Play it again, Sam

tout le cinéma que j’aime

Archive pour le 4 décembre, 2012

Le Talion (West of Zanzibar) – de Tod Browning – 1928

Posté : 4 décembre, 2012 @ 6:12 dans 1920-1929, BROWNING Tod, FILMS MUETS | Pas de commentaires »

West of Zanzibar

Au sommet de son art, Tod Browning a signé quelques-uns des films les plus cruels du monde. West of Zanzibar en fait partie, au même titre que L’Inconnu, réalisé peu avant. Longtemps considéré comme perdu, le film est l’un de ces miracles de cinéphiles. Reconstitué à partir de plusieurs éléments de qualités très inégales, il est presque complet, et assurément l’un des chef d’œuvre du tandem Browning/Chaney.

L’acteur est aussi bouleversant qu’effrayant dans ce rôle extraordinaire, dans la lignée de ses grands personnages sous la direction de son réalisateur de prédilection. Une nouvelle fois, il incarne un homme bon ravagé par la trahison d’une femme, qui porte les stigmates de son amour blessé à travers un handicap physique. Ici, ex-magicien de music-hall, il est cloué dans un fauteuil roulant après avoir été molesté par son rival (Lionel Barrymore), type hautain qui lui a volé la femme qu’il aimait avant de l’abandonner au bord de la mort, avec un bébé sur les bras.

Les années ont passé (dix-huit), et l’ex-magicien a pisté son rival jusqu’au cœur de l’Afrique, décidé à exercer sur lui la plus cruelle des vengeances, en utilisant la fille de ce dernier, devenue une jeune femme, que Chaney place dans le bouge le plus miteux d’Afrique noire.

Sauf qu’on est chez Tod Browning, et que Chaney découvre trop tard qu’il s’agit de sa propre fille, dont s’est amouraché un médecin qui tente d’oublier un passé obscur tandis que la jeune femme veut découvrir le sien. Le médecin hanté par ses souvenirs, c’est Warner Baxter, qui restera dans l’histoire pour avoir incarné un autre médecin : le docteur Mudd accusé de complicité dans l’assassinat du président dans le magnifique Je n’ai pas tué Lincoln de Ford, huit ans plus tard.

En plein âge d’or des colonies, la représentation des « indigènes » paraît certes d’un autre temps : des guerriers que l’on dit cannibales, dont la culture est dominée par la magie et des rites mortels. Mais cet environnement renforce très efficacement le sentiment que ces personnages ont touché le fond, et n’appartiennent plus vraiment à l’humanité.

Browning a déjà été plus radical, mais rarement plus cruel qu’avec ce personnage de Chaney, pathétique et tragique. Inoubliable.

Expendables, unité spéciale (The Expendables) – de Sylvester Stallone – 2010

Posté : 4 décembre, 2012 @ 12:28 dans 2010-2019, STALLONE Sylvester, STALLONE Sylvester (réal.) | Pas de commentaires »

Expendables

Mieux vaut ne pas essayer de trouver dans ce premier Expendables autre chose que ce qu’il est basiquement : un pur film d’action viril à l’ancienne, un retour aux sources d’un genre né dans les années 80 et dans la sueur : l’actioner bourrin et macho, ce genre dont les héraults furent Schwarzie et Stallone. Autant dire que la rencontre entre les deux stars, aussi brève soit-elle, est de l’ordre du moment culte. Un simple clin d’œil, certes, mais que les cinéphages de ma génération attendaient depuis une vingtaine d’années. Et comme, en plus, il y a Bruce Willis qui leur donne la réplique, ben qu’est-ce que je voulais que je vous dise…

Plaisir coupable, ce Expendables ? Oh yeah… Du gros bras comme on n’en fait plus, des explosions gigantesques, des bagarres qui sentent la sueur, des tôles froissées « pour de vrai », des effets numériques réduits à la portion congrue… Stallone a compris avec ses deux précédents films (Rocky Balboa et John Rambo) qu’il avait tout à perdre à suivre le mouvement, et tout à gagner à rester fidèle à ce qu’il est : la star d’un cinéma d’un autre temps. Il joue ici la carte à fond.

C’est d’ailleurs ce qui est vraiment beau dans la renaissance de Stallone (très inattendue : qui aurait pu imaginer, il y a dix ans, qu’il ferait un come-back aussi spectaculaire la soixantaine passée ?) : lui qui est devenu une star grâce à sa seule volonté (la belle histoire du premier Rocky) est revenu au premier plan grâce à la même volonté et à la même sincérité.

Beau aussi : son refus de renier ce à quoi il doit la gloire, ses personnages fétiches comme le pur film d’action. Ici, donc, avec ce film de commando bien classique, au fond, il signe (à l’écriture, devant et derrière la caméra) un authentique film des années 80. La parenté la plus évidente ? Predator bien sûr, avec ce groupe de mercenaire bodybuildé et gonflé de testostérones.

Stallone, Statham, Couture, Crew et Jet Li… Difficile de faire plus virile et létale que cette équipe, dont les vannes hyper viriles rappellent celle de Schwarzenegger dans le film de John McTiernan. Un vrai film de mecs.

Efficaces et percutantes, sûr qu’elles le sont les nombreuses scènes d’action. Pourtant, c’est dans les petits moments en creux que la mise en scène de Stallone prend toute sa saveur, avec même des échos hawksiens lorsque l’humanité affleure sous les postures machistes de ces surhommes. Statham ébranlé par une déception amoureuse, que Stallone réconforte d’une réplique lapidaire. Mickey Rourke dont le masque se fissure lors d’une confession qui n’a pour but que d’ouvrir les yeux à un Stallone dans le doute… Le réalisateur n’appuie jamais le trait, mais ces petits moments rares donnent un supplément d’âme à ce film bourrin, mais d’une sincérité touchante.

• Voir aussi : Expendables 2, ainsi que Expendables 3 et son casting ultime de vieilles gloires.

 

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