Play it again, Sam

tout le cinéma que j’aime

Archive pour le 24 janvier, 2013

Les Compagnons de la gloire (The Glory Guys) – de Arnold Laven (et Sam Peckinpah) – 1965

Posté : 24 janvier, 2013 @ 5:24 dans 1960-1969, LAVEN Arnold, PECKINPAH Sam, WESTERNS | 1 commentaire »

Les Compagnons de la gloire (The Glory Guys) – de Arnold Laven (et Sam Peckinpah) – 1965 dans 1960-1969 les-compagnons-de-la-gloire

Ce western méconnu le serait-il moins s’il avait été signé par Sam Peckinpah ? Sans doute, mais le futur cinéaste de La Horde sauvage, auteur du script original, n’a semble-t-il réalisé que quelques plans avant d’être remplacé par Arnold Laven, qui est aujourd’hui loin d’avoir la « carte » comme Peckinpah. Ce qui, ici en tout cas, est plutôt injuste.

Une chose est sûre : The Glory Guys alterne le pire et le meilleur. Côté pire : des acteurs souvent approximatifs, pas très bien dirigés, d’où surnagent quelques seconds rôles hauts en couleur, et surtout un jeune James Caan très chien fou ; des dialogues qui semblent parfois sortis d’un film de vacances ; et un premier quart d’heure qui laisse augurer un vrai nanar.

Et puis il suffit de quelques fulgurances de mise en scène (un baiser passionné et étourdissant entre Tom Tryon et Senta Berger), de beaux moments de grâce (un couple qui continue à danser alors que la musique s’arrête), et d’une poignée de plans sublimes montrant une colonne de soldats se mettant en marche dans une nature plongée dans une semi-obscurité, entre chiens et loups… Et le film prend soudain une nouvelle dimension.

La nature, sauvage, impressionnante, superbe, joue un rôle primordial, en particulier dans la seconde partie, où les soldats sont ramenés à leur condition de simple mortel, et où le marivaudage et l’humour du début cèdent la place à la tragédie et au sentiment de révolte. Le cinemascope et la couleur magnifique sont parfaitement utilisés pour mettre en valeur ces grandes étendues escarpées, et ces ciels pesants…

Cette nature omniprésente donne une dimension singulière aux drames qui se jouent : les deux hommes qui se disputent l’amour d’une femme, le général cupide (inspiré de Custer) qui mène ses hommes au massacre, la jeune recrue qui attende désespérément son ordre de démobilisation, le soldat – tête de turc qui pleure la mort de son « bourreau » de lieutenant.

Parfois approximatif, par moments carrément raté, le film est aussi souvent impressionnant : par ses grandes scènes de batailles, amples et originales ; par la place laissée à la nature ; et par ces petits moments plus anodins où la magie opère.

Effraction (Trespass) – de Joel Schumacher – 2012

Posté : 24 janvier, 2013 @ 5:21 dans * Thrillers US (1980-…), 2010-2019, SCHUMACHER Joel | Pas de commentaires »

Effraction (Trespass) – de Joel Schumacher – 2012 dans * Thrillers US (1980-…) effraction

Depuis le temps que je pense que Joel Schumacher est un cinéaste sous-estimé ! Il fallait bien que ça arrive, enfin, qu’il filme son chef-d’œuvre, un thriller tendu de bout en bout, huis-clos original et oppressant, soutenu par une Nicole Kidman plus nuancée et troublante que jamais, et par un Nicolas Cage au sommet de son talent protéiforme.

Non, je déconne. La vérité, alors ? Effraction est une pure bouse, sans le moindre intérêt. Tout sonne faux dans ce huis-clos qui se veut oppressant, mais qui se résume à 1 heure 25 de cris effarouchés des deux Nic aux prises avec une bande de voleurs qui ont envahi leur hideuse maison de riches. Oui, parce que le film, vérification faite, ne dure qu’1 heure 25, mais ces 85 minutes sont interminables.

Cage n’a jamais été aussi médiocre, Kidman paraît engoncée dans ses lèvres botoxées qui expriment de la même manière la peur (avec une bouche en cul de poule qui fait « aahhhh !! » très fort) et le trouble dans les flash-backs (avec une bouche en cul de poule qui ne fait rien).

Les rapports entre ces deux-là ne sont jamais crédibles. Leur fille est une ado détestable qui n’est sauvée que parce que ses parents sont pires… A quoi se raccrocher ? On assiste à ces cris interminables avec un vague intérêt poli, en se disant que, quand même, les lunettes de Nic Cage sont très laides, qu’il faudrait penser à retirer à Joel Schumacher son permis de filmer, et que cette impression de perdre son temps est très désagréable.

Gone baby gone (id.) – de Ben Affleck – 2007

Posté : 24 janvier, 2013 @ 11:07 dans * Thrillers US (1980-…), 2000-2009, AFFLECK Ben | Pas de commentaires »

Gone baby gone (id.) – de Ben Affleck – 2007 dans * Thrillers US (1980-…) gone-baby-gone

Décidément, Dennis Lehane est bien servi au cinema. Après avoir été adapté par Clint Eastwood (Mystic River) et Martin Scorsese (Shutter Island), c’est au tour de Ben Affleck de s’intéresser à l’œuvre du génial écrivain. Oui, bien sûr, sur le papier, Ben Affleck fait pale figure face à Clint et Marty. D’autant plus qu’il s’agit du premier film réalisé par une star bovine et dans le creux de la vague. Bref, pas forcément le type sur lequel on aurait musé le plus…

Sauf que Ben Affleck est autant un acteur fade et inintéressant qu’un cinéaste fin et inspiré. Et ce qu’il réussit avec Gone baby gone est assez magnifique. C’est bien simple : il n’y a à peu près aucune faute de goût, aucune facilité, aucun faux pas dans cette première réalisation, qui rend parfaitement justice à un roman dur, fort, et diablement complexe, que ce soit par l’intrigue elle-même ou par les enjeux moraux qu’elle véhicule.

Gone baby gone, le roman (à lire absolument aux éditions Rivage Noir), est le troisième des six romans (dont le dernier, sorti l’an dernier, est justement la suite tardive de Gone baby gone) mettent en scène un couple de détective, Patrick Kenzie et Angie Gennaro. Les fans de Lehane (dont je suis) seront un peu déstabilisés par les personnages principaux, assez différents de ce qu’ils sont dans le livre. Angela, surtout, perd ses illusions et les derniers relents de légèreté dans le livre. Interprétée ici par Michelle Monaghan, elle paraît dès les premières images être au bord de la dépression, ne donnant jamais le change ?

Kenzie, lui, a le visage poupon de Casey Affleck (le frangin), et c’est une idée grandiose. Parce que c’est un acteur passionnant, et parce que ces faux airs d’enfants tranchent radicalement avec la volonté jusqu’au-boutiste et la violence à fleur de peau de ce personnage.

Dans Gone baby gone, nos deux détectives sont engagés pour retrouver la petite fille d’une toxico insupportable. Trafiquants, pédophiles, ripoux… les mauvaises pistes et les mauvaises rencontres se succèdent, jusqu’à un dénouement que je me garderai bien de dévoiler ici, mais qui laisse au fond un sentiment de malaise tenace, et violent.

Le roman est dur, insoutenable même parfois, en particulier lors de l’affrontement avec la « famille » de pédophiles. Le film d’Affleck a l’intelligence, et le courage, de ne rien édulcorer, tout en évitant toute surenchère de violence visuelle. A l’image de cette séquence des pédophiles, traitée avec une concision et une force rare (une série de flashs qui nous font ressentir toute l’horreur et toute la tension insupportable de ce moment), le film n’est jamais racoleur, toujours sur la note juste.

De la même manière, Affleck retranscrit parfaitement l’atmosphère de Boston, cette impression que donnait Lehane de nous amener au cœur de son quartier, par le regard de Patrick Kenzie. On ressent la vie de ces quartiers, emplis de gueules pas possibles, et où la violence et la drogue sont des compagnons de vie.

Affleck frappe fort et juste. Gone baby gone est l’œuvre d’un grand réalisateur.

 

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