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Safe in Hell (id.) – de William A. Wellman – 1931

Classé dans : 1930-1939,WELLMAN William A. — 8 novembre, 2012 @ 12:00

Safe in hell

Film méconnu du grand Wellman, Safe in Hell a été tourné durant cette parenthèse enchantée pour le cinéma américain, entre la fin de la Prohibition et la mise en place du code de censure Hayes, ces quelques mois durant lesquels on pouvait boire et fumer sur grand écran, où la violence physique et psychologique pouvaient aller vraiment loin, et où un cinéaste pouvait se passer d’un happy end artificiel et dire merde à la morale…

Dans cette petite perle noire, romantique mais désespérée, Wellman ne se prive pas d’utiliser au maximum toutes ces possibilités. Son héroïne, interprétée par une Dorothy Mackaill belle et touchante, rayonnant d’érotisme troublant, et au jeu d’une modernité impressionnante, se prostitue parce que son marin de fiancé l’a laissée pour passer de longs mois en mer. Elle passe la moitié du film en nuisette (une habitude pour les comédiennes du début des années 30), se saoule avec d’autres hommes qui meurent tous d’envie de coucher avec la belle, et qui multiplient les allusions ouvertement sexuelles, qui ne sont pas pour lui déplaire… Difficile d’imaginer un tel personnage, quelques mois plus tard !

La belle, donc, laissée seule à la Nouvelle Orléans, croit avoir tué l’un de ses « clients » d’un soir. Son fiancé, enfin de retour, découvre qu’elle vendait ses charmes, mais décide de l’aider malgré tout à fuir. Ils embarquent alors à destination d’une île des Caraïbes, où se réfugient toutes sortes d’hommes recherchés par la justice, et que l’arrivée de cette belle jeune femme va troubler au plus haut point…

Autant dire, et sans dévoiler la fin, que le jeune marin va se mordre les doigts toute sa vie d’avoir choisi cet enfer sur terre pour installer sa belle, que ce grand nigaud à baffer laisse une nouvelle fois seule pour repartir en mer. On peut pas dire qu’il apprenne beaucoup des erreurs du passé, celui-là…

La mise en scène de Wellman (qui signe cette même année L’Ennemi public, avec Cagney) impressionne, notamment lors de la première séquence entre les deux fiancés, où l’utilisation des cadrages, du montage, est brillantissime. Le culot du cinéaste, et le ton libre et cruel qu’il donne à son film, est tout aussi impressionnant. Safe in hell… Un titre douloureusement ironique qui résume parfaitement l’esprit de cette curiosité assez formidable.

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