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Archive pour le 25 février, 2013

L’Etrange Incident (The Ox-Bow Incident) – de William A. Wellman – 1943

Posté : 25 février, 2013 @ 6:49 dans 1940-1949, WELLMAN William A., WESTERNS | Pas de commentaires »

L'Etrange incident

Sept ans plus tôt, Fritz Lang avait fait ses débuts à Hollywood avec Furie, chef d’œuvre absolu qui dépeignait avec réalisme et cynisme les comportements les plus extrêmes d’une foule, jusqu’au lynchage. Une référence instantanée, difficilement égalable. Et pourtant, avec une économie de moyen impressionnante, Wellman signe lui aussi un immense chef d’œuvre, plus fort encore, peut-être, que le film de Lang.

Le parti-pris est, en tout cas, plus jusqu’au-boutiste : Wellman parle de la foule ? Il n’en sortira jamais, tout son film se déroule à hauteur d’homme, à l’intérieur de ce groupe qui se forme pour rattraper et pendre ceux que la communauté soupçonne d’avoir tué l’un des leurs.

Wellman ne choisit pas la facilité : son western, passées les premières apparences, ne possède aucune des caractéristiques habituelles du genre. Ni héros, ni vrai méchant. Ni grande chevauchée sauvage (la seule cavalcade se solde par un accident stupide et une rencontre inattendue et sans conséquence entre deux anciens amants), ni menace extérieure.

Non, le film ne sort jamais de ce groupe d’homme, dont il observe au plus près les réactions, les doutes, les passions, les colères. Celui qui ressemble le plus à un héros, joué par Henry Fonda, est un type brut de décoffrage au passé un peu trouble, qui ne se fait aucune illusion sur la culpabilité des types qu’ils vont lyncher, ou sur son propre héroïsme : s’il suit le mouvement, c’est par peur d’avoir l’air suspect et de se retrouver à la place de ceux qui vont se balancer au bout d’une corde.

C’est son point de vue que Wellman adopte : celui d’un type foncièrement bon, mais vaguement lâche, qui n’élève la voix, par intermittence, que pour se donner bonne conscience. La surprise, l’hébétement, les peurs des « victimes » (Dana Andrews, Anthony Quinn et Francis Ford), observées de l’extérieur, n’en sont que plus troublantes, et plus effrayantes. C’est aussi ce qui rend le film aussi bouleversant : l’approche terriblement humaine et « normale » de ce lynchage terrifiant. Et le fait que personne, et surtout pas les plus véhéments des lyncheurs, n’en sortira indemne.

The Ox-Bow Incident est presque une aberration dans la production hollywoodienne : son sujet, cruel et insupportable, est traité sans que rien ne vienne adoucir le propos. C’est un chef d’œuvre absolu, qui n’a rien perdu de sa puissance…

Total Recall, Mémoire programmée (Total Recall) – de Len Wiseman – 2012

Posté : 25 février, 2013 @ 6:45 dans 2010-2019, FANTASTIQUE/SF, WISEMAN Len | Pas de commentaires »

Total Recall, Mémoire programmée (Total Recall) – de Len Wiseman – 2012 dans 2010-2019 total-recall

Le film de Paul Verhoeven, tout en restant un chef d’œuvre de la SF, a comme beaucoup de classiques du genre, pris un sérieux coup de vieux, avec ses trouvailles futuristes qui paraissent aujourd’hui bien ringardes. L’idée d’en faire un remake était donc loin d’être une aberration.

Len Wiseman, l’excellent réalisateur de Die Hard 4, fait le travail de fort belle manière. Dans la première moitié, surtout, où le cinéaste nous offre une vision du futur qui n’est pas sans rappeler Blade Runner. A vrai dire, la comparaison est même incontournable, tant le film reprend une grande partie de l’imagerie du film de Scott. La mégalopole avec ses rues grouillantes et baignées de pluie, où l’Asiatique semble le type dominant : on s’attendrait presque à y croiser Harrison Ford mangeant des pâtes chinoises… Quelques plans sont même des copiés-collés de Blade Runner ? Pas si étonnant : le film était, comme Total Recall, adapté de l’œuvre de Philip K. Dick.

Le principal problème, cela dit, c’est que le film de Wiseman est trop plein de références. La poursuite en voiture ressemble étrangement à celle de Minority Report (d’après Dick, également), les extérieurs rappellent le film de Ridley Scott, certains intérieurs citent Star Wars (la trilogie originale), tandis que l’armée de robots évoque les Sith de la deuxième trilogie. Surtout, tout en se démarquant nettement du film de Verhoeven, Wiseman, en homme peu avisé  (jeu de mot bilingue), multiplie les références à son modèle. C’est sympathique une fois (« si je ne suis pas moi, bordel, qui je suis »), deux fois (l’apparition de la femme, sosie du déguisement de Schwarzenegger, à la douane), mais à partir de trois fois (le bras coupé dans l’ascenseur), la comparaison devient trop systématique, à tel point qu’on attend tous les grands moments du film original, dont certains (« considère ça comme un divorce ») ne viennent pas.

Il y a pourtant de très belles choses dans le film, en particulier une utilisation exceptionnelle de décors exceptionnels. Dans la première grande confrontation entre Doug Quaid et sa « femme » surtout, morceau de bravoure ahurissant, où le plus petit élément du gigantesque décor semble avoir son utilité. Wiseman règle en maître une séquence d’action en trois dimensions (sans la 3D), ainsi que dans la scène de la poursuite en voiture, et celle plus impressionnante encore des ascenseurs. L’utilisation de l’espace y est magistrale.

Hélas, dans la seconde moitié, le film se transforme en un blockbuster explosif assez boursouflé et sans grand intérêt. A tel point qu’on finit par se moquer de la course en avant d’un Colin Farrel pourtant très à l’aise dans l’univers de Philip K. Dick (il avait trouvé l’un de ses premiers rôles marquants dans Minority Report) et dans son emploi d’action hero.

A trop vouloir marquer son respect pour les précédentes adaptations de Dick, et à trop vouloir respecter les codes de la surenchère hollywoodienne, Wiseman manque sa cible. Dommage, parce qu’il y a dans certaines scènes une ambition et une maîtrise qui étaient pleines de promesses.

Jason Bourne : l’héritage (The Bourne Legacy) – de Tony Gilroy – 2012

Posté : 25 février, 2013 @ 6:35 dans 2010-2019, GILROY Tony | Pas de commentaires »

Jason Bourne : l’héritage (The Bourne Legacy) – de Tony Gilroy – 2012 dans 2010-2019 jason-bourne-lheritage

On ne prend pas tout à fait les mêmes, mais on continue bel et bien. Ce quatrième « Bourne » n’a peut-être pas Jason Bourne pour héros (il est toujours porté disparu, depuis la fin du troisième film), mais son ombre plane indubitablement sur ce faux reboot. L’intrigue commence même au milieu de celle du troisième film : peu avant l’assassinat du journaliste dans la gare de Waterloo, étonnant choix de scénariste qui fait se chevaucher les deux films, plaçant l’histoire d’Aaron Cross, le super-espion interprété ici par Jeremy Renner, en parallèle avec celle de Bourne.

C’est d’ailleurs l’une des rares originalités du scénario. Passé derrière la caméra, Tony Gilroy, qui avait déjà écrit les précédents films de la saga, semble cette fois s’être entièrement concentré sur la mise en scène, au détriment d’un scénario jamais vraiment crédible, qui se résume à un simple survival, et se contente de revisiter les grands moments de la première trilogie.

L’apogée du film, une poursuite sur les toits d’un quartier populaire des Philippines, ressemble ainsi étrangement à celle de La Vengeance…, où Matt Damon sautait de toit en toit dans une séquence à couper le souffle. Portée par l’intense Jeremy Renner, cette nouvelle scène n’a pas à rougir de la comparaison. Le seul problème, c’est justement que la comparaison est incontournable.

L’autre faiblesse du film, par rapport aux trois précédents, c’est l’absence de Jason Bourne. Aaron Cross a beau être interprété par un Jeremy Renner absolument parfait (l’acteur a ce mélange d’humanité et de menace nécessaire au personnage), il n’est rien de plus qu’un espion poursuivi par ses anciens employeurs qui veulent sa mort. Il n’a pas les fêlures et la culpabilité de Bourne.

Mais on ne s’ennuie pas un instant… En tout cas pas après la première demi-heure. Si on se moque un peu de la conspiration, cette fois (Edward Norton, en cynique nettoyeur, n’a pas grand-chose à jouer), la course en avant d’Aaron Cross réserve son lot de plaisirs virils (et de beaux paysages).

Et puis il y a Rachel Weisz, actrice magnifique, qui interprète une scientifique en cavale avec Cross. Bourne était seul. Lui doit composer avec la sensibilité, la fragilité, et la détermination de cette femme plongée du jour au lendemain au cœur d’une violence qu’elle ne connaît pas. Grâce à elle, grâce au couple totalement mal assortis que ces deux-là forment, je replongerais bien pour un Bourne de plus…

• Voir aussi La Mémoire dans la peau, La Mort dans la PeauLa Vengeance dans la Peau et Jason Bourne.

 

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