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Archive pour le 21 janvier, 2013

Fort Massacre (id.) – de Joseph M. Newman – 1958

Posté : 21 janvier, 2013 @ 4:03 dans 1950-1959, NEWMAN Joseph M., WESTERNS | Pas de commentaires »

Fort Massacre (id.) – de Joseph M. Newman – 1958 dans 1950-1959 fort-massacre

Ne vous fiez pas au titre : Fort Massacre, malgré ses Apaches omniprésents, n’est pas une resucée du Massacre de Fort Apache. S’il y a comparaison à faire, c’est plutôt avec Côte 465 de Mann ou La Patrouille perdue de Ford, dans un autre genre : même concision, même simplicité, même approche frontale, même submersion de l’homme dans une nature spectaculaire mais rendue hostile par la guerre.

La guerre, ici, ce sont les guerres indiennes. Le film commence au milieu de nulle part, alors qu’une compagnie de soldats américains vient d’être en partie décimée par une attaque d’Indiens. Les survivants se mettent en route, et cherchent à rejoindre le gros des troupes.

D’où viennent ces hommes, où vont-ils, qui sont-ils ? Ne comptez pas sur le film pour apporter des réponses à ces questions : Joseph Newman, cinéaste très efficace, filme des personnages hors de leur monde, hors du monde même, une espère d’entre-deux sans issue, sans espoir, long voyage vers l’enfer.

Un seul personnage se dévoile un peu : celui de Joel McCrea, officier rongé par sa haine des Indiens depuis la mort de sa femme et de ses enfants. Mais ce qu’on croit comprendre de lui n’est pas grand-chose : l’humanité qui se dégage de ce personnage malade est constamment contredite par ses actions.

McCrea est formidable, intense, personnage qui vit avec la mort : celle de sa famille, celle de ses hommes (dont il trimballe les montres, dont le tic-tac incessant l’empêche de dormir, symboles tangibles de sa mauvaise conscience, chacune de ses décisions aboutissant à des morts supplémentaires), celle des indiens qu’il a tués, et la sienne qu’il semble appeler de ses vœux.

Apre et désespéré (le scénario est signé Martin Goldsmith, l’auteur de Détour), ce western poussiéreux et sanglant est une lente marche vers la mort. La mort des hommes, et celle des illusions. Ce petit western, bien sombre, est une œuvre complexe, intelligente, et d’une grande force.

Thérèse Desqueyroux – de Claude Miller – 2012

Posté : 21 janvier, 2013 @ 2:34 dans 2010-2019, MILLER Claude | Pas de commentaires »

Thérèse Desqueyroux – de Claude Miller – 2012 dans 2010-2019 therese-desqueyroux

Le dernier film de Claude Miller, décédé peu après le tournage, n’a pas la puissance de ses grands chefs d’œuvre (Garde à vue, Un secret…), mais cette adaptation d’un roman de François Mauriac est une réussite, un film dérangeant et assez bouleversant, dont l’austérité colle parfaitement au sujet.

L’histoire se passe dans les Landes, au début du siècle dernier. Thérèse (Audrey Tautou, impressionnante dans un rôle difficile, tout en intériorité), fille d’un propriétaire terrien, est promise depuis l’enfance à un mariage avec le fils d’une autre riche famille. Elle le sait, l’accepte, et le fait avec résignation, prête à faire tout ce qu’il faut « pour le bien de la famille ».

Seulement, un imprévu vient tout chambouler : la soudaine passion de sa belle-sœur pour un jeune homme, passion sans lendemain mais qui trouble Thérèse. Soudain, tous ces arrangements familiaux, cette prison d’hypocrisie, aliénante, deviennent insupportables.

Thérèse Desqueyroux flirte avec le film noir, le drame social. Mais c’est avant tout le portrait d’une femme complexe, littéralement prisonnière d’un mode de vie archaïque, qu’elle ne supporte plus et qui la pousse à commettre l’irréparable. Des personnages comme ça, on en a vu souvent, sauf que Thérèse est une victime consentante : cette vie d’arrangements et d’hypocrisie, elle l’a voulue, et le sait.

Infiniment délicate, la mise en scène de Miller illustre parfaitement la complexité de ce personnage (magnifique) en quête de sensation, de vie. Une mise en scène élégante, avec une petite pointe de mystère très séduisante.

Grand directeur d’acteurs, Miller offre à Audrey Tautou son plus beau rôle à ce jour, donne à Francis Perrin un superbe rôle de père/propriétaire lui aussi très complexe, et révèle la puissance de jeu de Gilles Lellouche, exceptionnel dans le rôle du marie Desqueyroux, force brute dont le regard se perd à force de ne pas comprendre les gestes de sa femme.

Miller tire le rideau en beauté.

 

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