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Archive pour le 5 décembre, 2012

Heat (id.) – de Michael Mann – 1995

Posté : 5 décembre, 2012 @ 4:46 dans * Thrillers US (1980-…), 1990-1999, DE NIRO Robert, MANN Michael, PACINO Al | Pas de commentaires »

Heat 1

La scène la plus attendue de Heat – le fameux face-à-face entre Pacino et DeNiro, attendu depuis plus de vingt ans, depuis ce mythique fondu-enchaîné qui faisait se croiser les deux acteurs dans Le Parrain 2 – est forcément la scène la plus décevante de ce monument du polar moderne. Parce que Mann se contente de champs / contre-champs d’abord, et puis parce que le dialogue, tendu et pourtant complice, laisse comme un arrière-goût d’inachevé…

Mise à part cette frustration, Heat est une merveille, un pur Mann, remake d’un téléfilm tourné dans les années 80 (L.A. Takedown) par Mann lui-même, et précurseur de ses grands chefs d’œuvre à venir : le personnage de DeNiro évoque le Tom Cruise de Collateral, pour ses méthodes et sa capacité à ne s’attacher à rien, mais aussi le Dillinger de Public Enemies pour son sens de l’honneur d’un autre temps.

De la même manière, le rapport entre le gangster DeNiro et le flic Pacino, mélange de détermination et de respect mutuel, évoque Dillinger/Purvis ou Cruise/Foxx.

Moins épuré que Collateral, moins flamboyant que Public Enemies, moins trouble que Miami Vice, Heat est loin d’être un brouillon, même si Mann reprendra, et améliorera, nombre d’éléments que l’on y trouve. Sa manière, si unique, de filmer la ville la nuit, par exemple, déjà magnifique par moments (la première soirée entre DeNiro et sa petite amie, sur la terrasse surplombant L.A., est superbe) sera encore sublimée dans ses films « numériques », Collateral et Miami Vice.

Mais Heat reste le grand œuvre de Mann, son film le plus ambitieux sur le plan humain. Jamais avant, et jamais depuis (jusqu’à présent) il n’a pris à ce point le temps de s’intéresser à ses personnages, leur réservant à chacun de longues séquences fortes et intimes. C’est d’ailleurs le plus long de ses films.

Heat 2

Heat est d’une noirceur, et d’une tristesse, abyssales. Et le fait qu’on entre à ce point dans l’âme des personnages renforce l’impact des quelques accès de violence. Surtout que Mann leur donne une tension extrême. A l’image de la fameuse fusillade dans les rues de L.A. après le braquage de la banque. Rarement une fusillade au cinéma aura été aussi tendue que celle-ci.

Ce n’est pas dans les dialogues que Heat est le plus fort. Mann est avant tout un cinéaste visuel, et ses seules images en disent bien plus sur ses personnages que n’importe quel discours. DeNiro qui réalise en pleine soirée avec ses amis, tous en couple, qu’il ne pense qu’à cette jeune femme qu’il vient de rencontrer ; Pacino qui sert violemment contre lui la mère d’un enfant assassiné, comme s’il voulait faire siennes toutes les douleurs de la ville ; Val Kilmer jetant un ultime regard à la femme qu’il aime (Ashley Judd)… Les moments les plus forts de Heat sont pour la plupart totalement dénués de paroles. Pas besoin de ça pour plonger au cœur de l’âme tourmentée de ces personnages.

Pacino et DeNiro, qui jouent au jeu du chat et de la souris, sont à la fois des opposés et des êtres semblables. Chez Mann, depuis Le Sixième Sens, le Bien a souvent tendance à se confondre avec le Mal. L’un comme l’autre, par leur choix de vie, sont condamnés à se couper du monde. « Je ne suis solitaire, je suis seul », lance un DeNiro particulièrement taiseux. Lorsque enfin ils se trouvent pour l’affrontement final, ils sont l’un comme l’autre plus seuls que jamais.

La Vengeance dans la peau (The Bourne Ultimatum) – de Paul Greengrass – 2007

Posté : 5 décembre, 2012 @ 2:45 dans 2000-2009, GREENGRASS Paul | Pas de commentaires »

La Vengeance dans la peau

Voilà qui clôt de la plus belle des manières cette première trilogie (avant la suite / reboot, The Bourne Legacy) : La Vengeance dans la peau est, assez nettement, le meilleur des trois films, la suite directe du précédent. Le film commence très exactement là où La Mort… avait laissé Bourne, avec même un petit retour en arrière qui inscrit le film dans le prolongement des précédents. Plus qu’une simple suite, c’est bien la dernière partie d’une histoire en trois actes que l’on découvre ici.

Jason Bourne poursuit sa quête d’identité et trouve enfin une piste lorsqu’il lit l’enquête d’un journaliste anglais à son sujet. Ne lui reste plus qu’à mettre la main sur l’informateur du journaliste. Ce simple enjeu tient en haleine pendant les deux tiers du film.

Car si Paul Greengrass, toujours aux commandes, adopte le même style syncopé à l’extrême (parfois très agaçant), le scénario prend le contrepied du film précédent, qui était davantage tourné vers le complot que vers l’action pure. Ce troisième volet fait dans la simplicité (même si aucune des questions posées n’est laissée en suspens), et dans l’hyper efficacité, grâce à un sens de la narration imparable.

Et le film fait la part belle aux morceaux de bravoures, souvent très spectaculaires (la poursuite dans le souk et sur les toits de Tanger est à tomber par terre, avec Bourne volant littéralement d’un toit à l’autre, d’une fenêtre à l’autre), et s’inscrivent tous parfaitement dans le mouvement du film, maintenant une tension énorme d’un bout à l’autre.

Côté tension, le film atteint son apogée dans une séquence ahurissante de suspense et de rythme dans Waterloo Station. Greengrass y fait preuve d’une maîtrise de l’espace assez rare, qui n’est pas sans évoquer de Tsui Hark de Time and Tide ou le Johnnie To de The Mission. L’élégance en moins.

Mais le film n’est pas qu’un actioner : la psychologie des personnages reste l’un des atouts majeurs de la franchise. Celle de Bourne, bien sûr (Matt Damon est toujours impeccable), mais aussi celle de deux seconds rôles féminins qui gagnent ici en profondeur : la directrice adjointe Pamela Landy (Joan Allen), lueur d’intégrité noyée dans l’océan de corruption de la CIA (pas moins que Scott Glenn, David Strathairn et Albert Finney face à elle), et surtout le joli rôle de Nicky, la fausse étudiante des premiers films.

Jusque là simple apparition sans grande consistance, Nicky se révèle un peu plus, le scénario lui prêtant un passé commun avec Jason Bourne (c’est pratique, quand même, l’amnésie). Un très joli rôle pour Julia Stiles, tout en retenue, mais dont l’émotion contenue nous touche au cœur lorsqu’elle quitte un Matt Damon qui, lui, ne se souvient de rien…

Reste plus qu’à espérer qu’après le succès de The Bourne Legacy, la suite qui ne manquera pas d’être mise en chantier marque le retour de Bourne / Damon, déjà un personnage culte.

• Voir aussi La Mémoire dans la peau, La Mort dans la PeauJason Bourne : l’héritage et Jason Bourne.

 

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