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Archive pour le 17 décembre, 2012

L’Invraisemblable vérité (Beyond a reasonable doubt) – de Fritz Lang – 1956

Posté : 17 décembre, 2012 @ 4:38 dans * Films noirs (1935-1959), 1950-1959, LANG Fritz | Pas de commentaires »

L’Invraisemblable vérité (Beyond a reasonable doubt) – de Fritz Lang – 1956 dans * Films noirs (1935-1959) linvraisemblable-verite

Le générique défile sur les images d’un condamné à mort marchant vers son exécution. L’entrée en matière est claire : Beyond a reasonable doubt sera un film à charge contre la peine de mort. Mais est-ce vraiment si simple ? Pas si sûr… Avec ce qui sera son ultime film américain, Fritz Lang n’est une nouvelle fois pas tendre avec son pays d’adoption. Mais la critique, si forte soit-elle, se montre bien plus ambiguë que ce que Lang nous fait croire dans un premier temps.

Film jumeau de La Cinquième Victime, comme La Rue rouge était celui de La Femme au portrait, L’Invraisemblable vérité reprend la même vedette (Dana Andrews), dans un rôle comparable : un ancien journaliste, écrivain, sur le point de se marier (avec Joan Fontaine, veinard). Cette fois encore, le film a pour toile de fond l’enquête autour du meurtre d’une jeune femme. Et plus clairement encore ici, l’enquête est rapidement délaissée.

Le scénario, original et retors, suit les efforts de Dana Andrews pour se faire condamner du meurtre, une manière inattendue et assez risquée de prouver le caractère inhumain de la peine de mort : avec la complicité d’un patron de presse, farouche opposant de la peine capitale, il fabrique des preuves à charge contre lui. Après la condamnation, il ne leur restera qu’à démontrer que ces preuves sont fabriquées, et la démonstration sera faite qu’il est facile de condamner un innocent à la mort.

Sauf que, bien sûr, un grain de sable vient se glisser dans ces beaux rouages…

Machiavélique, sombre et assez cruel, L’Invraisemblable vérité n’a pourtant pas la force extraordinaire de La Cinquième victime. Le procès, trop long, représente un ventre mou qui nuit quelque peu à l’effet voulu. A vrai dire, cette partie centrale du film pourrait être totalement coupée, sans que cela change quoi que ce soit à la compréhension. Au contraire, le film gagnerait en rythme et en efficacité.

Mais la dernière partie est cinglante comme tous les grands Lang. Le film, aussi visuellement dépouillé que La Cinquième victime, est aussi très ancré dans l’actualité de ces années-là, marquées par le développement de la télévision, par des évolutions de société (ici, l’abolition de la peine de mort), et par un cynisme ambitieux que Lang montrait du doigt plus ouvertement dans son film précédent, mais qui est une nouvelle fois l’un des motifs.

Derrière le thriller glaçant et cruel, c’est un nouveau portrait de l’Amérique que Fritz Lang signe pour ses adieux, et on y devine un mélange d’attirance et de dégoût, d’amour et de déception, pour ce pays qui peut donner sa chance à quiconque, avant de le broyer.

La Cinquième Victime (While the city sleeps) – de Fritz Lang – 1956

Posté : 17 décembre, 2012 @ 4:33 dans * Films noirs (1935-1959), 1950-1959, LANG Fritz, LUPINO Ida (actrice) | Pas de commentaires »

La Cinquième Victime (While the city sleeps) – de Fritz Lang – 1956 dans * Films noirs (1935-1959) la-cinquieme-victime

Après Moonfleet, Lang change radicalement de registre, et réalise en quelques mois ces deux derniers films américains, qui seront, derrière les apparences de films de genre, des charges assez radicales à l’encontre des évolutions de la société américaine. Deux films jumeaux qui se complètent et se répondent : La Cinquième victime et L’Invraisemblable vérité. Vingt ans après son arrivée en Amérique, Lang semble à la fois attiré et déçu par cette Amérique dont il est devenu l’un des cinéastes les plus brillants, et les plus critiques. Mais l’évolution récente (le développement de la télé, le cynisme ambiant) semble le troubler. Le roman de Charles Einstein, The Bloody Spur, sera pour lui le matériau idéal pour signer l’un de ses films les plus mordants et cruels.

Il apparaît bien vite que Lang ne s’intéresse pas vraiment à ce tueur de femmes qui sévit à New York (et qu’interprète John Barrymore junior). L’intrigue policière, d’ailleurs, est un peu tirée par les cheveux, et certains rebondissements sont pour le moins hasardeux (la manière dont le tueur trouve l’adresse de la petite fiancée du héros). Le cœur du film, ce sont les mesquineries auxquelles se livrent une poignée de journalistes pour démasquer le tueur, et ainsi s’attirer les bonnes grâces du patron de presse, jeune héritier gâté interprété par Vincent Prive, marié à la belle (mais infidèle) Rhonda Fleming.

Thomas Mitchell, George Sanders et James Craig sont sur les rangs. Ida Lupino joue de ses charmes, et Dana Andrews, grand journaliste lauréat du prix Pulitzer, a des allures de héros désigné. Sauf que le héros en question est un alcoolique qui tromperait allégrement sa fiancée s’il n’était pas freiné par une gueule de bois carabinée, et qui n’hésite pas à se servir de la douce comme d’un appât pour attirer le tueur.

Les sourires et les grandes phrases n’y changent rien : il n’y a ni morale, ni fidélité, ni sens du devoir dans ce milieu du journalisme new-yorkais, qui semble n’être régi que par une ambition dévorante. Et à travers ce milieu, c’est tout un fonctionnement de société que Lang égratigne sévèrement.

Et il le fait avec un style nettement épuré, depuis ses débuts américains : peu de jeux d’ombres (si ce n’est pour souligner les formes fort jolies de Rhonda Fleming, et pour renforcer le suspense d’une poursuite dans le métro), mais une image propre et soignée, et un sens du rythme et de la narration qui n’a cessé de s’affirmer au fil des années.

La Cinquième victime, dont Lang restera très fier, est un grand film sur le journalisme et sur l’ambition. Un grand film, tout court.

 

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