires pour lutter contre un être encore plus dangereux ; Kris Kristofferson, tué dans le premier volet, ressuscite mystérieusement…) et à quelques choix de mise en scène plutôt discutables : une poignée de bastons qui semblent tout droit sortis d’un jeu vidéo des années 90.

Del Toro est nettement plus inspiré lorsqu’il filme des personnages en attente, où des atmosphères nocturnes inquiétantes. De toute façon, comparée au précédent, cette suite est une merveille.

 

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