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Archive pour le 29 novembre, 2012

La Femme au portrait (The Woman in the window) – de Fritz Lang – 1944

Posté : 29 novembre, 2012 @ 4:49 dans * Films noirs (1935-1959), 1940-1949, LANG Fritz | Pas de commentaires »

La Femme au portrait (The Woman in the window) – de Fritz Lang – 1944 dans * Films noirs (1935-1959) la-femme-au-portrait

Lang poursuit l’exploration de son thème fétiche : le mal qui s’installe dans la société, avec cette perle incomparable aux allures de film noir. Edward G. Robinson, grande figure du genre, y interprète l’un de ces meilleurs tout le monde que le cinéaste apprécie  particulièrement : un professeur d’âge mur resté seul après le départ en vacances de famille, et font la vie bascule pour avoir bu quelques verres avec le modèle d’un tableau qui le fascinait.

Pas de chance : le modèle en question, Joan Bennett, est entretenue par un riche homme d’affaire, qui déboule sans crier gare, et s’attaque au pauvre Edward G., obligé de le tuer. Les complices malgré eux décident de faire disparaître le corps, mais un maître chanteur (Dan Duryea, second rôle génial et indispensable) fait son apparition.

On le voit, l’histoire est particulièrement classique, vue dans des tas de films noirs. Mais Lang en fait une sorte de réflexion sur la criminalité, sur le bien et le mal. Car contrairement à La Rue rouge, film jumeau tourné l’année suivante avec les mêmes acteurs, il n’y a pas de grand méchant ici (à l’exception de Duryea, malfrat de seconde zone), mais une simple suite de circonstances qui pousse les antihéros de l’autre côté.

Le scénario est brillant. Il est signé Nunally Johnson, qui s’attache autant aux séquences d’exposition et de suspense qu’aux longues discussions entre le prof et ses amis, qui n’aiment rien tant que parler de crimes, en l’occurrence de celui commis par le prof lui-même. Et il se trouve que l’un de ses amis (joué par Raymond Massey) est le procureur en charge de l’affaire. Les discussions légères autour de crimes sanglants : voilà un nouveau thème qui rapproche Lang d’Hitchcock (Espions sur la Tamise, tourné à la même époque, est le plus parfait exemple pour dresser des ponts entre les cinémas des deux grands maîtres).

Et puis il y a la mise en scène, brillantissime, avec un noir et blanc extraordinaire. Entre les plans larges dans des nuits souvent profondes et humides de pluie, et de gros plans sur les visages affolés des deux comédiens principaux, Lang nous plonge dans la détresse de ses deux personnages. Joan Bennett et Edward G. Robinson sont formidables, aucun des deux n’éclipse l’autre. Lang passe du point de vue de l’un à celui de l’autre au gré de son histoire, avec des passages de témoins (par le biais de coups de téléphones) aussi discrets que malins.

Pas une faute de goût dans ce chef d’œuvre qui garde encore une certaine légèreté et un brin d’optimisme. Avec La Rue Rouge, on passera définitivement du côté obscure…

Le Roi du Bluff (The Half-naked truth) – de Gregory La Cava – 1932

Posté : 29 novembre, 2012 @ 3:16 dans 1930-1939, LA CAVA Gregory | Pas de commentaires »

Le Roi du bluff

Prince oublié de la comédie américaine, Gregory La Cava signe avec ce Half-naked truth un film au rythme trépidant, et à l’inspiration débridée. Un petit chef d’œuvre de mise en scène sans la moindre baisse de régime, porté par un Lee Tracy survolté, lui aussi vedette de la comédie tombée dans les limbes de l’oubli.

Tracy, acteur filiforme gorgé d’énergie brute, est ici un bateleur de fête foraine qui, après une soirée qui se termine mal, part avec son pote roi de l’évasion (l’indispensable Eugene Pallette) et la fougueuse « Mexicaine » (Lupe Velez) direction Broadway, où il espère bien faire de la belle une star.

« Espérer » n’est d’ailleurs pas le mot qui convient : Tracy a une confiance en lui, un culot et une force de persuasion assez incroyables. Et il obtient très exactement ce qu’il cherche. Mais la célébrité et la richesse ont leur revers, etc, etc… On voit bien où La Cava veut arriver : l’argent et la gloire ne font pas le bonheur, et une suite luxueuse d’un grand palace ne remplacera jamais la bonne vieille sciure d’une piste de cirque.

Qu’importe : l’important n’est pas le but, mais le chemin. Et ce chemin est totalement fou. En 1h15, on assiste à l’ascension et la chute d’un artiste, à l’arrivée d’une princesse turque, à un défilé de nudiste dans les rues de New York, à l’irruption d’un lion dans une suite impériale… Et pendant 1h15, Lee Tracy est une tornade bondissante, à qui rien ne résiste, et surtout pas le pauvre Frank Morgan, grand homme de théâtre dépassé par ce type que rien n’arrête, et qui le pousse au bord de la dépression nerveuse.

Les paillettes, le monde du spectacle et celui de la presse, en prennent un sacré coup au passage.

Co-scénariste et réalisateur, La Cava est constamment inspiré. Dès la première séquence, qui nous plonge littéralement dans le bain : la caméra filme en plongée vertigineuse (c’est le cas de le dire) un homme plongeant de trente mètres de haut dans un mètre cinquante d’eau. Le plan est saisissant, comme toute l’introduction, où La Cava utilise à merveille toutes les possibilités de son décor de foire.

Suivent quelques éclats de génie, comme cette utilisation exceptionnelle de la bande son dans une scène clé du film, lorsque Lee Tracy se retrouve seul, sans ses proches, et où le moindre bruit lui évoque les musiques de la fête foraine. C’est tout simplement brillant.

Impressionnant aussi de voir à quel point, en 1932, La Cava maîtrise déjà tout du cinéma parlant : le rythme des dialogues, la bande son… Injustement ignoré au profit de Lubitsch ou Capra, La Cava est un cinéaste tout aussi passionnant, plus « canaille » et acerbe, et tout aussi drôle. Et ce Half-Naked truth, comme My Man Godfrey, son film le plus célèbre, est un chef d’œuvre.

Une nouvelle chance (Trouble with the curve) – de Robert Lorenz – 2012

Posté : 29 novembre, 2012 @ 11:49 dans 2010-2019, EASTWOOD Clint (acteur), LORENZ Robert | Pas de commentaires »

Une nouvelle chance

C’est donc le premier film de Clint qu’il ne réalise pas lui-même depuis près de vingt ans (Dans la ligne de mire, en 1993, où le vieillissement était déjà l’un des thèmes centraux). Mais comme à l’époque où il se laissait régulièrement diriger par d’autres, dans les années 70 et 80, difficile de ne pas penser à ce film comme « au nouveau Eastwood ». Même s’il n’a jamais écrit un scénario, et même s’il aime varier les genres, il y a dans ses films, dans tous ses films, quelque chose de purement eastwoodien, peut-être ce profond ancrage dans les racines américaines.

Eastwood est un cinéaste purement américain. C’est aussi l’une des rares stars dont on peut affirmer que, consciemment ou non, il a bâti une œuvre d’une cohérence totale, et ce depuis plus de quarante ans. Une œuvre qui vient du western, et qui puise ses racines dans la country et le jazz, soit les trois seules formes d’art purement américaines. Trouble with the curve trouve parfaitement sa place dans ce parcours.

Trouble with the curve (ouais… ne comptez pas sur moi pour évoquer le titre français, nullissime, digne d’un mauvais téléfilm romantique diffusé sur M6 un après-midi d’automne) n’est pas un Eastwood majeur, loin de là. En confiant la réalisation à son associé de longue date Robert Lorenz, il confirme sa fidélité professionnelle légendaire, mais nous prive de son propre regard, infiniment plus délicat, en particulier sur les rapports père-fille (Les Pleins Pouvoirs) ou sur la naissance d’une romance (Sur la route de Madison).

A vrai dire, Trouble with the curve est un condensé de lieux communs et de clichés éculés, dont certains sont ahurissants. Pour bien faire comprendre que la méthode old school du recruteur de base-ball joué par Clint sont encore valables, on lui oppose un jeune loup à la tête de faillot qui ne recrute que sur la base de statistiques sur un écran, et n’a jamais vu une partie… Au secours !

Le débutant Lorenz a des souliers énormes, et faut bien reconnaître qu’on devine absolument tout ce qui va arriver aux personnages (y compris à ce vendeur de cacahuète, comprenne qui a vu le film) dès les dix premières minutes. Un peu gênant.

Mais il y a Clint, octogénaire qui ne cherche jamais à cacher son âge, et qui se fait un malin plaisir à en jouer (trop parfois : la toute première scène, qui nous le montre essayant désespérément de pisser, est de trop). En vieux grincheux peu doué pour les rapports humains, qui se rapproche de sa fille avocate lors d’une tournée de recrutement dans l’Amérique rurale, il est excellent. Bouleversant même, à deux ou trois occasions, lorsque le vieil ours baisse la garde et dévoile ses fêlures.

Peu importe si ce vieux recruteur a la vue qui baisse : même s’il clame régulièrement qu’il devient aveugle, Lorenz ne sait visiblement pas quoi faire de ce détail, qui passe rapidement au second plan. Non, ce qui est le plus beau dans ce film, c’est ce qu’il y a de plus simple : les discussions dans les bas (des scènes très eastwoodiennes), avec sa fille (Amy Adams, très bien) ou avec son protégé (Justin Timberlake, décidément très juste et charismatique) ; les longues parties de base-ball auxquelles on ne comprend pas grand-chose mais durant lesquelles se crée une ambiance, qui permet à père et fille de se rapprocher sans vraiment se parler…

Ajoutons le plaisir de retrouver John Goodman et Robert Patrick (toujours un bonheur de les revoir, même s’ils n’ont pas grand-chose à jouer), et franchement, les défauts du film, aussi grands soient-ils, ne méritent pas qu’on se prive de retrouver Clint acteur. Quoi qu’il fasse, de toute façon, je répond présent. Mon premier Clint au cinéma, c’était La Relève (j’avais 14 ans). Depuis, c’est mon vingtième, vivement le vingt-et-unième…

 

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