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Double Team (id.) – de Tsui Hark – 1997

Classé dans : 1990-1999,TSUI Hark — 3 décembre, 2012 @ 10:47

Double Team

La manière de juger ce film dépend du point de vue que l’on adopte : celui de l’admirateur effréné d’un Tsui Hark qui sortait d’une période créatrice enchantée (il venait d’enchaîner The Lovers et The Blade à Hong Kong, deux de ses chef d’œuvre), ou celui du fan de Jean-Claude Van Damme. Alors au sommet de sa gloire et de son succès international, le Belge philosophe avait alors droit à de grosses productions, et devenait le sésame hollywoodien des grands cinéastes hong-kongais.

C’est avec Chasse à l’homme que John Woo a fait ses débuts en Amérique, ce sera avec Risque Maximum que Ringo Lam fera les siens, et c’est avec ce Double Team que l’immense Tsui tente l’aventure US. Du point de vue de Van Damme, c’est une chance inespérée : les films qu’il tourne sous la direction de ces cinéastes sont, et de loin, les meilleurs de sa carrière (il y a même une authentique perle : Replicant, de Ringo Lam).

Du point de vue du réalisateur, évidemment, le résultat est bien moins glorieux. Car si Double Team (comme Chasse à l’homme) marque une date dans la filmo de JCVD, il représente plutôt un abysse dans celle de Tsui Hark (comme dans celle de Woo). La patte du cinéaste est parfois perceptible, mais uniquement d’un aspect purement visuel, grâce à quelques beaux plans bien construits et des corps à corps spectaculaires qui sauvent le film du naufrage.

Mais Double Team, pourtant bourré d’idées intéressantes, est taillé avant tout pour le marché vidéo, dont Van Damme était alors le rois absolu. Un marché qui n’aime pas les films trop longs. Alors pour rester en deçà de l’heure et demi, il a fallu trancher. Le montage à la machette interdit absolument toute immersion, et gâche irrémédiablement toutes les ébauches d’idées originales.

L’île transformée en prison high tech d’ex-agents secrets évoque le village de la série Le Prisonnier ; des moines-enquêteurs au rôle mystérieux… Ces pistes auraient dû être au cœur même du film, mais perdent absolument toute consistance au montage. Le scénario, de toute façon, est totalement con, et les dialogues parfaitement ineptes sont plombés par des bons mots à double-sens, clins d’œil lourdingue au basket pour justifier la présence en sidekick de Jean-Claude de l’ex star de la NBA Dennis Rodman.

Finalement, le film se résume à une histoire de vengeance, entre JCVD et un Mickey Rourke assez impressionnant. On imagine ce que Tsui Hark en aurait fait avec la liberté qui était la sienne à Hong Kong. Comme on imagine que le futur réalisateur de Time and Tide aurait fait des décors en trois dimensions de la fête foraine, platement utilisée vers le début du film. Mais pour revoir Tsui Hark à son meilleur, il faudra attendre la fin de son interlude américain, qui se résume à deux Van Damme : le fendard Piège à Hong Kong suivra, surréaliste et hallucinant.

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