Play it again, Sam

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Archive pour janvier, 2013

Le Solitaire (Thief) – de Michael Mann – 1981

Posté : 13 janvier, 2013 @ 1:18 dans * Thrillers US (1980-…), 1980-1989, MANN Michael | Pas de commentaires »

Le Solitaire (Thief) – de Michael Mann – 1981 dans * Thrillers US (1980-…) le-solitaire

Un braqueur de haut vol fidèle en amitié, qui prépare son dernier coup avant de se ranger avec la jeune femme qu’il aime ? Ce n’est pas le De Niro de Heat, mais le James Caan du Solitaire, premier long métrage cinéma de Michael Mann. Quinze ans avant le face-à-face De Niro / Pacino, les obsessions du cinéaste sont déjà bien en place, même si on ne retrouve pas encore cette confusion entre Bien et Mal, qui sera sa marque de fabrique dans tous ses grands polars à venir, de Sixième Sens à Public Enemies.

Avec cette œuvre de jeunesse, Mann frappe déjà assez fort, signant un film tendu et implacable qui, malgré quelques longues séquences en creux (notamment un très long dialogue entre Caan et Tuesday Weld, qui sonne étonnamment faux), ne laisse jamais retomber la tension. D’ailleurs, le film a rapidement fait l’objet d’un petit culte qui est toujours d’actualité.

Il faut quand même reconnaître que Thief a pris un petit coup de vieux. Et pas seulement à cause de la veste en cuir de Caan et des lunettes pas possibles de Robert Prosky, le grand méchant de l’histoire. L’esthétique, très datées eighties, et surtout la musique électronique à peine écoutable aujourd’hui, sont quand même des fardeaux qui, trente ans après, pèsent lourdement sur le film.

Mann est par ailleurs (et surtout à l’époque) meilleur formaliste que directeur d’acteurs. Ici, la hargne bondissante de James Caan a par moment un peu de mal à convaincre.

Cela dit, le rythme est, la plupart du temps, impeccable. Et Mann nous gratifie déjà de quelques belles séquences nocturnes qui ne semblent brouillonnes que parce qu’on les compare avec celles de Collateral ou Miami Vice, autrement plus envoûtantes. Reste que ces images de nuit urbaine dépassent largement ce qu’on pouvait voir ailleurs, au début des années 80 ou depuis.

Le Solitaire est un peu plus qu’un brouillon : c’est le portrait sombre et violent d’un homme qui, après avoir passé des années en prison, refuse toutes les attaches et toutes les règles qui lui seraient imposées. Du pur Mann dans le texte.

On peut quand même s’amuser à noter les nombreuses ébauches que Mann développera dans sa filmographie à venir : la plage de Sixième Sens, le casse de Heat

On peut aussi s’amuser à reconnaître, dans un minuscule rôle (trois secondes à l’écran, pas plus) William Petersen, qui deviendra le héros du premier chef d’œuvre de Mann, Manhunter.

L’Homme qui rit – de Jean-Pierre Améris – 2012

Posté : 12 janvier, 2013 @ 6:58 dans 2010-2019, AMÉRIS Jean-Pierre | Pas de commentaires »

L'Homme qui rit - de Jean-Pierre Améris - 2012 dans 2010-2019 lhomme-qui-rit-2

Le roman de Victor Hugo est imposant et foisonnant. Trop sans doute pour Jean-Pierre Améris, qui enfile les scènes comme on enfile les perles sur un collier. Le résultat est souvent bien joli, visuellement très ambitieux, et donne de bien jolies photos d’exploitation, à accrocher aux devantures des cinémas. Mais il manque l’essentiel : une âme, une atmosphère, un rythme… Autant d’éléments que j’ai en vain essayé de trouver.

Au contraire, Améris semble constamment à côté de la plaque, loupant dans les grandes largeurs toutes les scènes clés. Celle, capitale, où « l’homme qui rit », monstre de foire devenu noble malgré lui, s’adresse au parlement, ressemble à un mauvais rêve, et n’a pas le poids qu’elle devrait avoir. Celle, dramatique, de la mort de l’un des personnages principaux, sur le champ de foire, a un aspect étrangement figé…

Dommage, parce que ce monstre de foire, gamin défiguré par une affreuse cicatrice, est un personnage fascinant, aussi bien pour le spectateur d’aujourd’hui que pour celui du Paris de Victor Hugo, attiré par cette aberration vivante. Et parce qu’il y a dans cette histoire terrible quelque chose de très actuel qui ne transparaît pas vraiment.

Dommage aussi parce que les acteurs sont excellents, et qu’il y a Gérard Depardieu, dont on oublierait presque, ces temps-ci, qu’il peut être un acteur formidable. Et il l’est, ici, dans un rôle capital, et avec une sobriété qu’on ne lui connaît pas toujours. Grand cœur perdu dans un corps trop grand… le personnage est touchant, Depardieu en fait une masse de douleur et de dignité absolument bouleversante. Dans le tout dernier plan du film, ravalant avec peine son malheur, il apparaît sensible et irrémédiablement perdu. Il est ce qu’il y a de plus beau dans ce film…

Les Cinq Légendes (Rise of the Guardians) – de Peter Ramsey – 2012

Posté : 12 janvier, 2013 @ 6:57 dans 2010-2019, DESSINS ANIMÉS, RAMSEY Peter | Pas de commentaires »

Les Cinq Légendes (Rise of the Guardians) - de Peter Ramsey - 2012 dans 2010-2019 les-cinq-legendes

Ça doit être la période qui veut ça… Le Père Noël est également l’un des personnages de ces Cinq Légendes, aux côtés du Lapin de Pâques, de la Fée des dents (l’équivalent américain de notre petite souris, qui apparaît d’ailleurs dans un caméo charmant), du marchant de sable, et surtout de Jack Frost, la légende que personne ne connaît : celui qui amène le froid et la neige, et que personne ne prend vraiment au sérieux. Cette fois, c’est pour mon fils de 7 ans que j’y suis allé, et là encore, c’est une bien belle surprise.

Intelligent, le film réussit la prouesse de marier traditions et modernité. Les cinq légendes qui donnent leur titre au film font partie de l’imaginaire des enfants depuis toujours, mais cette production Dreamworks parvient à en faire de vrais personnages de films bien d’aujourd’hui, tout en échappant aux effets de modes les plus agaçantes. Et puis Jack Frost, gamin trop seul qui ne parvient pas à exister parce qu’il ignore tout de son passé, est un personnage très émouvant, et très original.

Le film est également émaillé de scènes d’action très impressionnantes et joliment réalisées. Il y a, dans ces productions animées, une ambition de la forme et du fond qui est décidément une bonne nouvelle pour les parents…

Niko le petit renne 2 (Niko 2, Lentäjäveljekset) – de Kari Juusonen et Jorgen Lerdam – 2012

Posté : 12 janvier, 2013 @ 6:57 dans 2010-2019, DESSINS ANIMÉS, JUUSONEN Kari, LERDAM Jorgen | Pas de commentaires »

Niko le petit renne 2 (Niko 2, Lentäjäveljekset) - de Kari Juusonen et Jorgen Lerdam - 2012 dans 2010-2019 niko-le-petit-renne-2

Petit intermède animé pour faire plaisir à mes enfants. Celui de 4 ans, pour commencer, avec cette suite d’un dessin animé (Niko le petit renne, donc), qu’il avait beaucoup aimé, et que je n’avais pas vu. Mais j’ai quand même compris ce n°2 ! Et je dois dire que c’est un bien joli film qui, sur de nombreux aspects, est une production très classique : de belles images, une belle histoire qui associe tendresse, humour, suspense et bons sentiments…

Avec une surprise, toutefois : car le vrai sujet du film, c’est la difficulté pour un enfant d’accepter la recomposition de sa famille. Niko est le fils (volant) d’un renne du Père Noël. Mais ce père est un type totalement inconséquent, séparé de la mère depuis des plombes. On se dit que, forcément, le papa va murir, et qu’il va retrouver le cocon familial. Mais non : la mère se pointe avec un nouveau copain et un demi-frère que Niko aura bien du mal à accepter.

C’est donc la bonne nouvelle : le cinéma d’animation a réalisé que le monde a changé, et que le modèle familial traditionnel ne veut plus dire grand-chose pour beaucoup de jeunes spectateurs.

Pour le reste, je ne vous dévoilerai pas toute l’histoire. Mais il y a de méchants aigles, un Noël menacé, une maman qui se ronge les ongles (enfin, les sabots), un vieux renne à moitié aveugle… C’est mignon tout plein et pas bête du tout.

L’Homme qui en savait trop (The Man who knew too much) – d’Alfred Hitchcock – 1956

Posté : 12 janvier, 2013 @ 3:50 dans * Films noirs (1935-1959), 1950-1959, HITCHCOCK Alfred, STEWART James | Pas de commentaires »

L’Homme qui en savait trop (The Man who knew too much) – d’Alfred Hitchcock – 1956 dans * Films noirs (1935-1959) lhomme-qui-en-savait-trop-56

« A single crash of cymbals, and how it rocked the lives of an american family »

De toute évidence, ce n’est pas le film le plus personnel d’Hitchcock, ni le plus ambitieux, puisqu’il se contente de refaire son propre film de 1934. Mais ce second The Man who knew too much illustre parfaitement le degré de perfection qu’Hitchcock avait atteint derrière la caméra. Pas de pari insensé ici, du genre tourner dans un canot de sauvetage (Lifeboat), ou se limiter à de longs plans de dix minutes (La Corde). Pas de profond mystère non plus, en particulier pour ceux qui ont vu l’excellente première version. Non, ici, Hitchcock s’offre un pur exercice de style : ou comment faire d’un suspense assez classique un grand classique tout court.

Le résultat est ébouriffant. De la première à la dernière image, pas une seconde de trop dans ce film formidable : Hitch nous ballotte d’une émotion à l’autre. Amusé, ému, effrayé… Le couple Doris Day/James Stewart est formidablement attachant, et la manière dont le cinéaste introduit ses personnages est absolument magistrale.

Tout semble évident dans ce film, mais rien ne l’est vraiment bien sûr. Hitchcock, par exemple, réussit à nous tenir en haleine pendant plus de dix minutes avec la recherche d’un homme, Ambrose Chapel, qui se révèle sans le moindre intérêt. L’action s’arrête durant de longues minutes pour laisser Doris Day chanter le fameux « Que sera, sera »… Qu’importe si l’intrigue se perd dans ces digressions, parce que l’intrigue à proprement parler n’est qu’un prétexte. Comme souvent chez le cinéaste, l’important est la manière de nous emmener à l’endroit où il veut nous conduire.

En l’occurrence, le marché de Marrakesh (tournée en studio, mais qui dégage une étonnante impression de réalité), la scène de la chapelle, et tous les autres épisodes génialement réalisés, avec une inspiration de chaque instant, nous dirigent vers cette hallucinante séquence de l’Albert Hall. Sans un mot, avec un montage étourdissant de quelques 120 plans, Hitch réussit l’une des scènes les plus dramatiques et les plus riches en suspense de toute l’histoire du cinéma.

Instinct de survie (The New Daughter) – de Luis Berdejo – 2009

Posté : 12 janvier, 2013 @ 3:46 dans 2000-2009, BERDEJO Luis, COSTNER Kevin, FANTASTIQUE/SF | Pas de commentaires »

Instinct de survie (The New Daughter) – de Luis Berdejo – 2009 dans 2000-2009 instinct-de-survie

C’est vraiment pour Kevin Costner que j’ai vu ce direct to DVD qui fleure bon l’horror movie standard, énième resucée de L’Exorciste et autres films de possession et de maisons hantées. Et la présence derrière la caméra du scénariste de REC n’augurait rien de très bon non plus. Et alors ?

Alors le Kevin est décidément au creux le plus profond de sa carrière. Dans la série de ses petits films sortis dans l’indifférence générale, Swing Vote était très sympathique, et on pouvait trouver certaines qualités à Mr. Brooks. Mais difficile de défendre cette adaptation d’une nouvelle de John Connoly qui sonne faux dès les premières images, et encore plus faux dès les premiers dialogues.

Costner, lui, est sobre et juste, dans le rôle d’un père de famille que sa femme vient d’abandonner, le laissant seul avec leurs enfants, un petit garçon et une adolescente mal dans sa peau. Kevin et ses gosses s’installent dans une immense maison perdue au milieu d’un bois sombre (non, ce n’est pas le début d’un sketch de Bigard), où il espère reprendre goût à la vie, et aussi écrire son livre (ah oui, parce que depuis Shining, c’est toujours des écrivains en mal d’inspiration qui vont s’enfermer dans des maisons perdues loin de tout).

Mais la maison et ses alentours sont peuplés d’étranges créatures qui ressemblent à Golum et dont les apparitions sont annoncées par des nappes de brouillard tout droit sorties de Fog. Parce que Berdejo a vu beaucoup de films et que du coup il croit maîtriser parfaitement la grammaire du film qui fait peur. Sauf qu’il se contente de recopier ce qu’il a déjà vu 1000 fois ailleurs (et nous aussi), et que ça ne fonctionne pas du tout.

On pourrait sauver la dernière séquence, assez flippante celle-là, et pour le coup plutôt originale, mais le film est trop approximatif, trop anecdotique, trop passable, pour se permettre un final aussi glauque et cruel.

Le Veinard (Lucky Dog) – de Jess Dobbins – 1917

Posté : 12 janvier, 2013 @ 11:55 dans 1895-1919, COURTS MÉTRAGES, DOBBINS Jess, FILMS MUETS, LAUREL et HARDY | Pas de commentaires »

Le Veinard (Lucky Dog) – de Jess Dobbins – 1917 dans 1895-1919 le-veinard

Il y a eu une vie avant Laurel et Hardy pour Stan Laurel, gagman réputé du jeune Hollywood, et espoir pour les studios de trouver un concurrent sérieux à Chaplin. La comparaison n’est pas fortuite : Laurel, qui fut le remplaçant de Chaplin dans la troupe de Karno, est ici bien plus proche de Charlot que du personnage qu’il trouvera quelques années après avec son comparse Oliver Hardy, dans ce qui reste le plus grand tandem comique de l’histoire du cinéma.

Un peu fouillis et sans grande originalité, ce court métrage se contente de recycler un humour vu en cent fois mieux chez Chaplin (le jeu avec le chapeau notamment, qui ressemble vraiment à du sous-Chaplin, ou encore cette manière canaille de botter le cul de méchants physiquement plus imposants que lui).

Laurel est un jeune homme qui se retrouve à la rue et fait ami-ami avec un corniaud. Il fait plusieurs rencontres, notamment avec un voleur bedonnant et patibulaire.

Et c’est là le principal intérêt du film, la seule raison, même, pour laquelle il a laissé une trace dans l’histoire. Car ce voleur est interprété par un certain Oliver Hardy. Ce film marque la première rencontre des futurs Laurel et Hardy. Mais ni l’un, ni l’autre, ne s’approche de près ou de loin de leurs futurs personnages. On ne peut pas dire que c’est là que naît le tandem.

Mais quand même… quand on sait le nombre de films que ces deux-là feront ensemble par la suite, on ne peut que reconnaître à ce court très mineur un petit intérêt historique.

Leur instant d’humiliation (Their purple moment) – de James Parrott (et Leo McCarey) – 1928

Posté : 12 janvier, 2013 @ 11:51 dans 1920-1929, COURTS MÉTRAGES, FILMS MUETS, LAUREL et HARDY, McCAREY Leo, PARROTT James | Pas de commentaires »

Leur instant d’humiliation (Their purple moment) – de James Parrott (et Leo McCarey) – 1928 dans 1920-1929 leur-instant-dhumiliation

C’est l’un des derniers courts muets de Laurel et Hardy, et c’est un pur chef-d’œuvre. Comme souvent, Laurel et hardy sont tous deux mariés à des femmes acariâtres et directives, et redoublent d’imagination pour leur échapper le temps d’une soirée. Laurel pense avoir trouvé la cachette parfaite pour ses économies : le revers de veste d’un portrait accroché au mur. Un soir, prétextant une partie de bowling, les deux compères prennent l’argent et partent s’encanailler dans un cabaret, au videur redoutable, et où ils rencontrent deux jeunes femmes. Mais ils réalisent trop tard que la femme de Laurel a découvert la cachette, et pris l’argent…

A revoir ce court muet, on est frappé de voir à quel point Laurel et Hardy n’ont pas changé lors de l’avènement du parlant, et que leurs personnages et leur humour sont restés remarquablement semblables. Il me semble même que c’est un cas unique dans l’histoire du cinéma burlesque. Tous les grands noms du burlesque muet ont marqué le pas, ou carrément disparu (Keaton, Lloyd…), laissant la place à une nouvelle génération basée sur le son et les mots (les Marc Brothers, WC Fields…). Le seul à avoir duré, Chaplin, mettra dix ans avant de passer au parlant…

L’humour de Laurel et Hardy ne changera pas. Car même si on sourit de leurs répliques ou de leurs chansons, leur humour est avant tout visuel. Les jérémiades de Laurel font rire plus pour les grimaces que pour les cris stridents ; et les remontrances de Hardy sont irrésistibles à cause de la moue surprise et boudeuse de l’acteur, pas de ses éclats de voix. Pareil pour leur complicité, qui passe par les œillades, les coups de coude, et les bousculades.

Il y a tout ça dans Their purple moment. Sans le son, qui ne manque pas. Mais avec le génie de gagman de Laurel. Et puis ce petit bijou inventif et irrésistible est supervisé par Leo McCarey. Est-ce lui le véritable auteur ? Ou le réalisateur officiel James Parrott ? Ou les deux compères ? Toujours est-il qu’il y a dans la mise en scène un rythme et une fluidité digne des plus grands films du tandem, ou des meilleurs Keaton. Des adieux formidables au muet.

Vaudou (I walked with a zombie) – de Jacques Tourneur – 1943

Posté : 12 janvier, 2013 @ 10:23 dans 1940-1949, FANTASTIQUE/SF, TOURNEUR Jacques | Pas de commentaires »

Vaudou (I walked with a zombie) – de Jacques Tourneur – 1943 dans 1940-1949 vaudou

De tous les films de zombies tournés avant ou depuis, le Vaudou de Tourneur reste sans doute le plus marquant, le plus fascinant, le plus effrayant aussi, le temps de quelques séquences minimalistes et géniales, typiques du réalisateur de La Féline. Si Vaudou est à ce point marquant, c’est d’ailleurs parce qu’il prend le contre-pied des grands films de morts-vivants à la Romero, violents et morbides. Ici, Tourneur signe un film délicat, élégant et mystérieux. Sans méchant, ni hémoglobine, et pourtant terrifiant.

Terrifiant, parce qu’il fait du Vaudou, cette pratique des Antilles entre sorcelleries et religion, davantage que le sujet du film : son décor. La jeune héroïne, qui arrive du Canada pour servir d’infirmière à une femme ayant perdu l’esprit, découvre un monde fascinant où le romantisme apparent (un décor idyllique, un hôte plein de charme, une matriarche totalement dévouée aux autres) dissimule une espèce de no man’s land entre la vie et la mort.

La courte séquence, très belle, de la traversée en bateau, donne le ton. Lorsqu’elle admire, émerveillée, la beauté de la mer et du ciel, son compagnon de voyage lui dit que cette beauté est issue de la mort et de la putréfaction : les étoiles meurent, et les reflets de l’eau ne sont que des milliers de petites créatures mortes pourrissant au clair de lune. Charmant…

Sur l’île, les habitants eux-mêmes semblent être dans une non-vie permanente, hantés par leurs fantômes. La mort, la vie… la frontière entre les deux est ténue, et ne répond plus aux mêmes règles, comme l’explique l’un des personnages : le pays est hanté par le malheur, depuis l’époque de l’esclavage. La vie est un fardeau perpétuel, c’est pourquoi on pleure à une naissance, et on fait la fête aux funérailles.

Tourneur filme merveilleusement bien cette atmosphère inquiétante et irréelle. Et puis bien sûr, il sait mieux que quiconque créer l’effroi à partir de pas grand-chose. L’héroïne et la « zombie » traversent un champ de cannes à sucre balayé par le vent dans la nuit, l’apparition d’un « géant » immobile, des bruits de tam-tam au loin… Il n’a pas son pareil pour filmer une bonne suée.

Dans Vaudou, il remplit largement son quota d’effroi. Mais il le fait dans une atmosphère lancinante et fascinante, qui nous plonge dans une torpeur impressionnante.

Laurel et Hardy ramoneurs (Dirty work) – de Lloyd French – 1933

Posté : 11 janvier, 2013 @ 7:17 dans 1930-1939, COURTS MÉTRAGES, FRENCH Lloyd, LAUREL et HARDY | Pas de commentaires »

Laurel et Hardy ramoneurs (Dirty work) – de Lloyd French – 1933 dans 1930-1939 laurel-et-hardy-ramoneurs

Laurel et Hardy sont décidément dans leur veine dévastatrice, en cette années 1933, l’année des Menuisiers, l’un de leurs meilleurs courts métrages. Toujours réalisé par Lloyd French, ce court les transforme en ramoneurs. Et là encore, la maladresse des deux compères fait des merveilles, ou plutôt des catastrophes.

Quand il se concentre uniquement sur les gags inspirés par le ramonage, le film est un petit bijou, aux gags irrésistibles qui s’enchaînent à un rythme complètement fou. Hardy, bien sûr, fait les frais de la maladresse de son souffre-douleur, manquant se faire plomber par un tir de carabine, se faisant littéralement expulser du toit, tombant dans le conduit de cheminée, remplissant son pantalon de suie… et pas mal d’autres mésaventures, le tout en une dizaine de minutes.

Mais pourquoi avoir planté le décor dans la maison d’une espèce de savant fou travaillant sur un élixir de jeunesse. Si le personnage du majordome, flegmatique et vaguement inquiétant, est franchement drôle, celui du savant est carrément lourdingue. La fin du film tourne autour de l’élixir, et c’est nettement moins réussi et drôle que les gags du début, peut-être plus classiques, mais surtout beaucoup, beaucoup plus drôles.

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