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L’Invraisemblable vérité (Beyond a reasonable doubt) – de Fritz Lang – 1956

Classé dans : * Films noirs (1935-1959),1950-1959,LANG Fritz — 17 décembre, 2012 @ 16:38

L’Invraisemblable vérité (Beyond a reasonable doubt) – de Fritz Lang – 1956 dans * Films noirs (1935-1959) linvraisemblable-verite

Le générique défile sur les images d’un condamné à mort marchant vers son exécution. L’entrée en matière est claire : Beyond a reasonable doubt sera un film à charge contre la peine de mort. Mais est-ce vraiment si simple ? Pas si sûr… Avec ce qui sera son ultime film américain, Fritz Lang n’est une nouvelle fois pas tendre avec son pays d’adoption. Mais la critique, si forte soit-elle, se montre bien plus ambiguë que ce que Lang nous fait croire dans un premier temps.

Film jumeau de La Cinquième Victime, comme La Rue rouge était celui de La Femme au portrait, L’Invraisemblable vérité reprend la même vedette (Dana Andrews), dans un rôle comparable : un ancien journaliste, écrivain, sur le point de se marier (avec Joan Fontaine, veinard). Cette fois encore, le film a pour toile de fond l’enquête autour du meurtre d’une jeune femme. Et plus clairement encore ici, l’enquête est rapidement délaissée.

Le scénario, original et retors, suit les efforts de Dana Andrews pour se faire condamner du meurtre, une manière inattendue et assez risquée de prouver le caractère inhumain de la peine de mort : avec la complicité d’un patron de presse, farouche opposant de la peine capitale, il fabrique des preuves à charge contre lui. Après la condamnation, il ne leur restera qu’à démontrer que ces preuves sont fabriquées, et la démonstration sera faite qu’il est facile de condamner un innocent à la mort.

Sauf que, bien sûr, un grain de sable vient se glisser dans ces beaux rouages…

Machiavélique, sombre et assez cruel, L’Invraisemblable vérité n’a pourtant pas la force extraordinaire de La Cinquième victime. Le procès, trop long, représente un ventre mou qui nuit quelque peu à l’effet voulu. A vrai dire, cette partie centrale du film pourrait être totalement coupée, sans que cela change quoi que ce soit à la compréhension. Au contraire, le film gagnerait en rythme et en efficacité.

Mais la dernière partie est cinglante comme tous les grands Lang. Le film, aussi visuellement dépouillé que La Cinquième victime, est aussi très ancré dans l’actualité de ces années-là, marquées par le développement de la télévision, par des évolutions de société (ici, l’abolition de la peine de mort), et par un cynisme ambitieux que Lang montrait du doigt plus ouvertement dans son film précédent, mais qui est une nouvelle fois l’un des motifs.

Derrière le thriller glaçant et cruel, c’est un nouveau portrait de l’Amérique que Fritz Lang signe pour ses adieux, et on y devine un mélange d’attirance et de dégoût, d’amour et de déception, pour ce pays qui peut donner sa chance à quiconque, avant de le broyer.

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