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Archive pour le 3 janvier, 2013

Au fil de l’eau (House by the river) – de Fritz Lang – 1949

Posté : 3 janvier, 2013 @ 4:48 dans * Films noirs (1935-1959), 1940-1949, LANG Fritz | Pas de commentaires »

Au fil de l'eau (House by the river) - de Fritz Lang - 1949 dans * Films noirs (1935-1959) house-by-the-river

Après Le Secret derrière la porte, Lang tente en vain de faire aboutir plusieurs projets. Soucieux de ne pas rester sans tourner, il saisit l’opportunité offerte par la Republic, société de production fauchée, de signer ce House by the river, avec un budget minuscule et sans grande vedette. Une double contrainte qui amène le cinéaste à redoubler d’inventivité. Au sommet de son art, Lang signe, de tous ses films américains, l’un des plus impressionnants, des plus virtuoses, du point de vue de la mise en scène.

D’une histoire simple (un écrivain en panne d’inspiration tue sa bonne sans le vouloir, et fait disparaître le corps avec l’aide de son frère), Lang tire une œuvre obsessionnelle, troublante et dérangeante, un film très personnel sur son thème de prédilection : l’irruption du Mal et ses effets sur un être en apparence normal.

Deux êtres, même, cette fois : le meurtre est vite évacué, et Lang se concentre sur les effets qu’il a sur les deux frangins. Quand l’écrivain se découvre une nature cruelle et cynique, son frère est ravagé par la culpabilité. Avoir fait de ces deux hommes des frères si différents renforce le sentiment que l’on découvre les deux versants d’une même personnalité. Depuis Fury, ce thème a souvent été abordé par Lang…

Le manque de moyens, les décors restreints, poussent Lang à déployer des trésors d’imagination. Chaque plan est impressionnant, s’inscrivant dans un mouvement continu et incessant, à l’image de ce fleuve omniprésent, charriant charognes, branchages et cadavres humains. Le symbole de l’esprit torturé de ces personnages.

Quels que soient les moyens à sa disposition, Lang reste un cinéaste obsessionnel, et génial. Ce House by the river est, encore, un chef d’œuvre.

Et pour quelques dollars de plus (Per qualche dollaro in piu) – de Sergio Leone – 1965

Posté : 3 janvier, 2013 @ 3:53 dans 1960-1969, EASTWOOD Clint (acteur), LEONE Sergio, WESTERNS | Pas de commentaires »

Et pour quelques dollars de plus (Per qualche dollaro in piu) - de Sergio Leone - 1965 dans 1960-1969 et-pour-quelques-dollars-de-plus

Plus stylisé que Pour une poignée de dollars, moins extrême que Le Bon, la brute et le truand, ce deuxième western de Leone est un petit chef d’œuvre du genre. Bien plus qu’un simple prolongement du premier film. On pourrait se dire que le cinéaste se contente de profiter du succès du précédent, en retrouvant Eastwood et son personnage déjà mythique d’homme sans nom. Mais cette fausse suite (rien ne dit que le personnage soit effectivement le même) est surtout l’occasion pour Leone de peaufiner son style, et d’aller plus loin dans son approche stylistiquement radicale du western. Il le sera encore plus (radical) dans le troisième volet de sa trilogie du dollar, et dans Il était une fois dans l’Ouest.

Même s’il crée le western spaghetti, Leone s’inscrit aussi dans la grande tradition du genre hollywoodien. Et pour quelques dollars de plus est ainsi clairement inspiré de Vera Cruz (le bracelet de force de Clint rappelle celui de Burt Lancaster), ou encore de Los Bravados (la montre à gousset est un détail commun aux deux films)…

Ici, Eastwood n’est plus tout à fait solitaire : chasseur de primes, il fait équipe avec un Lee Van Cleef mystérieux et fascinant, véritable révélation du film après des années de seconds rôles plus ou moins visibles, parfois dans de grands films (Le Train sifflera trois fois, Victime du destin, L’Homme qui n’a pas d’étoile, L’Homme qui tua Liberty Valance, et beaucoup d’autres). La relation des deux hommes, amitié virile et taiseux, est l’une des grandes forces du film. Et dès leur rencontre, génial concours de virilité totalement immature, qui se finit autour d’une bouteille.

Les deux personnages sont la plupart du temps quasiment muets, mais on sent entre eux un respect et un affection presque filiale. Leur défiance mutuelle, les coups fourrés qu’ils se font… Tout cela relève plus du jeu de gamins que d’un affrontement sérieux.

Face à eux, Gian Maria Volonte va plus loin encore que dans le précédent film, dans son personnage de très méchant à la limite de la folie. Odieux, secoué par des rictus sadiques, perdu parfois dans le souvenir d’un crime qui le hante parce qu’il lui a révélé l’humanité terrifiante de ses victimes, il fait froid dans le dos.

Inoubliable, oui. Pourtant, son cabotinage n’y fait rien : Clint, même sans rien faire (et il ne fait effectivement pas grand chose dans ce film qui, sur le papier, donne plutôt le beau rôle à Van Cleef et Volonte) happe littéralement l’écran.

Un petit sourire narquois (lorsqu’il apparaît furtivement, posant un bâton de dynamite derrière les barreaux d’une cellule), une grimace inquiète… Il ne fait rien, mais il existe d’une manière incroyable, plein d’une ironie meurtrière. Eastwood attendra peut-être encore quelques années pour devenir une superstar, avec le triomphe de L’Inspecteur Harry au début des années 70, mais c’est dans ces films, sous ce poncho et avec ce cigarillo, qu’il est devenu un mythe. Son personnage d’homme sans nom fait partie du Panthéon du cinéma, au même titre que Charlot ou Indiana Jones…

Le Kid du Texas (The Kid from Texas) – de Kurt Neumann – 1950

Posté : 3 janvier, 2013 @ 11:53 dans 1950-1959, MURPHY Audie, NEUMANN Kurt, WESTERNS | Pas de commentaires »

Le Kid du Texas (The Kid from Texas) - de Kurt Neumann - 1950 dans 1950-1959 le-kid-du-texas

Le « Kid » du titre, c’est évidemment William Bonney, alias Billy le Kid, dans une énième version de sa légende qu’une voix off nous promet d’emblée fidèle à la réalité historique. Oui, encore. Que le film de Kurt Neumann colle ou non à la réalité importe peu : le film respecte le mythe, et fait de Bonney une sorte d’icône tragique et romantique.

Hanté par la mort du seul homme à lui avoir donné sa chance, rongé par son amour pour une femme d’un autre monde, totalement inaccessible, et pour laquelle il ira jusqu’à la mort (dans un dénouement sans doute très loin de la réalité, pour le coup, mais beau et terriblement émouvant), ce Billy le Kid-là est à la fois un gamin perdu et un tueur dévoré par la rage.

La plus belle idée du film (outre cette très belle dernière scène), c’est d’avoir confié le rôle à Audie Murphy, dont ce n’est que le quatrième film et le premier western (un genre qui constituera désormais l’essentiel de sa filmo). Visage poupin, petit gabarit, moue boudeuse, Audie Murphy dégage une aura inquiétante malgré son physique. Peut-être parce qu’il est connu pour avoir été le soldat le plus décoré de la seconde guerre mondiale ; peut-être parce que son regard impénétrable ne manque jamais de semer le trouble : a-t-il envie d’éclater en sanglot, ou d’égorger son adversaire ? Le doute constant profite particulièrement à ce personnage.

La mise en scène de Kurt Neumann, surtout connu pour être le réalisateur de La Mouche noire, classique du fantastique, est assez paresseuse et anonyme. Mais la présence de Murphy, son investissement impressionnant dans les scènes d’action (à cheval, un flingue à la main, il est très à l’aise), son interprétation très habitée, font du Kid du Texas une belle réussite.

 

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